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Dissertation de Philosophie (corrigé) : Au nom de quoi peut-on s’opposer à l’Etat ?

L’État n’est pas une simple organisation semblable aux différentes hordes animales, ces dernières ne consistent aucunement à une appellation État. La particularité de l’État se trouve dans l’existence des lois écrites et le déploiement de la force coercitive pour faire respecter celles-ci. Sachant que l’appareil étatique fonctionne dans le souci de sécuriser le peuple et ses biens, il parait donc contre-productif de s’y opposer. Pourtant, la question prend du sens lorsque l’on remarque que l’État peut aller à l’encontre de la liberté et des droits fondamentaux de l’homme. Mais si l’opposition signifie dans sa fin la suppression de son ennemi, le fait que l’État n’est plus serait-il viable, avec le chaos que cela engendrerait ? On est alors face à un problème : si on a donné la légitimité du pouvoir politique à l’État, s’opposerait-on donc à nous même ? Pour tenter de le résoudre, on va aborder premièrement la légitimité de l’existence de l’État, puis deuxièmement, on va voir en quel sens l’opposition à l’État serait peut-être acceptable.

I. L’existence de l’État est une nécessité


1. L’État assure l’ordre et de la sureté


Il faut d’abord rappeler que l’organisation étatique est l’instance suprême de contrôle pour l’ordre et la sureté sur un territoire donné. L’État n’édicte pas seulement ses lois, il les accompagne de forces effectives, comme la police pour protéger les citoyens et les biens publics. On doit reconnaitre comme Hobbes et Machiavel que les hommes sont mus par de puissantes passions destructrices si on ne sait pas les maîtriser. Les deux grands penseurs de la politique moderne parlent avec expérience, l’expérience terrible de la guerre qui traverse périodiquement l’Europe depuis l’époque de leur vivant. Pour remédier à cela, ils suggèrent de faire bon usage d’une tendance dominante pour gouverner les hommes : la crainte. Une tendance qui sera instrumentalisée par l’État à travers l’intimidation des sanctions violentes. Hobbes parle du Souverain dans le Léviathan selon ces termes : « Le dépositaire de la personnalité de la cité est appelé Souverain, et l’on dit qu’il possède le pouvoir souverain : tout autre homme est son sujet ». Toutefois, ce n’est pas la seule légitimité du pouvoir politique de l’État, car les hommes ne sont pas réductibles à des bêtes.

2. L’État garantit les droits


Bien entendu, tout vivre ensemble humain reconnait généralement que l’on doit établir des règles pour s’organiser et reconnaitre une force supérieure pour les faire respecter. Dans les sociétés animales, ces règles sont innées dans l’instinct de ces bêtes, ce qui n’est pas le cas des hommes. Ces règles humaines, qui étaient, dans les formes primitives de la société et le sont encore dans certaines sociétés, plus ou moins définies par des traditions mythologiques. Mais lorsque l’État est né, c’est dans l’abstraction impersonnelle du pouvoir de tout un chacun que les règles se mettent en place. Ce n’est plus des dieux ni des ordres cosmologiques infaillibles qui dirigent les hommes, mais bien les hommes d’une manière représentative. L’enjeu de cette direction impersonnelle des hommes par les hommes est la possibilité de définir dans les textes juridiques des droits universels. Dans ce cas, « Un État est l’unification d’une multiplicité d’hommes sous des lois juridiques », comme le définit Kant dans la Métaphysique des mœurs. L’essence de l’État se trouve donc dans la reconnaissance de l’homme, autonome et souverain sur sa propre personne, et surtout à travers sa raison.

On a remarqué l’importance de l’État pour un vivre ensemble en sureté et humanisé. Toutefois, puisque l’État est impersonnel, et donc se soucie plus de l’efficacité de ses actes plutôt que de la moralité, son pouvoir peut devenir excessif. La masse ne devrait-elle pas s’en méfier ?

II. Il est légitime de s’opposer à l’État


1. L’État est la condition de l’immoralité unifiée


Dans l’idéal, l’État est le défenseur de la liberté de l’homme, mais nous remarquerons que cela n’est pas si évident dans les faits. En fait, l’État qui est justement impersonnel, peut devenir une structure transcendantale dont nous avons rarement une emprise. On pense couramment que ses dérives totalitaires vers les idéologies, tel le nazisme ou le fascisme, sont le seul produit d’hommes charismatiques, à l’instar d’Hitler ou Mussolini, ce qui n’est pas négligeable car il y a bien des instigateurs. Pourtant, ces derniers ne sont que des opportunistes qui ont manipulé l’humeur du peuple. Il faut se demander comment le peuple Allemand pré-nazi ou l’Italie pré-mussolinien qui avaient accès à une riche histoire de l’homme et de ses guerres fratricides, ont pu épouser des doctrines si antihumanistes. En fait, l’État permet facilement les systèmes toxiques (qui se rapporte à l’opinion) dominants de régner. Le nazisme et le fascisme sont les réponses d’un peuple humilié et bouleversé de leur défaite durant la Grande Guerre. Ici, les éléments mis en jeu dépassent largement la sphère politique, pour concerner plutôt la psychologie de la foule, comme le décrit Car Gustav Jung dans L’homme et la découverte de son âme : « Un danger majeur pour l’homme émane de la masse, au sein de laquelle les effets de l’inconscient s’accumulent, bâillonnant alors, étouffant les instances raisonnables de la conscience ». Les idéologues vont alors puiser dans les mythologies d’un âge d’or perdu, l’idée d’une race forte et unie pour mobiliser le puissant désir du peuple à se reprendre en main. Ici, le danger de l’État est la dépersonnalisation du pouvoir (ni dieu ni roi sacré ne le transcendent plus). Le peuple pense comme un tout, ses désirs latents sont prêts à être embrasés par des discours d’espoir dans les moments de dépression.

2. La désobéissance civile dans l’opposition à l’État pour améliorer l’État


À l’égard de la nécessité de l’État, ou aussi de sa possible direction immorale par l’euphorie de la masse, il nous faut reconnaitre un droit temporaire à la désobéissance civile. Mais attention, bien qu’il s’agisse au premier regard d’un acte d’insubordination envers l’État, il ne s’agit pas d’une manifestation impulsive qui s’arroge le droit de maltraiter le bien public pour attirer l’attention du gouvernement. C’est en soi la conscience collective qu’elle vise, et non à l’institution rationnelle et amorale qu’est l’État. Selon John Rawls, dans sa Théorie de la justice, cette désobéissance s’exprime comme suit : « La loi est enfreinte, mais la fidélité à la loi est exprimée par la nature publique et non violente de l’acte, par le fait qu’on est prêt à assumer les conséquences légales de sa conduite ». Elle a donc deux enjeux importants : premièrement, comme le souligne Rawls, elle est de « nature publique et non violente », ce qui implique qu’elle se doit être un modèle de prise de conscience. Elle est un modèle, car elle se montre publiquement et celui d’une prise de conscience. Elle est non seulement un réveil, mais aussi un éveil, elle perturbe la passivité et dans son acte de non-violence, elle montre la maitrise de soi. Ainsi, elle est une véritable conscience et non une impulsion. Deuxièmement, sans elle la loi n’évolue pas par rapport aux nouvelles attentes éthiques. L’État est un état, celui du mouvement qu’est l’histoire de la conscience collective de son peuple, mais aussi des dispositions économiques, techniques, scientifiques, religieuses, traditionnelles et artistiques qui mobilisent la considération de nouvelles valeurs. Qui sait s’il trouvera un jour une stabilité définitive, mais une chose est sure : il n’y a pas de vie sans mouvement, et il n’y a pas de mouvement sans opposition.

Si on a donné la légitimité du pouvoir politique à l’État, s’opposerions-nous donc à notre propre volonté ? Tel est finalement le fond du problème. Nous avons vu que l’existence de l’État est véritablement un besoin, car d’abord il assure notre sécurité grâce aux lois accompagnées de forces effectives. Il faut une force supérieure qui maîtrise la passion des hommes, qui de plus dans son impersonnalité, est la meilleure institution politique pour promouvoir les droits de l’homme. Toutefois, cette impersonnalité même peut poser problème puisque les hommes, mus par la conscience collective, sont facilement influençables dans les sombres moments. L’État peut alors user des idéologies qui ravivent l’espoir, idéologies totalitaires surtout. Il nous faut donc nous opposer à l’État, mais comme celui-ci est toutefois nécessaire, il ne s’agira pas d’un auto-anéantissement, mais une désobéissance « civile » et temporaire. Une désobéissance nécessaire à l’évolution de l’État vers une meilleure conscience de notre pouvoir sur nous-mêmes.
 






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