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Dissertation de Philosophie (corrigé) : Faut-il chercher des vérités hors de la science ?

En croyant à ce que dit la science, nous avons en tête une représentation du monde, ce qui laisse également entrevoir l’idée d’une limite dans sa formulation. Sachant que l’idée de vérité désigne la conformité d’une proposition au fait, on peut dire que la science offre une approche suffisante lorsqu’elle définit les faits de manière objective. En tout cas, rien n’est moins sûr quand elle ne veut pas s’occuper des questions de valeur, qui sont au cœur de l’existence humaine. On ne peut s’empêcher de se poser des questions qui se rapportent à des sens transcendant les phénomènes physiques. Pourtant, au-delà de l’objectivité se trouve le territoire libre de l’anarchie de l’imagination où tout sujet a son mot à dire. Faut-il alors admettre que la science est en principe limitée, et qu’une vision subjective est la mieux adaptée ? Pour dévoiler ces faces cachées de l’univers scientifique, nous allons d’abord voir en quoi il faut avoir confiance en la science et sa vision. Toutefois, nous allons aussi considérer la perspective selon laquelle l’existence est irréductible à une simple approche scientifique.

I. Il faut avoir confiance en la science par son objectivité


A. La science offre une perspective universelle


Si l’idée de vérité se prévaut par son caractère universel, alors nous dirons sans hésiter qu’il n’y a pas à en chercher en dehors de la science. L’universalité désigne ce qui est partagée en tout temps et en tout lieu, et c’est le vœu de la recherche scientifique même de chercher dans les phénomènes des propriétés permanentes et immuables. Comment la science prétend-elle formuler un discours aussi pertinent ? Il faut d’abord comprendre ceci en se plongeant dans les mailles de l’esprit scientifique. Son premier principe est l’objectivité : la description exacte des faits et rien que les faits. La science exige du scientifique qu’il se dispense de toute affection subjective par rapport au phénomène. Le scientifique doit être rigoureusement impartial dans son interprétation, que celle-ci ne rapporte aucun jugement de valeur à savoir les inclinations sentimentales, culturelles ou encore idéologiques. En somme, tout ce qui est relatif au point de vue du sujet se tient en dehors de l’objectivité. Michel Henry, dans son ouvrage La Barbarie, comprend le caractère objectif de la science comme suit : « La savoir scientifique est objectif par principe. « Objectif » veut dire d’abord que le savoir de la science est rationnel, universellement valable et comme tel reconnu par tous ». Ensuite, pour exprimer ce qu’elle a à dire, la science use des mathématiques, le langage rationnel par excellence. Les mathématiques serviront à formaliser et à mesurer avec exactitude le déroulement d’un phénomène. Les outils mathématiques sont les armes de l’esprit humain contre la contingence. Ils sont la manifestation consciente de l’ordre de la logique de notre pensée. Ainsi, la science ne peut se passer des mathématiques, car c’est le cadre à priori que notre entendement dispose pour schématiser le réel.

B. La science offre une précision concrète et progressive


En principe, la vérité d’une proposition se détermine par un rapport concret avec le réel. Sur ce point, la science dispose de la méthode expérimentale, grâce à laquelle elle peut se prévaloir comme un discours précis sur ce qui est. La méthode expérimentale consiste à mettre à l’épreuve des faits toute théorie afin de les réviser ou de les infirmer. Comment procède-t-elle ? D’abord, le scientifique ne choisit pas un fait au hasard, il est étonné par l’étrangeté d’un phénomène, dont l’explication par une idée préconçue, une conviction ou un modèle théorique en vigueur n’est point satisfaisant. Cela emmène le scientifique à formuler une nouvelle hypothèse, et érige par la suite ses propres conditions d’observation qui sont reproductibles pour pouvoir être évalué objectivement par d’autres observateurs. Enfin, il observe les résultats et en déduit une conclusion judicieuse. Soit l’expérience ne réfute pas la théorie et celle-ci est temporairement acceptée comme un paradigme (un modèle à suivre), soit elle est infirmée mais aura contribué à soulever d’autres angles d’approche, soit elle est la découverte accidentelle d’un nouveau fait pertinent. Dans tous les cas, la science monte des marches. Comme le cite Claude Bernard dans l’Introduction à l’étude de la médecine expérimentale : « ce qui est important c’est d’avoir ouvert une voie nouvelle, car ce qui ne périra jamais ce sont les faits bien observés que les théories éphémères ont fait surgir ».

Il nous semble donc évident que la science offre une approche objective, car elle donne des théories qui s’affinent par l’épreuve du concret. Toutefois, ces critères sont-ils suffisants pour déterminer l’existence, sachant que c’est un aspect superficiel de la vérité, renfermant une certaine ambiguïté ?

II. Les vérités existentielles ne se réduisent pas à l’approche scientifique


A- La science prend un parti pris impossible : l’objectivité


Tout d’abord, sous le nom d’objectivité se cache une prise de position qui se contredit en elle-même. En effet, la communauté scientifique opère à travers une valeur éthique. Effectivement, selon Jacques Monod dans Le hasard et la nécessité : « Cet interdit, ce premier commandement qui fonde la connaissance objective n’est pas lui-même objectif : c’est une règle morale, une discipline ». Cette éthique est en fait sous-tendue par la conviction que l’homme, avec tout l’effort de sa volonté et son intellect peut neutraliser toute subjectivité dans la description des faits. Mais cette préoccupation semble impossible, puisque la science s’organise nécessairement autour de modèles théoriques incontestés et non « vérifiés » comme universelles. Autrement dit, en se disant objective, la science n’a pas d’instance supérieure à elle-même pour valider sa prétendue objectivité, aussi éthique que soit la prétention de sa démarche. Les résultats « positifs » des expériences ne disent rien de l’objectivité de la théorie, mais seulement de la pertinence explicative de celle-ci. En effet, les faits expérimentaux ne parlent pas d’elles-mêmes, c’est le sujet scientifique qui a cherché la vérité de l’objet en dehors de ce dernier. En tout cas, le schéma expérimental est déjà en dehors de l’objet, et pourtant la science l’incorpore comme sien, comme si c’est véritablement ce que l’objet a d’essentiel.

B. Le souci de vérité dépasse le domaine scientifique


L’idée de vérité ne peut être en fait réduite à la qualité intellectuelle d’un jugement à être conforme aux faits, car le rapport au monde de l’homme est essentiellement un rapport de valeur. Mais quelle est l’importance de la vérité en tant que jugement de valeur? En fait, la plupart des concepts qui occupent l’esprit humain porte sur des qualités intersubjectives : le juste en éthique, le beau en art, le divin en religion. Si on ne porte pas de jugement de pertinence selon leurs prétentions, chacun de ces domaines de sens risque d’être le parfait terrain du chaos. Par exemple, s’il n’y pas de critère de jugement esthétique en art, tout le monde peut se proclamer artiste. En éthique et en religion, ce serait un vrai champ de bataille entre les intolérants. Certainement, les domaines interprétatifs ne peuvent fournir des vérités au même niveau que celles de la science, mais ils définissent des valeurs qui donnent du « goût » à la vie. Focalisons-nous sur ce que disait Émile Durkheim dans Sociologie et philosophie : « D’autres jugements ont pour objet de dire non ce que sont les choses, mais ce qu’elles valent par rapport à un sujet conscient, le prix que ce dernier y attache : on leur donne le nom de jugement de valeur ». Et pourtant, un discours basé sur un jugement de valeur revêt également une vérité. En fait, on ne saura jamais si la science peut nous fournir un jour des théories parfaitement adéquates à la réalité, rien ne nous assure que notre intelligence est fondamentalement de nature infaillible. Cependant, on sait au moins que l’on a des rapports idéalisés avec l’existence, on sait que les idées mènent le monde, et c’est dans ce sens que la recherche de « vérité-valeur » est un devoir.

Choisir la voie de la science et oublier la quête de sens, ou admettre sa limite et risquer la voie de l’anarchie du monde subjectif ? En optant pour l’objectivité, il faut tout simplement avoir confiance en la science. La science puise toute sa puissance sur cette notion, représentée idéalement par l’usage des mathématiques. Ce langage neutralise les considérations arbitraires du sujet, et de même, la méthode expérimentale rapproche de plus en plus de la concrétude du phénomène. Toutefois, en tant qu’elle se veut être absolument objective, la science renferme un paradoxe interne dans le sens où les théories scientifiques démontrent un aspect conventionnel de la vérité. C’est pourquoi le souci de vérité dans le cadre scientifique ne suffit plus pour mener à bien notre existence. En se plaçant sur des terrains plus malléables comme l’art, la morale ou la religion, qui ne revendiquent l’objectivité que de manière artificielle, nous avons affaire à des vérités qui valent pour les consciences éclairées. En somme, la vérité est fondamentalement un jugement de valeur, et si cela implique l’abandon de l’objectivité pur, cela ne récuse en rien l’accord des esprits sur des modèles bien construits et positifs.
 






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