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Dissertation de Philosophie (corrigé) : Choisit-on d’être artiste ?

« Le bon goût c’est mon goût » disait Salvador Dali, un artiste aux œuvres étranges dont on qualifie même la forme expressive de « surréaliste ». Si l’on accordait du crédit à cette phrase célèbre d’un expert en son art, cela signifierait donc que chacun peut-être un artiste dès qu’il a un avis sur une œuvre. L’artiste est généralement vu comme le génie inspiré qui transfigure le réel dans une vision envoûtante. Il paraît donc évident que l’art n’est pas fait pour tout le monde. Pourtant l’artiste lui-même choisit-il d’être ce qu’il est? N’est-ce pas la muse qui murmure à son imagination la créativité ? Toutefois, si la muse est une réalité indépendante, comment choisit-il alors son médiateur ? N’est-ce pas là une voie mystique qui annulerait toute l’originalité de la personne-artiste ? L’artiste fait-il l’art, ou l’art est une dimension qui transcende sa volonté ? Nous allons répondre à ces problématiques délicates en adoptant le plan suivant : on va voir dans une première partie que des réalités transcendent la volonté artistique. Mais ensuite, dans une seconde partie, on va aussi considérer le fait qu’on choisit d’être artiste tant que l’on décide quoi faire de notre talent.

I. On n’est pas maître de notre réalité artistique


A. L’art en tant que champ culturel décide qui est un artiste


A travers l’histoire, le concept d’ « artiste » n’est pas isolé de ce champ culturel où il évolue, qu’est le monde de l’Art. En effet, ce dernier est maintenant un système qui choisit quelle personne intégrer, où l’intégrer et comment l’intégrer. D’abord, d’un point de vue commercial, il y a les éditeurs et les producteurs qui choisissent quelle personne est digne de véhiculer tel ou tel style artistique, et pour quelle demande du public. Car oui, l’Art a une demande selon les humeurs en vogue. Cette flatterie qui caractérise la société est analysée par Descartes en son temps : « Mais ce qui plaira à plus de gens, pourra être nommé simplement le plus beau, ce qui ne saurait être déterminé ». Des beaux-arts, on tourne autour du classicisme, du baroque, du rococo, du néo-classicisme etc. Ensuite, d’un point de vue de l’esthétique, ce qui se rapporte au jugement du goût, on est encadré par des styles prédéfinis. Qu’importe le gribouillis qu’on crée, on n’est pas artiste si on n’est pas dans les mouvances et les normes. Mais surtout, on n’est pas sérieusement reconnu par la communauté artistique sans être en relation avec elle.

B. L’artiste n’est que le médiateur de l’inspiration


Mais plus fondamentalement, au vu de l’œuvre d’art même, il nous reste à interroger si l’artiste est l’élu de l’inspiration, et s’il a une emprise sur son génie. En effet, le génie qui ne semble pas être présent chez tout le monde, ni même tout le temps, montre que le titre d’artiste n’est pas le produit d’un métier qui peut s’apprendre. Chez l’artisan, on peut parler des règles d’art qui visent nécessairement un produit bien défini, le fait de fabriquer est le processus d’un plan méthodique admis dans le cadre d’une profession particulière. Bien entendu, dans le monde de l‘Art, il y a des écoles qui proposent la maîtrise de procédés, des techniques plus ou moins élaborées qui veulent assurer la qualité de la production de l’œuvre. Dans les arts visuels par exemple, on enseigne des règles de perspective où on fait appel à des stratégies psychologiques jouant sur la perception. Toutefois, n’est-ce pas là souligner ce qui est le moins artistique chez l’art, car où pourrait-on apprendre la créativité qui fait éloge à ces œuvres originalement fascinantes ? La réponse est à méditer dans cette citation de Platon, tirée de son ouvrage Ion : « Ce n’est pas eux (les poètes) qui disent ces choses dont la valeur est si grande, eux de qui l’esprit est absent, mais c’est la Divinité elle-même qui parle, qui par leur entremise nous fait entendre sa voix ». Certainement, il est possible de reproduire la Joconde après l’avoir observé, après tout, on a inventé les photocopieuses, mais ce serait confondre la reproduction et la création. Cette dernière semble ne se montrer qu’après l’action, elle est une découverte et non une fin déterminée. En art, on ne peut apprendre que ce qui a déjà été produit, et non ce qui est encore à créer.

Cependant, le fait qu’une autre réalité que l’œuvre décide qui est l’artiste, cela nous fait questionner sur nécessairement l’impossibilité de tout choix personnel dans l’univers artistique. Bien qu’il y ait cette incapacité à reproduire du génie, mais ne serait-ce pas là ironiquement réduire l’acteur-concepteur humain à être le simple instrument de nature qui le transcende ?

II. Être artiste est un choix délibéré


A. La créativité artistique s’apprend


Il est vrai que les personnes talentueuses sont une véritable bénédiction pour l’humanité, et que les grandes œuvres ont véritablement apporté quelque chose aux générations postérieures. Mais à vrai dire, l’apparition des génies n’a pas été le fruit des plus grands hasards, notamment dans le domaine artistique. Se suffire à dire que le cours de l’histoire humaine a été préalablement écrit par la tracée divine, c’est accepter le fait que l’homme n’a point de volonté et n’est pas maître de sa propre destinée. En concertant notre analyse dans le métier artistique, force est de constater que l’artiste ne naît pas dans cette disposition. Il n’y a pas de génie qui a su déployer son œuvre sans avoir été en contact avec d’autres grands maîtres et s’en est inspiré pendant une période prolongée. La maîtrise de certaines techniques incontournables est avant tout le début de la créativité, à savoir par la combinaison des formes et styles déjà existants, c’est-à-dire que le génie ne crée pas à partir de rien. Avec toutes ces étapes, le futur artiste y procèdera en intégrant un milieu pouvant l’imprégner et le familiariser dans ce monde artistique. Ce que Nietzsche a exprimé dans Humain, trop humain, c’est la mise en application des savoirs acquis en art pour pouvoir se donner le titre de génie : « Le génie ne fait rien que d’apprendre d’abord à poser des pierres, puis à bâtir, que de chercher toujours des matériaux et de toujours les travailler ».

B. On choisit quoi faire de notre créativité


Si la destinée humaine est remplie d’évènements imprévisibles, la fatalité n’a jamais été un vocabulaire employé pour expliquer le cours de l’histoire. Pour un individu en particulier, devenir artiste implique un choix, et les étapes pour pouvoir décrocher ce titre reflètent le sacrifice de toute une vie. Une fois que le talent d’un artiste se dévoile, il s’agit essentiellement d’un choix de carrière et l’assumer individuellement que socialement. L’art est une passion, mais ne pas avoir le courage de faire preuve de dévouement dans cette discipline, à tel point de mettre de côté un métier sécurisant les finances par exemple, pourrait occulter à jamais un génie en puissance. « Nous supposons que le propre de l’homme est un certain genre de vie, que ce genre de vie est l’activité de l’âme, accompagnée d’actions raisonnables et que chez l’homme accompli tout se fait selon le Bien et le Beau, chacun de ses actes s’exécutant à la perfection selon la vertu qui lui est propre », disait Aristote dans Éthique à Nicomaque. Ainsi, un homme qui choisit d’être artiste ne fait que suivre sa vocation, tout autant qu’il lui est possible de le réprimer à jamais. Cependant, un choix non conforme à sa propre nature ne peut aboutir qu’à une destinée erronée.

En conclusion, le fait d’être artiste est le résultat d’un concours d’évènements divers, certains dépendent de notre volonté et d’autres pas. Se demander si l’on choisit d’être artiste renvoie à la question selon laquelle : sommes-nous maîtres de notre destinée ? En tout cas, nous avons pu dégager deux étapes cruciales pour déceler la véritable nature de l’artiste. Tout d’abord, la société et ses supports culturels propres façonnent la vision et les capacités du futur artiste. La société détermine ainsi ce qu’il en est de l’art et de l’artiste lui-même. Les exigences de créativité qui définissent le génie ne sont pourtant pas l’œuvre d’un effort acharné et reproductible en tout lieu et en tout temps, c’est ce qui finalise le sceau du véritable artiste. Cependant, tout cela ne sera que vanité si l’individu refuse de porter ce titre, car avant tout l’art est un acte de liberté et de volonté, sinon l’artiste aurait échoué à sa vocation.
 






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