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Dissertation de Philosophie (corrigé) : Autrui m'apprend-il quelque chose sur moi-même ?

Considéré dans sa nature abstraite, autrui se réduit à un être métaphysique, parce qu’à travers ce point de vue, il existe une distance entre moi et lui. Par contre, lorsque je considère sa personne, c’est-à-dire son existence, au moins je pourrai le placer dans la catégorie d’homme. Je pourrai donc mieux le connaître. S’il m’est possible d’apprendre quelque chose sur autrui, je me demande si je peux me connaître moi-même. Et dans une large perspective, si autrui m’apprend quelque chose sur moi-même. Dans les Cinquièmes Objections de Gassendi, il est écrit : « Le nœud de la difficulté n’est pas de savoir si l’on existe, mais ce que l’on est ». En effet, autrui m’est donné comme un objet de connaissance, par la suite, ce savoir sera accumulé en moi comme quelque chose d’acquis, sur lequel je n’ai aucun doute. En ce qui me concerne, ma connaissance sur moi-même comporte certainement un biais, car il m’est difficile d’acquérir un savoir sur mon être, au même titre que je l’ai fait avec autrui. Les connaissances que je possède à propos de mon prochain sont-elles applicables et valables sur moi ? Afin de résoudre cette difficulté, voyons au préalable quelles sont les approches possibles pour que je puisse me connaître. Puis après, il importe de souligner comment j’appréhende autrui, non pas en tant qu’objet, mais en tant que personne. Et pour terminer, nous dirons que ma relation avec autrui n’est pas forcément meilleure, pourtant cette relation me permet de comprendre des choses sur moi-même et mon existence.

I. Se connaître soi-même est une attitude philosophique


La réponse à la question « qui suis-je ? » n’est pas résolue en sortant ma carte d’identité. Sachant que cette question n’est posée que dans le cadre de la philosophie, elle requiert également un éclaircissement dans ce champ précis. Cependant, les propositions des philosophes concernant l’essence de l’homme, parce qu’il est indéniable que je suis homme, ont majoritairement abouti à des notions telles que la vérité, la substance, ou encore la sagesse. Pointant du doigt la stérilité des notions de vérité et d’essence, Heidegger a affirmé dans Question I : « Qu’importe dans notre réelle détresse la question de l’essence de la vérité puisqu’elle s’écarte (« s’abstrait ») de toute réalité ? La question de l’essence n’est-elle pas le problème le plus inessentiel et le plus gratuit qu’on puisse se poser ? Effectivement, le « qui suis-je » implique la recherche de l’essence, c’est-à-dire mon essence. Je pourrai me contenter de cette réponse selon laquelle je suis un être humain, et par conséquent il est de mon devoir de me conformer aux attributs principaux auxquels on identifie l’humain. Mais dans ce cas, le fait de se connaître se réduit-il à débiter une définition de l’homme ? Prenons par exemple l’essence telle qu’est comprise par Descartes dans Discours de la méthode : « Je connus de là que j’étais une substance dont toute l’essence ou la nature n’est que de penser ». C’est ma capacité d’user de mon entendement qui pose que je suis véritablement homme. Et pourtant, cette définition cartésienne est autant valable pour toute personne qui se réfère à cet auteur. Il s’agit donc d’une réponse universelle, alors que le fait de se connaître soi-même est un processus individuel. Par conséquent, la référence à des notions générales et abstraites est peut-être acceptable, mais incomplète. En méditant sur ce passage de la Critique de la Raison pure de Kant, qui disait : « Si la vérité consiste dans l’accord d’une connaissance avec son objet, il faut, par là même, que cet objet soit distingué des autres », il est clair que je suis encore confondu dans la généralité des hommes, donc ma question reste en suspens.

Je peux formuler une réponse à la question « qui suis-je ? », pourtant elle n’est pas satisfaisante du point de vue de mon existence. Ce que je recherche vis-à-vis de moi-même, en effet, c’est une approche concrète telle que j’expérimente avec autrui.

II. La personne d’autrui est m’est donné par ma conscience


Si je veux approfondir ma connaissance de l’homme, c’est à travers autrui que je retrouverai l’authenticité de cette notion. Mais en utilisant ce terme « autrui », j’ai encore affaire à une totale abstraction. Dans la réalité, je côtoie des personnes et je les appelle par leurs noms respectifs. Je ne les appelle jamais par cette désignation « autrui ». Ainsi, la première et véritable approche que je fais envers autrui est sa connaissance par son nom. « L’individu est l’être pris à part : l’individu psychologique est caractérisé par sa psychologie singulière et, jusqu’à un certain point, unique en son genre », disait Carl Gustav Jung dans Types psychologiques. Il me serait impossible de donner un nom à mon prochain si j’étais immergé dans la banalité de la foule. Et lorsque je vis avec un membre de la famille, un collègue ou un ami, j’expérimente les affections et les passions, parfois partagées, parfois vécues singulièrement par celui-ci. Ma connaissance de mon prochain se fait alors dans l’immédiateté de mon expérience, ce qui n’enlève en rien à l’authenticité de cette expérience. Bergson, dans Les deux sources de la morale et de la religion, synthétise cette idée comme suit : « Une émotion est un ébranlement affectif de l’âme, mais autre chose est une agitation de la surface, autre chose est un soulèvement des profondeurs. Seule l’émotion du second genre peut devenir génératrice d’idées ». C’est exactement à travers l’émotion de mon prochain que sa personne se manifeste à moi. Le niveau d’éducation, la culture ou encore l’histoire permettent de déterminer l’identité d’une personne, certes, mais disons plutôt que ce sont des facteurs qui contribuent à forger ses émotions actuelles. En somme, ce n’est pas les connaissances qui me rallient avec mon prochain. Nous dirons à l’unisson avec Merleau-Ponty dans le Sens et Non-sens que c’est « l’intersubjectivité, rapport vivant et tension entre les individus ».

L’émotion reflète la perception des choses, l’interaction avec la société, les ressentis psychologiques, en somme l’existence d’autrui en tant que corps et esprit. Je ne procède pas par analogie, mais j’intériorise les émotions que j’ai expérimentées avec autrui pour enrichir mes expériences personnelles.

III. Mon existence avec autrui me permet de me connaître


Tant que je suis conscient, je peux très bien affirmer que je suis et j’existe. Mais le fait de se connaître ne se limite pas à cette première certitude. A présent que j’ai vécu l’intersubjectivité, j’ai moi-même ressenti des émotions face à autrui. Si j’étais neutre et placide devant mon prochain, cela signifierait que j’étais absent. Ce que j’ai appris à travers cette expérience est l’affection, telle qu’Alain l’a défini en ces termes : « Tout ce qui, dans nos pensées, dans nos projets, dans nos résolutions est marqué d’un degré quelconque d’amour ou de haine, de joie ou de tristesse ». En effet, le fait de se connaître signifie avoir des idées claires face à ses émotions. Des fois, nous sommes étrangers face à nos comportements, c’est-à-dire que nous ne sommes pas maîtres de nous-mêmes. Dans ces situations, nous nous cachons derrière des signes provocateurs, mais intérieurement nous n’osons pas nous avouer les causes de notre malaise. Lucrèce disait d’ailleurs : « Si les hommes, comme ils semblent sentir sur leur cœur le poids qui les accable, pouvaient aussi connaître l’origine de leur mal et d’où vient leur lourd fardeau de misère, ils ne vivraient pas comme ils vivent trop souvent, ignorant ce qu’ils veulent ». Quel que soit dans la tragédie ou le contentement, autrui m’apprend à être sincère envers moi-même, mais aussi envers mon entourage. Il me montre des modèles, des façons de penser et d’appréhender la vie, afin que je puisse déceler mes erreurs et dissiper mes doutes. C’est en ce sens qu’Auguste Comte, dans Catéchisme positiviste, affirme : « Outre que notre harmonie morale repose exclusivement sur l’altruisme, il peut seul nous procurer aussi la plus grande intensité de vie ».

La première conscience que j’ai est celle de mon être, or conscience de soi ne signifie pas connaissance de soi. Les définitions que la philosophie nous donne concernant l’essence de l’homme tournent autour des généralités. Ainsi, j’ai accumulé des connaissances à propos de l’homme, et non pas à propos de moi. C’est en vivant avec autrui et en côtoyant celui-ci que j’ai une idée de ce qu’est véritablement être homme. Loin d’être une entité abstraite, l’homme est vivant et concrétise son existence dans un individu de corps d’esprit. Les émotions partagées avec mon prochain me font connaître, non seulement que je suis vivant, mais aussi, je ne possède pas de reflet pour voir mon image. Je crée donc une ouverture pour qu’autrui puisse m’apprendre sur ce que je ne sais pas sur moi. En somme, l’existence est un perpétuel apprentissage. Cependant, une vie qui fait abstraction des pensées et des sentiments de son prochain aura des répercussions sur mon développement personnel. Autrui est-il naturellement bon ou naturellement mauvais ?
 






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