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Dissertation de Philosophie (corrigé) : Croire, est-ce renoncer à la raison ?

L’homme interagit avec le monde où il vit, non seulement à travers ses sens mais aussi en tant qu’être spirituel, et la compréhension du monde dépend donc essentiellement de la manière selon laquelle l’homme appréhende le milieu où il vit. Et parce que le monde ne s’exprime pas par lui-même, il faudrait scruter dans l’univers de l’homme pour pouvoir signifier l’expérience qu’il fait de son existence. Cependant, le dilemme consiste à discerner le meilleur chemin qui mène vers la vérité, sachant que l’homme dispose autant de facultés pour saisir le réel, et le plus étonnant parmi tous est la croyance. Etant un « milieu entre l’opinion et le savoir » selon les propos de Kant dans la Doctrine du droit, la croyance a toujours connu des détracteurs dans l’histoire de la pensée, ce qui ne l’a pas empêchée d’être présente dans les cercles de réflexions philosophiques et de tenir tête face à sa principale rivale, la raison. Selon une vision à la fois théorique que pratique, un homme doté de bon sens peut-il s’abandonner entièrement à ce que lui dicte sa croyance, ou alors donne-t-il encore une marge de crédit aux préceptes de la raison ? Nous allons essayer de déceler les mailles de cette problématique selon le plan proposé comme suit : tout d’abord, la raison pose sa suprématie dans les discours sur la recherche de la vérité ; par la suite, le domaine d’investigation de la croyance commence là où la raison s’abstient de comprendre le réel ; et pour finir, la raison et la croyance procèdent en toute liberté et de manière indépendante l’une de l’autre.

I. Les principes de la raison sont les édifices de la connaissance véritable


Les préoccupations de l‘homme concernant le savoir sur le monde commencent toujours par les données sensibles, mais seront par la suite encadrées pas les investigations abstraites de la raison. « Toute notre connaissance commence par les sens, passe de là à l’entendement et s’achève dans la raison, au-dessus de laquelle il n’y a rien en nous de plus élevé pour élaborer la matière de l’intuition et pour la ramener à l’unité la plus haute de la pensée ».Dans son ouvrage majeur Critique de la raison pure, Kant précise à quel point la raison prend une place considérable dans la démarche philosophique aussi bien que scientifique. Ainsi, l’homme est capable de différencier ce qui est de ce qui n’est pas, et toujours selon les préceptes de la raison, de poursuivre le chemin qui mène vers la connaissance de ce qui est, et non de ce qui n’est pas. Les propos de Bergson  dans La pensée et le mouvant ne s’éloignent pas de cette ligne directrice : « Connaitre une réalité, c’est, au sens usuel du mot « connaitre », prendre des concepts déjà faits, les doser, et les combiner ensemble jusqu’à ce qu’on obtienne un équivalent pratique du réel ». La spécificité de l’usage de la raison consiste ainsi en cette mise en évidence de la fusion entre le sujet et l’objet, de sorte qu’il n’y a pas de contradiction ni de doute dans la connaissance qui en découle. La raison se pose alors comme étant l’allié fidèle de tous ceux qui préfèrent la connaissance et la vérité, et surtout en ce qui fait la qualité d’homme. Le discours de la méthode de Descartes formule une brève synthèse de ce qu’on appelle la raison : « La puissance de bien juger et distinguer le vrai d’avec le faux, qui est proprement ce qu’on nomme le bon sens ou la raison, est naturellement égale en tous les hommes ».

 Si l’homme se fie au premier abord à ses sens, il complètera ses investigations en suivant les préceptes de la raison. Mais en tant que démarche libre de l’esprit, la croyance peut se présenter comme une voie plus simple vers la compréhension du réel.

II. Le recours à la croyance se fait indépendamment de la volonté humaine


Au départ, il importe de bien distinguer deux notions qui sont proches et sont facilement confondues : la croyance et la religion, car nous ne nous occuperons pas de ce qui est relation avec certaines divinités. Le fait de croire est aussi fréquent dans le quotidien des hommes que cette attitude n’est pas nécessairement attribuée à la soumission à une doctrine religieuse. « La croyance désigne quelque disposition involontaire à accepter soit une doctrine, soit un jugement, soit un fait ». Selon ce passage issu des Définitions, il importe de bien préciser ce qu’Alain voudrait insinuer par « involontaire », car il y a des informations que nous assimilons facilement, et ce, de manière évidente et inconsciente, sans que nous y ayons mené un examen profond de la part de la raison. Le vrai problème ne réside point en la vérité ou la fausseté d’une thèse quelconque, mais plutôt dans la disposition de l’esprit d’un croyant qui est jugée irrationnelle. Cet aveuglement a fait dire à Voltaire dans son Dictionnaire philosophique : « Peut-il exister un peuple libre de tous préjugés superstitieux ? C’est demander : peut-il exister un peuple de philosophes ? » Vu de l’extérieur, il y a donc un certain degré de croyance, dont la plus haute est celle qui est contraire à la pensée rationnelle, épurée de toute preuve tangible mais toujours enracinée dans ses convictions. A ce stade, on peut dire que le fait de croire provient également de l’impossibilité à rendre compte de la réalité par l’usage de la raison, et la connaissance qui en résulte prendra le nom de dogmatisme. Comme l’explique Pascal dans les Pensées, « nous avons une impuissance de prouver, invincible à tout le dogmatisme ; nous avons une idée de la vérité, invincible à tout le pyrrhonisme ».

 Nous pouvons alors en déduire que la croyance signifie le retrait de la raison dans le processus de jugement.Mais jusqu’où pourrait-on pousser la croyance si on lui enlève tout le pouvoir de la raison ?

III. La croyance peut servir d’axiome au processus de raisonnement


Entre la croyance et la connaissance se dresse un fossé insurmontable qu’il est difficile, selon un point de vue théorique, de trouver une entente entre le rationnel et l’irrationnel. Et pourtant, sachant que la raison a ses limites mais que la croyance n’en a point, nous pouvons aisément en déduire que la croyance délimite la raison, c’est-à-dire que pour expliquer les fondements de la science par exemple, il faut croire à une vérité première. Comme disait Bernard dans l’Introduction à l’étude de la médecine expérimentale : « Il faut croire à la science, c’est-à-dire au déterminisme, au rapport absolu et nécessaire des choses, aussi bien dans les phénomènes propres aux êtres vivants que dans tous les autres ».Il s’agit ici de croire pour donner du sens à tout ce qui se fait dans et par la raison, même si cette dernière prendra par la suite le relai pour bâtir un édifice cohérent et rigoureux. Certes, la raison et la croyance mènent leur chemin séparément, mais cela n’empêche pas pour autant le croyant de transformer ses préceptes en éléments du savoir. En effet, « entre l’opinion et la connaissance scientifique, on peut reconnaitre l’existence d’un niveau particulier, qu’on propose d’appeler celui du savoir. Il comporte des règles qui lui appartiennent en propre ».Ce passage des Titres et travaux de Foucault démontre clairement que c’est la pensée qui accepte et élabore le savoir, quelle que soit son origine. Donc, la croyance laisse de côté la logique démonstrative de la raison, mais elle adhère quand même à l’idée selon laquelle il faut ériger un savoir pour pouvoir légitimer ses pensées. « Ainsi, toutes les opérations de la volonté, de l’entendement, de l’imagination et des sens sont des pensées », disait Descartes dans ses Réponses aux secondes objections.

En somme, la raison possède des principes inébranlables qui la placent au premier rang parmi les facultés intellectuelles de l’homme, tandis que la croyance n’a rien à envier à la raison pour son immédiateté dans l’appréhension des idées. Ces deux démarches possèdent chacune leur propre valeur et la capacité de forger un savoir, et dans une plus large mesure une pensée, à une différence près que la croyance ne dispose pas du critère d’universalité dans ses jugements. En un mot, un croyant peut guider sa vie selon ses propres principes, il connait la voie éclairée de la raison mais préfère se fier à ce que lui dicte ses convictions. Il ne renonce pas à la vérité, bien qu’il ne soit pas d’accord avec le cadre serré imposé par la raison. Néanmoins, ce qui ne peut être connu par la raison sera attribué à la compétence de la croyance, ce qui signifie que cette dernière présente une plus grande liberté par rapport à la raison. L’impossibilité de concilier la vérité issue de la croyance et celle élaborée par la raison devient problématique dans le sens où cette disparité remet en question l’universalité de la vérité, un point essentiel dans la démarche scientifique. La scientificité devrait-elle se maintenir au-dessus des autres formes de connaissance ?
 






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