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Dissertation de Philosophie (corrigé) : Ce qui est vrai est-il toujours vérifiable ?

Le vrai et le critère du vrai sont deux entités qui sont presque indiscernables. Le premier est une affirmation de la pensée, tandis que le deuxième s’attache souvent à une réalité concrète. Si la validation à travers un ou des critères de vérité semble toujours être remise en question, l’esprit possède également cette capacité à dévoiler l’évidence qui ne se rapporte à aucune expérience concrète. On accepte spontanément que le monde est mû par des relations nécessaires entre ses éléments, que ceci est mal et ceci bien, qu’il faut que l’être vienne de l’être et non du non-être. A entendre ces propositions, il paraît que l’évidence n’a pas besoin de vérification. Mais cette assurance remet en question les longs processus pour prouver les affirmations jugées véridiques. Le vrai peut-il se passer de preuve ? Pour y voir un peu plus clair et résoudre ce problème, nous allons d’abord voir pourquoi on considère que la vérité n’a de valeur que si on peut la prouver. Ensuite, nous allons aussi voir en quoi l’idée de vérification peut prêter à confusion sur la nature de la vérité.

I. Ce qui est vérifiable est vrai


A. Car s’il ne se rapporte à rien de factuel il n’aura pas de sens


Tout d’abord, dans la pensée courante, la vérité est ce qui se rapporte au fait. Plus précisément, un jugement vrai est une proposition qui est conforme à une réalité concrète. En ce sens, la vérité est ce qui est prouvé empiriquement. Henri Poincaré cite à cet égard : « l’énoncé d’un fait est toujours vérifiable et pour la vérification nous avons recours soit au témoignage de nos sens, soit au souvenir de son témoignage ». Les faits sont là, présents, à notre conscience, par prudence on dit que ce sont d’abord des phénomènes, des apparences, mais le fait est qu’ils s’imposent à nous, nous agissons sur eux et nous produisons des réalités à partir d’eux. Comment peut-on interagir avec le réel si nous n’accordons pas de valeur de certitude à nos idées correspondant à ce qui est ? L’enjeu est que si on n’accorde pas de valeur de certitude à un énoncé sur le réel, alors on vivrait dans une réalité inaccessible à notre intelligence. Or, si la vérité est ailleurs que dans les faits, on peut tout mettre dans cet « ailleurs ». L’esprit est aussi, on le sait, le domaine de l’imagination et les fantaisies qu’on y aménage sont attrayantes, car elles nous arrachent à un monde a priori brutal, apathique, et amoral.

B. Car ce qui est vrai se distingue de la simple opinion


Il faut ensuite remarquer que la vérité se distingue de l’opinion. La vérité est le produit d’une réflexion active, un effort volontaire de la raison qui fait preuve de prudence vis-à-vis de ses propos. Or, l’opinion est un jugement qui ne creuse pas jusqu’au bout de ses fondements, elle vient presque spontanément à l’esprit et s’énonce. Pour emprunter les termes d’Aristote dans les Seconds Analytiques, « l’opinion est l’appréhension d’une prémisse immédiate et non nécessaire ». Ainsi, à travers l’opinion on retrouve le plus souvent la perspective d’un sujet incliné par son intérêt, sa sensibilité, ses sentiments et ses habitudes ; tout ce qui tient du relatif. Or, la vérité se veut être universelle ou elle n’offre rien de certain. Un énoncé vrai est le produit d’une observation qui veut dépasser les apparences changeantes, il présente la stabilité et la permanence sans quoi la raison ne peut opérer sur le réel.

Un énoncé qui revêt les critères de la vérité demande donc la confirmation par les faits, mais doit aussi se distinguer de l’opinion qui n’offre que du relatif dans son manque d’approfondissement. Or, cette preuve forme-t-elle un seul corps avec la vérité, comme s’il s’agissait de son essence ?

II. Ce qui est vrai n’est pas nécessairement ce qui est vérifiable


A. Une vérité part nécessairement d’un point invérifiable


Si l’idée de vérification consiste à montrer avec un certain effort qu’un propos mérite la qualité du vrai, la vérité ne se présente pas toujours à l’esprit par cette voie détournée. En fait, si Spinoza nous dit que « la vérité est à elle-même son propre signe », c’est qu’une vérité s’impose d’elle-même tant qu’elle est claire et distincte. Ce critère de l’idée vraie est l’évidence. Bien entendu, évidence et certitude peuvent se confondre, car dans les deux il y a un accord de l’esprit avec lui-même qui pense ne plus être capable de douter d’un propos. Toutefois, il faut reconnaître qu’à la base de tout processus de vérification, il faut partir d’un point que l’on ne peut plus douter. En science, ce point est appelé un axiome : une évidence ou une proposition inéluctable dans son soutien d’un système théorique. En effet, l’esprit peut toujours essayer et parvenir à démontrer un axiome, mais il s’est lui-même posé l’évidence de celui-ci, pour se limiter à ce qui est nécessaire.

B. Ne penser qu’à la vérifiabilité nuit à la quête de la vérité


Finalement, si ce qui est vrai est toujours vérifiable dans les faits, il faudrait alors neutraliser la fécondité théorique de notre imagination. Comme l’a montré Descartes dans ses Méditations, il a dit : « Je connais clairement que j’ai besoin d’une particulière contention d’esprit pour imaginer, de laquelle je ne me sers point pour concevoir ». Or, l’imagination est nécessaire au progrès de nos concepts. Il faut d’abord reconnaître que le réel n’est pas immuable. Son expérience au fil des siècles témoigne que les réalités changent dans le temps. Remarquons par exemple que les microorganismes pathogéniques évoluent. On observe maintenant des formes de vie inconcevables à une certaine époque comme les microbes qui s’adaptent dans l’organisme des astronautes en apesanteur. On ne pouvait vérifier les théories sur une telle forme de vie, car on manquait encore la pertinence technique de l’observation de l’hypothèse. Les scientifiques élaborent souvent des hypothèses absurdes par rapport aux informations factuelles pour soutenir un système théorique cohérent comme la théorie de l’antimatière. Nos modèles théoriques sont en fait en toute rigueur basés sur des interrogations plus que des réponses. Et ces questions nous permettent justement de progresser plus que par rapport aux réponses qui ont une assurance de vérifiabilité, car les questions gardent la fraîcheur de notre réflexion.

La vérité s’éprouve ou se prouve-t-elle ? La vérité en tant qu’elle et le jugement qui correspond aux faits ne peuvent que se rapporter à une preuve factuelle, ou elle n’aurait pas de sens. Nous parlons bien d’un rapport au réel, aux choses concrètes qui existent indépendamment de nos esprits. Ne pas recourir à la preuve des faits serait laisser place au chaos du relativisme. Par ailleurs, il ne s’agit pas seulement de fait mais aussi d’une vérification rationnelle dans le sens où l’énoncé vrai, passé au crible d’une raison scrupuleuse, dépasse l’opinion paresseuse. Toutefois, dire qu’on peut tout vérifier c’est surestimer la capacité de notre raison. La raison a besoin de base où démarrer un raisonnement, et une telle base est paradoxalement invérifiable à l’infini. En fait, il faut bien penser au-delà des faits pour dévoiler de nouveaux faits. Et c’est une activité qui ne peut trouver sa vitalité que dans la théorisation.
 






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