La Fontaine : Le Chêne et le Roseau
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- Ce fichier contient un commentaire détaillé avec DEUX parties principales, une introduction et une conclusion.
- PASSAGE : Fable en entier.
Extrait du commentaire :
Jean de La Fontaine est un célèbre poète moraliste du XVIIème siècle. Poèmes, récits chargés d'une dimension morale et saynètes tout à la fois, les Fables de La Fontaine n'ont cessé de susciter l'admiration et de servir de modèle depuis plus de trois siècles.
L'une des plus célèbres d'entre elles, « Le Chêne et le Roseau », présente la double originalité, d'une part de personnifier non des animaux mais des végétaux, d'autre part de se présenter comme un pur récit, la morale de l'histoire semblant pour une fois secondaire voire absente.
Le récit semble construit en deux étapes : dans un premier temps (vers 2 à 17), le chêne tient un discours humiliant au roseau ; dans une deuxième partie, ce dernier, loin de rester indifférent, ironise, relève le gant et, confiant, s'en remet à un arbitrage supérieur (vers 18 à vers 24). La tirade de l'un et la réponse de l'autre méritent à coup sûr un examen attentif...
Fable étudiée :
Le Chêne un jour dit au Roseau :
"Vous avez bien sujet d'accuser la Nature ;
Un Roitelet pour vous est un pesant fardeau.
Le moindre vent, qui d'aventure
Fait rider la face de l'eau,
Vous oblige à baisser la tête :
Cependant que mon front, au Caucase pareil,
Non content d'arrêter les rayons du soleil,
Brave l'effort de la tempête.
Tout vous est Aquilon, tout me semble Zéphyr.
Encor si vous naissiez à l'abri du feuillage
Dont je couvre le voisinage,
Vous n'auriez pas tant à souffrir :
Je vous défendrais de l'orage ;
Mais vous naissez le plus souvent
Sur les humides bords des Royaumes du vent.
La nature envers vous me semble bien injuste.
- Votre compassion, lui répondit l'Arbuste,
Part d'un bon naturel ; mais quittez ce souci.
Les vents me sont moins qu'à vous redoutables.
Je plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu'ici
Contre leurs coups épouvantables
Résisté sans courber le dos ;
Mais attendons la fin. "Comme il disait ces mots,
Du bout de l'horizon accourt avec furie
Le plus terrible des enfants
Que le Nord eût portés jusque-là dans ses flancs.
L'Arbre tient bon ; le Roseau plie.
Le vent redouble ses efforts,
Et fait si bien qu'il déracine
Celui de qui la tête au Ciel était voisine
Et dont les pieds touchaient à l'Empire des Morts.
La Fontaine, "Fables" (I, 22)
Jean de La Fontaine est un célèbre poète moraliste du XVIIème siècle. Poèmes, récits chargés d'une dimension morale et saynètes tout à la fois, les Fables de La Fontaine n'ont cessé de susciter l'admiration et de servir de modèle depuis plus de trois siècles.
L'une des plus célèbres d'entre elles, « Le Chêne et le Roseau », présente la double originalité, d'une part de personnifier non des animaux mais des végétaux, d'autre part de se présenter comme un pur récit, la morale de l'histoire semblant pour une fois secondaire voire absente.
Le récit semble construit en deux étapes : dans un premier temps (vers 2 à 17), le chêne tient un discours humiliant au roseau ; dans une deuxième partie, ce dernier, loin de rester indifférent, ironise, relève le gant et, confiant, s'en remet à un arbitrage supérieur (vers 18 à vers 24). La tirade de l'un et la réponse de l'autre méritent à coup sûr un examen attentif...
Fable étudiée :
Le Chêne un jour dit au Roseau :
"Vous avez bien sujet d'accuser la Nature ;
Un Roitelet pour vous est un pesant fardeau.
Le moindre vent, qui d'aventure
Fait rider la face de l'eau,
Vous oblige à baisser la tête :
Cependant que mon front, au Caucase pareil,
Non content d'arrêter les rayons du soleil,
Brave l'effort de la tempête.
Tout vous est Aquilon, tout me semble Zéphyr.
Encor si vous naissiez à l'abri du feuillage
Dont je couvre le voisinage,
Vous n'auriez pas tant à souffrir :
Je vous défendrais de l'orage ;
Mais vous naissez le plus souvent
Sur les humides bords des Royaumes du vent.
La nature envers vous me semble bien injuste.
- Votre compassion, lui répondit l'Arbuste,
Part d'un bon naturel ; mais quittez ce souci.
Les vents me sont moins qu'à vous redoutables.
Je plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu'ici
Contre leurs coups épouvantables
Résisté sans courber le dos ;
Mais attendons la fin. "Comme il disait ces mots,
Du bout de l'horizon accourt avec furie
Le plus terrible des enfants
Que le Nord eût portés jusque-là dans ses flancs.
L'Arbre tient bon ; le Roseau plie.
Le vent redouble ses efforts,
Et fait si bien qu'il déracine
Celui de qui la tête au Ciel était voisine
Et dont les pieds touchaient à l'Empire des Morts.
La Fontaine, "Fables" (I, 22)
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