Tartuffe – Acte 1 scène 5

Molière, Tartuffe, Acte 1 scène 5 (vers 318 à 345) (Commentaire composé)

 

Introduction :

 

La tirade de Cléante précède celle d'Orgon, où ce dernier nous raconte sa rencontre avec Tartuffe, la rencontre de la dupe et de son parasite. L'aveuglement d'Orgon face à cette hypocrisie dont il est sujet en devient comique. Dans ce passage, nous verrons l'opposition récurrente entre vrais et faux dévots, puis nous nous intéresserons au personnage de Cléante représentatif de la pensée classique.

 

I). Vrais et faux dévots.

 

Cette opposition récurrente entre le vrai et le faux apparaît au vers 325 par une série d'antithèses entre faux et vrai. Cléante rapproche ici les faux dévots des faux braves qui sont des fanfarons, des menteurs.

Il y a donc ici entre l'hypocrisie et la fanfaronnade des faux braves.

On observe aussi des termes péjoratifs : « grimace », « masque » associés à la fausse dévotion. On remarque toutefois l'analogie entre vrai braves et vrai dévots à des termes mélioratifs : « sincérité », « vérité », élogé des vrais dévots. La problématique de la pièce est pour la première fois clairement annoncée avec l'interpellation de Cléante : « Hypocrisie et dévotion ? » (V. 331).

 

II). Cléante comme idéal classique.

 

Cléante refuse les menaces de Tartuffe ainsi que ses accusations quand au libertinage de Cléante. Par le biais de l'antithèse : « vaines simagrées » et « choses sacrées », Cléante dénonce la confusion la confusion d'Orgon. La dernière partie de la tirade est une suite de réflexions morales qui traduisent le pessimisme de Cléante. Cléante recherche l'équilibre dans la juste mesure, principe même du clarissime.

 

Conclusion :

 

Cette tirade de Cléante constitue une dénonciation des faux dévots et annonce pour la première fois la problématique du texte : « hypocrisie ou dévotion ? ». On peut rapprocher ces faux dévots dénoncés par Cléante à l'exemple de Matamore dans L'Illusion comique qui n'est en fait qu'un faux brave, qu'un lâche. On connait les accusations de libertinage dont Molière a été sujet, comme Cléante. Cléante représente la pensée classique, elle apparaît donc ici comme le porte parole de Molière.