La vie est un songe

Pédro Calderon de la Barca, La vie est un songe, Le monologue de Sigismond (Commentaire composé)

 

Introduction :

 

Pédro Calderon de la Barca a été soldat, courtisant, poète. Surtout connu comme dramaturge. Il s'est illustré dans le genre de la commedia, certaines de ses oeuvres sont la synthèse de thèmes qui mêlent philosophie, existence, et illusion. Dans cette pièce intitulée La vie est un songe, le personnage principal Sigismond est un prince qui est emprisonné à cause de son caractère despotique et sauvage. Dans cette scène, nous assistons au monologue de Sigismond qui est victime de l'illusion de sa propre vie, puisque son père lui a fait boire un somnifère, lui faisant croire que la vie extérieure de la grotte n'était qu'un rêve. Nous verrons en quoi il y a une énonciation volontairement confuse, puis le baroque présent dans cette scène et enfin nous étudierons l'« autosacramentale et commedia ».

 

I). Une énonciation volontairement confuse.

 

Il y a un jeu sur les pronoms, les temps. La construction binaire qui brouille la conscience de l'auditoire.

Le « je » est au présent d'énonciation qui renvoie à « nous », alors que le « nous » renvoie à « on » et le « on » renvoie à Calderon qui sont au présent de vérité générale. Et enfin Caldéron renvoie à « je » donc au présent d'énonciation. Il y a un cycle et un jeu avec les pronoms.

 

II). Le thème baroque.

 

On peut apercevoir le champ lexical de l'illusion et du réel.

Le déictique qui désigne la grotte et le « fer » est égal au chaine, ce qui est en comparaison avec Le mythe de la Caverne de Platon, qui est alors de la mythologie et qui renvoie au baroque.

« Le vent et les cendres » sont en comparaison avec une chimère. Il y a une opposition entre la richesse et la pauvreté : chimère.

Le mélange des genres : théâtrale mais réflexion de l'auteur proche de l'essai avec le présent de vérité générale, c'est un mélange baroque.

 

III). « Autosacramentale et commedia ».

 

            1). La commedia.

 

Une commedia est une pièce allégorique à valeur religieuse ou morale où chaque personnage est défini par une caractéristique sociale ou psychologique.

Tout ce qui est du personnage allégorique : « le roi » associé à trois verbes de pouvoir : « commande », « dispose », « gouverne ».

« Le riche », expression ironique puisque sa richesse lui donne beaucoup de soucis.

« Le pauvre », figure opposée de la précédente qui met en valeur le caractère symbolique de cette grandeur morale, « tout n'est qu'illusion ou de passage ».

« Les ovations reçus par le roi », tout est éphémère.

De plus, ces trois archétypes (roi, riche, pauvre) sont des caricatures qui représentent des types théâtraux. Donc la vie est représentée dans le théâtre (thème du théatrum mundi : vie qui est la comédie) illustrait ici par Sigismond qui lui même illusionniste (car personnage du théâtre) est illusionné.

 

            2). Autosacramentale.

 

Le genre théâtrale espagnol est aussi appelé « autosacramentale ».

Calderon se pose ici comme question : « Qu'est ce que la mort et qu'y a-t-il après la vie ? », on a la réponse : « s'éveiller dans le sommeil de la mort » (l.9).

Si on rêve tous, tous les faits historiques ou sociaux sont donc l'objet de sa conscience. Il y a une absence de certitude.

Sur terre, il n'y a que des apparences, tout est éphémère, dans cette conception chrétienne, il n'y a que la mort qui serait réel donc la vie est dans l'au-delà.

Dans ce texte, la morale est implicite surtout ligne 17 : « le plus grand bien est peu de chose ».

Le pauvre arrive en dernier, c'est donc lui paradoxalement qui est en haut de l'échelle (mis en valeur) et la phrase suivante est explicite : « celui qui commence à s'élever », c'est une conception chrétienne : les pauvres auront la première place au paradis.

 

Conclusion :

 

Dans cette pièce, Calderon illustre les problèmes baroques récurrents : illusion, vie, mort et reprend de façon métamorphique Le mythe de la caverne de Platon en le mélangeant au genre espagnol de l'autosacramentale. On rejoint ici l'incertitude qui caractérise la pensée de la fin du XVIème siècle : « Que sais-je ? » de Montaigne.