Marguerite Yourcenar : Comment Wang-Fô fut sauvé : Incipit
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- Ce fichier contient un commentaire détaillé avec TROIS parties principales, une introduction, une conclusion.
- PASSAGE : Début de l'oeuvre.
Extrait du commentaire :
Le nom de l'oeuvre est étonnant : Wang-Fô n'a pas la consonance occidentale, alors que le texte est extrait du recueil Nouvelles orientales. Est-ce un apologue qui illustre une vérité ? Une nouvelle (récit bref avec construction dramatique organisée en fonction de la chute) ? Est-ce un conte (le conte a une charge de merveilleux que la nouvelle n'a pas) ? On peut dire ici...
Texte étudié :
Le vieux peintre Wang-Fô et son disciple Ling erraient le long des routes du royaume de Han. Ils avançaient lentement, car Wang-Fô s'arrêtait la nuit pour contempler les astres, le jour pour regarder les libellules. Ils étaient peu chargés, car Wang-Fô aimait l'image des choses, et non les choses elles-mêmes, et nul objet au monde ne lui semblait digne d'être acquis, sauf des pinceaux, des pots de laque et d'encres de Chine, des rouleaux de soie et de papier de riz. Ils étaient pauvres, car Wang-Fô troquait ses peintures contre une ration de bouillie de millet et dédaignait les pièces d'argent. Son disciple Ling, pliant sous le poids d'un sac plein d'esquisses, courbait respectueusement le dos comme s'il portait la voûte céleste, car ce sac, aux yeux de Ling, était rempli de montagnes sous la neige, de fleuves au printemps, et du visage de la lune d'été.
Marguerite Yourcenar, Nouvelles orientales
Le nom de l'oeuvre est étonnant : Wang-Fô n'a pas la consonance occidentale, alors que le texte est extrait du recueil Nouvelles orientales. Est-ce un apologue qui illustre une vérité ? Une nouvelle (récit bref avec construction dramatique organisée en fonction de la chute) ? Est-ce un conte (le conte a une charge de merveilleux que la nouvelle n'a pas) ? On peut dire ici...
Texte étudié :
Le vieux peintre Wang-Fô et son disciple Ling erraient le long des routes du royaume de Han. Ils avançaient lentement, car Wang-Fô s'arrêtait la nuit pour contempler les astres, le jour pour regarder les libellules. Ils étaient peu chargés, car Wang-Fô aimait l'image des choses, et non les choses elles-mêmes, et nul objet au monde ne lui semblait digne d'être acquis, sauf des pinceaux, des pots de laque et d'encres de Chine, des rouleaux de soie et de papier de riz. Ils étaient pauvres, car Wang-Fô troquait ses peintures contre une ration de bouillie de millet et dédaignait les pièces d'argent. Son disciple Ling, pliant sous le poids d'un sac plein d'esquisses, courbait respectueusement le dos comme s'il portait la voûte céleste, car ce sac, aux yeux de Ling, était rempli de montagnes sous la neige, de fleuves au printemps, et du visage de la lune d'été.
Marguerite Yourcenar, Nouvelles orientales
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