Aimé Césaire : Cahier d'un retour au pays natal : Ceux qui n'ont inventé ni la poudre ni la boussole...
- Vous allez pouvoir accéder au commentaire d'un poème extrait de l'oeuvre "Cahier d'un retour au pays natal" d'"Aimé Césaire".
- Ce fichier contient un commentaire composé détaillé avec TROIS parties principales, une introduction et une conclusion.
- PASSAGE : Voir poème étudié ci-dessous.
Extrait du commentaire :
Césaire est un écrivain martiniquais, auteur de nombreux ouvrages. Il s'est battu pour la reconnaissance de l'identité antillaise. Il rencontra Senghor à Paris et créèrent la revue « L'étudiant noir ». Ils sont à l'origine du concept de négritude qu'ils revendiquent. Il fut poète, auteur de pièces de théâtre, dramaturge mais également homme politique. Dans le texte « Cahier d'un retour au pays natal », il dénonce avec violence la colonisation qui a plongé son pays dans la misère. C'est une poésie engagée, au-delà de la critique de la colonisation, c'est une louange du monde noir. Il nous donne beaucoup de détails sur les agressions quotidiennes subies par son pays mettant en valeur les champs lexicaux de la violence et de l'humiliation pour décrire le calvaire de la population colonisée. Le poème est composé de versets avec des strophes inégales rythmées, mais non rimées. La versification est libre, mais il n'y a pas de ponctuation hormis les points d'exclamation. Nous soulignerons l'absence de majuscules au début de chaque vers. Nous nous interrogerons sur la question de savoir quel regard l'autre porte sur nous et afin d'y répondre, nous étudierons dans un premier temps, l'opposition entre deux mondes, la glorification du monde noir et le champ de célébration...
Texte étudié :
Ceux qui n'ont inventé ni la poudre ni la boussole
Ceux qui n'ont jamais su dompter la vapeur ni l'électricité
Ceux qui n'ont exploré ni les mers ni le ciel mais ceux sans qui la
terre ne serait pas la terre.
(...)
ma négritude n'est pas une taie d'eau morte sur l'œil mort de la terre
ma négritude n'est ni une tour ni une cathédrale
elle plonge dans la chair rouge du sol
elle plonge dans la chair ardente du ciel
elle troue l'accablement opaque de sa droite patience.
Eia pour le Kaïlcédrat royal !
Eia pour ceux qui n'ont jamais rien inventé
pour ceux qui n'ont jamais rien exploré
pour ceux qui n'ont jamais rien dompté
mais ils s'abandonnent, saisis, à l'essence de toute chose
ignorants des surfaces mais saisis par le mouvement de toute chose
insoucieux de dompter, mais jouant le jeu du monde
véritablement les fils aînés du monde
poreux à tous les souffles du monde
aire fraternelle de tous les souffles du monde
lit sans drain de toutes les eaux du monde
étincelle du feu sacré du monde
chair de la chair du monde palpitant du mouvement même du monde !
Tiède petit matin de vertus ancestrales
Sang ! Sang ! tout notre sang ému par le cœur mâle du soleil
ceux qui savent la féminité de la lune au corps d'huile
l'exaltation réconciliée de l'antilope et de l'étoile
ceux dont la survie chemine en la germination de l'herbe !
Eia parfait cercle du monde et close concordance !
Ecoutez le monde blanc
horriblement las de son effort immense
ses articulations rebelles craquer sous les étoiles dures
ses raideurs d'acier bleu transperçant la chair mystique
écoute ses victoires proditoires trompeter ses défaites
écoute aux alibis grandioses son piètre trébuchement
Pitié pour nos vainqueurs omniscients et naïfs !
Césaire est un écrivain martiniquais, auteur de nombreux ouvrages. Il s'est battu pour la reconnaissance de l'identité antillaise. Il rencontra Senghor à Paris et créèrent la revue « L'étudiant noir ». Ils sont à l'origine du concept de négritude qu'ils revendiquent. Il fut poète, auteur de pièces de théâtre, dramaturge mais également homme politique. Dans le texte « Cahier d'un retour au pays natal », il dénonce avec violence la colonisation qui a plongé son pays dans la misère. C'est une poésie engagée, au-delà de la critique de la colonisation, c'est une louange du monde noir. Il nous donne beaucoup de détails sur les agressions quotidiennes subies par son pays mettant en valeur les champs lexicaux de la violence et de l'humiliation pour décrire le calvaire de la population colonisée. Le poème est composé de versets avec des strophes inégales rythmées, mais non rimées. La versification est libre, mais il n'y a pas de ponctuation hormis les points d'exclamation. Nous soulignerons l'absence de majuscules au début de chaque vers. Nous nous interrogerons sur la question de savoir quel regard l'autre porte sur nous et afin d'y répondre, nous étudierons dans un premier temps, l'opposition entre deux mondes, la glorification du monde noir et le champ de célébration...
Texte étudié :
Ceux qui n'ont inventé ni la poudre ni la boussole
Ceux qui n'ont jamais su dompter la vapeur ni l'électricité
Ceux qui n'ont exploré ni les mers ni le ciel mais ceux sans qui la
terre ne serait pas la terre.
(...)
ma négritude n'est pas une taie d'eau morte sur l'œil mort de la terre
ma négritude n'est ni une tour ni une cathédrale
elle plonge dans la chair rouge du sol
elle plonge dans la chair ardente du ciel
elle troue l'accablement opaque de sa droite patience.
Eia pour le Kaïlcédrat royal !
Eia pour ceux qui n'ont jamais rien inventé
pour ceux qui n'ont jamais rien exploré
pour ceux qui n'ont jamais rien dompté
mais ils s'abandonnent, saisis, à l'essence de toute chose
ignorants des surfaces mais saisis par le mouvement de toute chose
insoucieux de dompter, mais jouant le jeu du monde
véritablement les fils aînés du monde
poreux à tous les souffles du monde
aire fraternelle de tous les souffles du monde
lit sans drain de toutes les eaux du monde
étincelle du feu sacré du monde
chair de la chair du monde palpitant du mouvement même du monde !
Tiède petit matin de vertus ancestrales
Sang ! Sang ! tout notre sang ému par le cœur mâle du soleil
ceux qui savent la féminité de la lune au corps d'huile
l'exaltation réconciliée de l'antilope et de l'étoile
ceux dont la survie chemine en la germination de l'herbe !
Eia parfait cercle du monde et close concordance !
Ecoutez le monde blanc
horriblement las de son effort immense
ses articulations rebelles craquer sous les étoiles dures
ses raideurs d'acier bleu transperçant la chair mystique
écoute ses victoires proditoires trompeter ses défaites
écoute aux alibis grandioses son piètre trébuchement
Pitié pour nos vainqueurs omniscients et naïfs !
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