Jean Pic de la Mirandole : De La Dignité de l'homme
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- Ce fichier contient un commentaire composé détaillé avec DEUX parties principales, une introduction et une conclusion.
- PASSAGE : Voir texte étudié ci-dessous.
Extrait du commentaire :
Nous allons étudier un texte de Jean Pic de la Mirandole intitulé De la Dignité de l'homme. L'auteur est né en 1463 et mort en 1494. Son ouvrage est un essai à forte connotation philosophique puisqu'il soulève la question essentielle, l'homme est-il le seul à définir sa nature ? Nous sommes au XVème siècle et la Renaissance se développe à travers toute l'Europe. Si elle touche tous les domaines artistiques, les lettres et la réflexion humaine sont marquées par la naissance de l'humanisme, mouvement qui place son intérêt autour de l'homme. Nous retrouvons dans cet essai, les points centraux et novateurs de l'humanisme. L'intérêt de ces penseurs pour l'homme fait ressortir la dignité qui apparaît à travers la liberté humaine. Qu'en est-il de la liberté de l'homme ? L'homme a-t-il le libre-arbitre, et quel usage peut-il faire de cette liberté ? Dans un premier temps, nous étudierons les possibilités de l'homme au sein de la création puis, en second lieu, les conséquences de l'usage de cette liberté qui fait sa dignité...
Texte étudié :
En fin de compte, le parfait ouvrier décida qu'à celui qui ne pouvait rien recevoir en propre serait commun tout ce qui avait été donné de particulier à chaque être isolément. Il prit donc l'homme, cette oeuvre indistinctement imagée, et l'ayant placé au milieu du monde, il lui adressa la parole en ces termes : « Si nous ne t'avons donné, Adam, ni une place déterminée, ni un aspect qui te soit propre, ni aucun don particulier, c'est afin que la place, l'aspect, les dons que toi-même aurais souhaités, tu les aies et les possèdes selon ton voeu, à ton idée. Pour les autres, leur nature définie est tenue en bride par des lois que nous avons prescrites ; toi aucune restriction ne te bride, c'est ton propre jugement, auquel je t'ai confié, qui te permettra de définir ta nature. Si je t'ai mis dans le monde en position intermédiaire, c'est pour que de là tu examines plus à ton aise tout ce qui se trouve dans le monde alentour. Si nous ne t'avons fait ni céleste ni terrestre, ni mortel ni immortel, c'est afin que, doté pour ainsi dire du pouvoir arbitral et honorifique de te modeler et de te façonner toi-même, tu te donnes la forme qui aurait eu ta préférence. Tu pourras dégénérer en formes supérieures, qui sont divines ».
O suprême bonté de Dieu le Père, suprême et admirable félicité de l'homme ! Il lui est donné d'avoir ce qu'il souhaite, d'être ce qu'il veut. Les bêtes, au moment de leur naissance, apportent avec elles « du ventre de leur mère » (comme dit Lucilius) ce qu'elles posséderont. Les esprits supérieurs furent d'emblée, ou peu après, ce qu'ils sont destinés à être éternellement. Mais à l'homme naissant, le Père a donné des semences de toute sorte et les germes de toute espèce de vie. Ceux que chacun aura cultivés se développeront et fructifieront en lui : végétatifs, ils le feront devenir plante ; sensibles, ils feront de lui une bête ; rationnels, ils le hisseront au rang d'être céleste ; intellectifs, ils feront de lui un ange et un fils de Dieu. Et si, sans se contenter du sort d'aucune créature, il se recueille au centre de son unité, formant avec Dieu un seul esprit, dans la solitaire opacité du Père dressé au-dessus de toutes choses, il aura sur toute la préséance.
Nous allons étudier un texte de Jean Pic de la Mirandole intitulé De la Dignité de l'homme. L'auteur est né en 1463 et mort en 1494. Son ouvrage est un essai à forte connotation philosophique puisqu'il soulève la question essentielle, l'homme est-il le seul à définir sa nature ? Nous sommes au XVème siècle et la Renaissance se développe à travers toute l'Europe. Si elle touche tous les domaines artistiques, les lettres et la réflexion humaine sont marquées par la naissance de l'humanisme, mouvement qui place son intérêt autour de l'homme. Nous retrouvons dans cet essai, les points centraux et novateurs de l'humanisme. L'intérêt de ces penseurs pour l'homme fait ressortir la dignité qui apparaît à travers la liberté humaine. Qu'en est-il de la liberté de l'homme ? L'homme a-t-il le libre-arbitre, et quel usage peut-il faire de cette liberté ? Dans un premier temps, nous étudierons les possibilités de l'homme au sein de la création puis, en second lieu, les conséquences de l'usage de cette liberté qui fait sa dignité...
Texte étudié :
En fin de compte, le parfait ouvrier décida qu'à celui qui ne pouvait rien recevoir en propre serait commun tout ce qui avait été donné de particulier à chaque être isolément. Il prit donc l'homme, cette oeuvre indistinctement imagée, et l'ayant placé au milieu du monde, il lui adressa la parole en ces termes : « Si nous ne t'avons donné, Adam, ni une place déterminée, ni un aspect qui te soit propre, ni aucun don particulier, c'est afin que la place, l'aspect, les dons que toi-même aurais souhaités, tu les aies et les possèdes selon ton voeu, à ton idée. Pour les autres, leur nature définie est tenue en bride par des lois que nous avons prescrites ; toi aucune restriction ne te bride, c'est ton propre jugement, auquel je t'ai confié, qui te permettra de définir ta nature. Si je t'ai mis dans le monde en position intermédiaire, c'est pour que de là tu examines plus à ton aise tout ce qui se trouve dans le monde alentour. Si nous ne t'avons fait ni céleste ni terrestre, ni mortel ni immortel, c'est afin que, doté pour ainsi dire du pouvoir arbitral et honorifique de te modeler et de te façonner toi-même, tu te donnes la forme qui aurait eu ta préférence. Tu pourras dégénérer en formes supérieures, qui sont divines ».
O suprême bonté de Dieu le Père, suprême et admirable félicité de l'homme ! Il lui est donné d'avoir ce qu'il souhaite, d'être ce qu'il veut. Les bêtes, au moment de leur naissance, apportent avec elles « du ventre de leur mère » (comme dit Lucilius) ce qu'elles posséderont. Les esprits supérieurs furent d'emblée, ou peu après, ce qu'ils sont destinés à être éternellement. Mais à l'homme naissant, le Père a donné des semences de toute sorte et les germes de toute espèce de vie. Ceux que chacun aura cultivés se développeront et fructifieront en lui : végétatifs, ils le feront devenir plante ; sensibles, ils feront de lui une bête ; rationnels, ils le hisseront au rang d'être céleste ; intellectifs, ils feront de lui un ange et un fils de Dieu. Et si, sans se contenter du sort d'aucune créature, il se recueille au centre de son unité, formant avec Dieu un seul esprit, dans la solitaire opacité du Père dressé au-dessus de toutes choses, il aura sur toute la préséance.
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