DISSERTATION : "L'HOMME OCCUPE T-IL UNE PLACE PARTICULIERE DANS LA NATURE ?"


Introduction


L'homme occupe t-il une place particulière dans la nature ? Il faut se demander ce qui distingue l'homme par rapport à l'animal, l'homme est un animal à part, un animal dirait Aristote, raisonnable. L'homme a-t-il une particularité, une spécificité ? Quelle est-elle ? Quels sont les enjeux ? L'homme a tour à tour tendance à s'accorder une dignité particulière et se considérer comme des étrangers dans la nature. L'homme est un roseau pensant dirons-nous pour reprendre la terminologie pascalienne. Comment décrire l'homme d'un point de vue anthropologique ? En quoi l'homme peut-il être considéré comme occupant une place à part dans la nature ?

Thèse


En quoi l'homme occupe t-il une place particulière dans la nature ? L'homme vit dans la nature au même titre que l'animal et pourtant il estime avoir et occuper une place spécifique. Dans quelle mesure l'homme peut-il être considéré comme un être à part dans la nature ?

Si l'homme est un animal, il s'en distingue néanmoins dans le sens où il est capable de rationalité. Il a la faculté d'intelliger, de calculer, d'évaluer, d'anticiper par opposition à l'animal. Ce qui par conséquent permet à l'homme de développer la technique, l'une des manifestations les plus éclatantes de la raison humaine. L'homme s'autonomise et se substitue à la nature créatrice qu'il transforme. On peut donc affirmer que la technique est à l'origine de la culture humaine.

L'homme occupe une place particulière dans le sens où pour reprendre les mots d'Aristote, il est non seulement un animal raisonnable « mais un animal politique ». C'est un être engagé par rapport à lui-même et par rapport à autrui. Il ne peut pas ne pas s'engager et échapper à l'obligation civique de la vie en communauté. L'homme n'est pas réduit à son instinct, il doit se projeter dans un avenir politique et historique.

Si l'homme se différencie de l'animal et occupe une place particulière en tant qu'homme raisonnable, politique historique dans la nature, doit-il se référer à un discours métaphysique pour évaluer avec justesse la singularité de sa situation ?

Antithèse


Quelle est de façon précise, la place de l'homme ? Dans ses Pensées, Pascal situait l'animal raisonnable qu'est l'être humain entre l'ange et le démon, « l'homme est mi ange mi démon » affirmait-il. Manifestement, le point de vue métaphysique de la question nous conduit à envisager l'aspect religieux. L'homme se voit alors occuper une place bien à part puisqu'il est créé à l'image de Dieu et porteur du divin ce qui détermine sa place dans la nature.

De ce fait, l'homme est tout désigné pour pratiquer des rituels et entrer en communication avec les esprits, substance spirituelle et substance matérielle, l'homme est antinomique, double, âme et corps, irréductiblement séparé. Ainsi, si l'homme est avant tout esprit, il doit se détacher de sa vie naturelle et la considérer comme contingente. Condamné à vivre dans la nature, il doit pourtant réduire la part naturelle de son existence.

Outre, ce statut paradoxal, l'être humain est doué de facultés qui lui permettent de se rendre maître et possesseur de la nature. L'homme se modernise puisqu'il peut transformer radicalement la nature.

Synthèse


Par conséquent, l'homme par le pouvoir et l'exercice de la raison s'efforce de maîtriser les forces de la nature. Il s'autonomise. Mais, d'un autre côté, on peut envisager que l'aspect évolutionniste de la question fait de l'homme un être vivant comme les autres sans aucune place particulière, par exemple, il perd le statut sacré que lui conférait le discours religieux.

Si du point de vue de l'évolution, l'homme se voit réduit à des organes, des cellules, des molécules et des atomes au même titre que les autres corps, le fait culturel ne conserve t-il pas aux hommes une dernière place à part ?

Les hommes doivent-ils revenir à une méditation de ce qui pourrait être une vie conforme à leur nature ?

Conclusion


Nous avons ainsi souligné les paradoxes relatifs à la place de l'homme dans la nature. La place occupée par l'homme n'est pas un privilège donnant tous les droits mais une dignité invitant à l'humilité et conférant des devoirs.