Molière : Dom Juan : Acte II scène 2

Molière : Dom Juan : Acte II Scène 2 (Commentaire composé)

Introduction : Dans cette deuxième scène de l'Acte II, après l'exposition, c'est la mise en pratique. Bien qu'à peine sauvé de la noyade, Dom Juan retrouve ses qualités et montre ici la stratégie du séducteur, juste après avoir vu le résultat (Scène avec Elvire). Cette séduction de Charlotte apporte encore des révélations sur le caractère du héros. En fait, cette scène est le prolongement de l'acte I scène 2 où Dom Juan fait sa tirade sur l'inconstance amoureuse. Dans cette scène, Dom Juan passe à l'action.

I) La stratégie du séducteur

A. Les compliments sur le physique : Champs lexicaux du "beau", du "joli", du "mignon".

B. Les premiers gestes galants : il baise la main de Charlotte ce qui lui donne un sentiment d'importance (se prend pour une Grande Dame)

C. La déclaration d'amour : champs lexicaux de l'"amour", de la "beauté" : qui sont pauvres, très peu variés.

D. La demande en mariage : "mariage" est le mot magique. Champs lexicaux de la "bonne foi", de l'"honneur", de la "loyauté", de la "morale".

E. Un petit acompte : "un petit baiser". Comme sa séduction va plus vite que prévu, il en veut un petit acompte.

F. Son miroir permanent qui est son valet Sganarelle. Sans lui, son oeuvre n'aurait pas grand intérêt.

Transition : Dans cette pièce, Dom Juan veut éblouir Sganarelle. Il se fait le champion de la moralité.

II) Des révélations supplémentaires sur le caractère de Dom Juan

A. La comédie de l'amour.

Il joue et semble "aimer l'amour" ("amare amabam"). Les compliments qu'il fait sont caricaturaux, standards :

  • Enormités : ex : "les mains".
  • Comédie avec la demande en mariage et notamment la réponse de Sganarelle ("il vous épousera tant que vous voudrez...")

B. Le désir de puissance.

  • Dom juan a besoin de prendre une femme à quelqu'un, il veut un rival : Elvire (Dieu) - Charlotte (Pierrot). La séduction serait sinon trop facile.
  • Il doit se prouver quelque chose (il est mal dans sa peau) : il incarne le Mal.
  • Mais il a besoin de Sganarelle. Il veut un miroir pour témoigner des traces du mal qu'il fait.

C. La provocation à l'égard du Ciel.

  • Il bafoue les principes de la morale chrétienne : "un épouseur à toutes mains".
  • Il jure.
  • Il veut épouser la femme promise à celui qui lui a sauvé la vie : absence totale de reconnaissance envers Pierrot.

Dom Juan est bel et bien un épouseur à toutes mains. Ces révélations corroborent la description de l'acte I.

Conclusion : Après une noble, Dom Juan s'attaque à une paysanne : il n'a pas de limite. Il veut s'abaisser au niveau de Charlotte mais ceci ne marche pas si bien : elle refuse ses avances physiques, mais elle rejette ensuite Pierrot, grâce à l'argument fatal : "le mariage". A noter aussi le génie de Molière quand au langage des paysans.