Référence : Les Lignes correspondent au livre "Texte analyse littéraire et expression" de la classe de 1ère chez Nathan (nouveau programme).
Texte : Commentaire de "Pourquoi faire revivre celà" à "je suis en eux sans rien de plus, rien qui ne soir à eux, rien à moi".
L'auteur :
Elle donne 2 dates de naissance : 1900 et 1902, en Russie. Ses parents sont divorcés :
Son père est remarié, habite en France à Paris et sa mère habite en Russie. Elle écrit à l'âge de 80 ou 82 ans et raconte les premières années de sa vie. Réflexions sur le langage incluse dans toute l'autobiographie pour ne pas trahir son souvenir.
Introduction :
- Courts chapitres qui s'enchaînent par association d'idées et non chronologiques. Le chapître se place entre la rencontre rue Boissonade avec la future épouse de son père et l'arrivée à St Petersbourg chez sa mère. Ces chapitres ont comme point commun l'harmonie avec la nature.
Etude linéaire :
A : 1er paragraphe : refus de la narration.
B : 2e paragraphe et début du 3e (jusqu'à la l 13) : circonstances du surgissement de la sensation.
C : l 13 à l 27 : une expérience ressuscitée.
D : Conclusion : qui apporte une réponse à l'ouverture : " pourquoi revivre cela ? ", " parce que je suis dedans et qu'elles sont en moi. ".
A :
- Points de suspension, tâtonnements, hésitations ne sont surtout pas gommés.
- Deux tensions contradictoires : à la fois l'envie, la pulsion d'écrire et le doute.
- Pas de " je ", infinitifs : mode impersonnel, interrogatif ; refus d'une phrase assertive mais pas vraiment interrogative puisque pas de point d'interrogation. Beaucoup de négations, restrictions (" sans, ne que, pas ") : doute sur la réussite mais désir d'écrire : " capter, faire revivre, retenir ".
- Humour : comparaison dérisoire (l 3) : " mais enfant ", champ lexical du religieux, de l'irrationnel qui s'impose à elle.
B :
- Désir d'écrire par-dessus tout, début de narration.
- Début stéréotypé, banal : infinitifs remplacés par " je ", l'imparfait / le passé simple qui sont les temps traditionnels du récit.
- Scène traditionnelle :
- Luxembourg : lieu traditionnel de jeu pour la moyenne bourgeoisie au début du siècle.
- Personnages traditionnels : père, (belle) mère, l'enfant (elle)
- Gros livre relié : traditionnel
- Premiers " " montrent les 1ères hésitations mais sans importance.
- " Il me semble que " : prudence
- Elle utilise une grande paraphrase pour désigner la jeune femme présente, Elle montre ce que l'enfant a retenu de la jeune femme (celle-ci est le lien avec le passage d'avant.)
- L'enfant a sans doute moins de 5 ans puisqu'elle ne sait pas lire : l 10 " je venais d'en écouter un passage ".
- Focalisation interne, description
du jardin stéréotypée :
- Couleurs fades, niaises, conventionnelles (rose, bleu, vert) ; " bien sûr " : clin d'il au lecteur.
- Détails, couleurs, sonorités => aspect idyllique, paradisiaque de la scène.
Un Moment de bonheur.
C :
- " A ce moment-là " : transition brutale.
- Utilisation du démonstratif " c' " pour ne pas le nommer.
- Passage au passé composé : manière de ne pas couper le passé du présent, rapprochement du passé.
- Bribes de monologue fait de nombreuses interrogations qui tournent autour du problème du choix des mots. Elle expose de nombreux synonymes. Sincérité => elle cherche le mot exact pour ce qu'elle a ressenti. Elle refuse la banalité grandiose de " bonheur ", la majesté mystique d' " exaltation " ou de " félicité " qui ne peuvent convenir à une simple sensation : l 17-18.
- Le mot " joie " est modeste, elle le personnifie, lui donne un caractère mais il n'est pas complètement adapté, ce mot si petit ne peut contenir tout ce qu'elle a ressenti : l 21-22.
- Le mot " onde " lui convient et correspond au style de l'onde qui se propage au fil de la page, le souvenir est arrivé à la surface.
- Allitération en " s " : " s'épand, se perdre, se fondre " et en " m " : " m'emplit, me déborde "
D :
- Conclusion => Impossibilité de dire par des mots ordinaires le vécu mais en même temps, le langage est quand même ce qui s'en rapproche le plus pour le faire revivre.
Conclusion :
- Ce fragment livre l'exemple d'une écriture impressioniste, procède par touche et vise à capter un instant comme les peintres. Si la carence du vocabulaire habituel est proclamé, la communication est tout de même rendue possible grâce à une reconstitution problématique de la phrase, de la syntaxe.
- Sarraute = soupçon et tremblement.
" ce que je crains c'est que ça ne tremble pas " (N.
Sarraute).