Biographie de Robert Antelme

Biographie de Robert ANTELME
(1917-1990)

Résistant français, témoin de l’Holocauste.

Robert Antelme naquit à Sartène, dans le sud de la Corse, en 1917. En 1929, il s’installa à Bayonne, où il suivit des études secondaires et passa son baccalauréat. Il s’orienta ensuite vers des études de droit à Paris à partir de 1936. En faculté de droit, il rencontra Marguerite Duras, qu’il épousa en 1939 après avoir effectué son service militaire à Rouen.

Lorsque la seconde guerre mondiale éclata et que la France devint occupée, Robert Antelme entra dans la Résistance avec Marguerite Duras et Dionys Mascolo. En 1943, ils intégrèrent le réseau Mouvement National des Prisonniers de Guerre et Déportés (MNPGD) dirigé par François Mitterrand (sous le pseudonyme de Morland), lui-même évadé d’un camp de prisonniers de guerre. Un an après, en juin 1944, Antelme fut arrêté par la Gestapo.

Emprisonné d’abord à Fresnes, Antelme fut rapidement déporté à Buchenwald puis dans un camp de travail situé à Gandersheim. Son séjour en captivité fera l’objet de son livre « L’espèce humaine » (1947). Il y fait le récit de la hiérarchie complexe des relations humaines dans les camps, des routines aliénantes ou des conditions de vie brutales. Vers la fin de la guerre, alors que les forces alliées investirent l’Allemagne, Antelme et ses camarades prisonniers furent obligés de se déplacer à coups de marches forcées à travers tout le pays par les SS alors en fuite. Les plus faibles furent alors exécutés sommairement ou abandonnés et laissés mourant de faim et de fatigue.

Embarqués dans des wagons à marchandises par la suite, le groupe sera acheminé pendant treize jours jusqu’au camp de Dachau. Ce camp fut libéré finalement par les soldats américains, mais ceux-ci décidèrent de mettre le camp en quarantaine parce que certains des prisonniers souffraient du typhus. De nombreux déportés continuèrent alors à mourir bien que leurs geôliers allemands n’étaient plus présents. Secrétaire général des Réfugiés, des Prisonniers et des Déportés, François Mitterrand visitait les camps lorsqu’il fut reconnu par Antelme qui l’appela à son secours. Le camp étant en quarantaine, il fallut le faire évader pour qu’il puisse rentrer vivant à Paris.

« L’espèce humaine » est l’un des récits les plus précis et les plus complets qu’on ait jamais écrits sur l’emprisonnement dans les camps. L’ouvrage ne se limite toutefois pas à la seule narration factuelle. Comme Primo Levi, Robert Antelme s’appuie sur les faits pour réétudier la condition humaine. Malgré ses souffrances, Antelme demeure perspicace et lucide, et le livre donne une leçon profonde sur l’apport que l’observation minutieuse apporte à la compréhension de l’autre, fût-il un camarade prisonnier ou un geôlier nazi.

En 1946, il divorça de Marguerite Duras et devint membre du Parti Communiste. L’espoir qu’il portait sur l’idéologie communiste s’évanouit rapidement et en 1950, il fut déclaré dissident et en fut expulsé en même temps que Duras, Mascolo et Edgar Morin. A partir de 1951, il devint critique à la radio et à la télévision en même temps qu’il travailla chez Gallimard sur l’encyclopédie de la Pléiade dirigée par Raymond Queneau. Il s’engagea encore dans des actions politiques lorsqu’il fonda le comité d’action contre la guerre en Afrique du Nord en 1955 et collabora à la revue Le 14 Juillet de Mascolo et Jean Schuster afin de protester contre l’arrivée au pouvoir de De Gaulle en 1958. Il fut également parmi les signataires du manifeste qui revendiquait le droit à la désobéissance pendant la guerre d’Algérie et de ceux qui soutinrent les manifestants de mai 68. Il décéda en octobre 1990.

Commentaires composés sur les oeuvres de Robert Antelme
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