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Dissertation de Philosophie (corrigé) : Les œuvres d'art éduquent-elles notre perception ?

La perception est une disposition corporelle qui est naturelle à l’Homme. Dès les premières secondes de sa vie, les cinq sens dont il est doté lui permettent de percevoir la réalité. Il partage d’ailleurs cette faculté avec les animaux, la différence étant que l’Homme est capable de cultiver ses sens, donc sa perception. Mais à part ce processus qui nous fait interagir avec le milieu extérieur, la perception proprement dite concerne également l’assimilation des données, ainsi que la finesse de notre jugement sur le réel. C’est ainsi que l’art fait intervenir essentiellement la perception, que ce soit dans la création des œuvres ou dans le jugement esthétique. Les œuvres d’art éduquent-elles alors notre perception ? Cette question suppose qu’à force d’être en contact avec des œuvres d’art, notre manière de voir les choses devient en globalité très proche de notre appréhension de l’art. L’art a-t-il pour rôle de transformer notre manière de voir les choses ? Pour comprendre la manière dont les œuvres d’art peuvent potentiellement éduquer notre perception, nous allons d’abord démontrer que la perception en elle-même est éducable. Puis, nous allons nous intéresser sur les spécificités de la perception esthétique. Enfin, nous allons expliquer le rôle des œuvres d’art dans l’éducation de notre perception.

I. Les capacités de la perception peuvent être améliorées


Il existe deux manières d’appréhender la perception. Premièrement, la perception se fait au travers des cinq sens, à savoir : la vue, l’ouïe, l’odorat, le toucher, et le goût. L’homme en est normalement muni à la naissance, même si le degré de sensibilité des sens diffère parfois d’une personne à une autre. Selon Kant et Hegel, les cinq sens revêtent diverses potentialités. En effet, la vue et l’ouïe qui s’opèrent à distance endossent un rôle plus intellectuel que le toucher et le goût qui ne fonctionnent qu’en contact avec l’objet. Cependant, comme les sens ont la particularité de dépendre d’organes physiques, il est possible de les éduquer. Par exemple, en redoublant d’efforts et en enchainant les exercices, il devient possible d’entrainer la main à lire le braille. De même, à force de répétitions, il devient possible de repérer et distinguer les saveurs d’aliments particuliers parmi tant d’autres. En ce sens, la perception est plastique, donc éducable.

La perception se différencie toutefois de la sensation qui est purement physique. En effet, l’Homme se sert de ses facultés cognitives pour réaliser une abstraction et donner une signification à ce que ses sens perçoivent physiquement. « La perception des différentes sortes d’éléments et des différentes sortes de rapports correspond à différents modes d’organisations d’un tout, qui dépendent à la fois de conditions objectives et subjectives », disait le psychologue Paul Guillaume. A partir des données perçues par ses cinq sens, il construit une structure visant à donner du sens à ce réel. A ce titre, la perception n’est pas neutre, elle est particulière. De nombreux facteurs contribuent à façonner la manière dont « nous voyons les choses », c’est-à-dire dont nous percevons le réel. Il s’agit du milieu dans lequel nous évoluons : nos traditions et notre éducation jouent un rôle majeur dans notre mode de pensée, et donc dans notre perception. Par exemple, en entendant le mot « voiture », nous comprenons un véhicule à quatre roues. Mais la perception individuelle influe sur quel type de voiture nous imaginons immédiatement (un camion ? une voiture de plaisir ? …). D’ailleurs, selon Gombrich, notre perception est modelée par nos expériences. Elle change et évolue avec la quantité et la qualité d’informations que nous recevons.

La perception n’intervient pas uniquement dans le domaine de l’art, mais dans notre quotidien même. Mais dans l’art en particulier, l’esthétique exige-t-elle un plus de la part de la perception ?

II. Les spécificités de la perception esthétique


Selon l’Esthétique d’ Hegel, les œuvres d’art appartiennent au domaine du sensible spiritualisé. L’artiste part du concept ou d’une émotion, c’est-à-dire du domaine intellectuel, et en donne une forme physique, c’est-à-dire du domaine des sens. « Cette apparence, propre à l’art, peut, avons-nous dit, être considérée comme trompeuse, en comparaison du monde extérieur, tel que nous le voyons de notre point de vue utilitaire, ou en comparaison de notre monde sensible et interne ». La personne qui contemple l’œuvre d’art est alors obligée de faire appel à la fois à sa raison (capacité de réflexion et spiritualité) et à ses sens pour apprécier une œuvre d’art. Par exemple, devant un tableau représentant une rivière, les sens permettent à l’homme de comprendre qu’il s’agit de l’image d’une rivière. Cependant, seules son intelligence émotionnelle, combinée à sa faculté d’analyse, lui permettent de distinguer le sens profond que l’artiste a voulu donner à son œuvre.

Selon Kant, dans la Critique de la faculté de juger, l’Homme entretient une relation particulière avec les œuvres d’art, vecteurs de l’esthétique. Ces rapports se traduisent en rapport de distanciation : il apprécie les œuvres d’art à cause de (et malgré) leur inutilité. D’après les termes qu’il utilise, « le jugement du goût est un jugement esthétique, c’est-à-dire un jugement qui repose sur des fondements subjectifs et dont le motif déterminant ne peut être un concept, ni par suie le concept d’une fin déterminé ». En effet, les œuvres d’art ne possèdent aucune fonction pratique qui permette de le juger et de lui attribuer de la valeur. C’est d’ailleurs l’absence d’impact qu’elle pose dans la vie quotidienne de l’Homme qui augmente sa valeur à ses yeux. En outre, nous entretenons une relation de contemplation avec le tableau de la Joconde. Nous ne sommes pas subordonnés à une relation utilitaire.

La perception esthétique dépend fortement de la spiritualité de l’homme, c’est-à-dire de sa faculté de raisonnement. Si la raison est plastique, éducable, peut-on supposer que l’œuvre d’art éduque notre perception ?

III. Les œuvres d’art modifient notre perception de la réalité


Pour en revenir à l’hypothèse de Gombrich, « il n’y a pas de regard innocent » : la culture définit notre mode de perception. Dans cette optique, à travers les œuvres d’art, les artistes nous invitent à voir au-delà du tangible. Cet exercice répété transforme notre manière de penser et de réfléchir. Il nous enjoint à aiguiser nos facultés d’abstraction en vue de déduire la signification véritable du réel, ici représenté par l’œuvre d’art.

Bergson avance également que la beauté de l’œuvre d’art, dans son sens le plus large, repose dans le fait qu’elle modifie notre perception du réel et nous pousse à avoir une plus grande ouverture d’esprit. Nous apprenons à accepter des vérités qui sortent de nos champs de compréhension habituelle. L’humour consiste d’ailleurs à dire les vérités difficiles à dire, de manière à les faire accepter plus facilement par le public. Il devient une arme et un atout pour l’éducation. Valery le rejoint d’ailleurs en disant que : « Une œuvre devrait toujours nous apprendre que nous n’avions pas vu ce que nous voyions »

Une exposition prolongée et répétée aux œuvres d’art permet de modifier notre perception. Non seulement dans le domaine propre à l’art, mais aussi dans le monde environnant où nous vivons habituellement. En effet, plus nous contemplons une œuvre d’art, plus nous lui découvrons des mérites et des sens qui nous ont jusque-là échappées. Après tout, la perception revêt deux dimensions : une physique et une spirituelle. Les deux étant plastiques : modifiables et éducables, multiplier ses interactions avec les œuvres d’art permet d’améliorer, donc d’éduquer sa perception. Dans le temps, l’art fait découvrir de nouveaux courants qui contribuent également à l’évolution de notre jugement esthétique. Le Beau peut-il changer de forme indéfiniment ?
 






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