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Dissertation de Philosophie (corrigé) : Que pouvons-nous savoir d’autrui ?

Selon son étymologie du latin « alter » qui signifie « étranger », autrui se présente à moi de façon telle que les signes de son être ne me sont pas familiers. Or, selon l’intuition de l’immédiateté, je peux déjà désigner autrui comme ce qui est le plus naturellement identifiable à moi. Le concept d’autrui dépasse largement la simple appréhension par l’identité et la différence, car la difficulté vient que je puisse saisir autrui dans la sphère globale de l’humanité, donc par l’identité à moi, sauf que cette généralité n’implique en rien une réduction de la différence entre moi et autrui. Face à ce dilemme, que pouvons-nous alors savoir d’autrui ? La science s’accorde à dire que les hommes ont des traits caractéristiques qui appartiennent à une espèce, mais la nature biologique dit-il vraiment ce qui fait que « je », comme l’ensemble de tout mon vécu intérieur ressemble à celui que l’ « autre » sent en lui ? Est-ce vérifiable expérimentalement ? En d’autres termes, nous dirons : la connaissance d’autrui est-elle garantie scientifiquement ? Afin de fournir une réponse claire à ce questionnement, nous entamerons un plan à deux volets. D’une part, il faut comprendre que l’appréhension scientifique d’autrui est très limitée et dissimule l’essence véritable de son être. Et d’autre part, nous disposons d’une brèche pour faire valoir l’intersubjectivité, aussi abstraite que soit la nature de cette notion.

I. La science ne connait pas autrui


A. L’intériorité d’autrui n’est pas un fait scientifique


Tout d’abord, autrui se manifeste par sa conscience, c’est-à-dire qu’il a une conscience qui me considère comme un autre que lui. Mais il sait également que cette disposition est réciproque, car il sait que je le considère aussi comme tel de par ma conscience. Projetés sur le plan scientifique, les principes de la conscience s’analysent à travers la psychanalyse, avec comme corollaire l’hypothèse sur l’intervention de l’inconscient dans ses manifestations conscientes. Que puis-je alors savoir d’autrui en scrutant sa conscience, ou son inconscient ? L’observation des comportements peut certes conduire à l’élaboration d’une théorie en psychologie, et inversement, ces théories serviront de guide pour interpréter les comportements humains dans sa généralité. Cependant, autrui fonctionne-t-il selon des lois invariables ? Les neurosciences qui procèdent à l’imagerie de ses connexions neuronales peuvent-elles voir le processus de son intention quand celui-ci décide d’orienter son action selon sa volonté et non selon ses instincts ? En conséquence, les faits et gestes d’autrui présentent trop d’exception pour qu’ils puissent être soumis à des lois. C’est pourquoi l’intériorité d’autrui m’échappe. « Il est certain que la signification « autrui » ne peut venir de l’expérience, ni d’un raisonnement par analogie opéré à l’occasion de l’expérience : mais bien au contraire, c’est à la lueur du concept d’autrui que l’expérience s’interprète », disait Jean-Paul Sartre dans L’être et le Néant.

B. La science saisit uniquement les généralités sur le corps d’autrui


Cependant, autrui n’est pas un être abstrait, son être se dévoile par un phénomène observable de par sa corporéité. Certes, une approche vers autrui par la matérialité est tout à fait légitime, du fait qu’autrui n’est pas une pure conscience. Je le reconnais à travers son corps, je dois l’apercevoir avant à travers ce qui se donne à mes sens en tant que corps et matière. Or, ce que la biologie et la médecine expérimentent à travers leurs instruments et outils, ce sont les caractères généraux qu’autrui possède au même titre que les autres êtres semblables à lui. Et à la limite que ce qui se décrit par les théories, il existe des différences fondamentales qui suscitent l’étonnement et l’émerveillement. Les transmissions génétiques, les capacités immunitaires, les réflexes dans le système nerveux, la croissance et la régénération des tissus… autant de développements qui donnent des formes tout à fait variées qui constituent un patrimoine pour chaque individu. Les faits pathologiques et les critères de la santé ne tiennent donc qu’à des conventions. Par contre, on ne peut savoir comment et pourquoi il y a autant de formes possibles de corps pour chaque être humain. Merleau-Ponty, dans la Phénoménologie de la perception, synthétise la réflexion sur le corps comme suit : « Système de puissances motrices ou de puissances perceptives, notre corps n’est pas objet pour un « je pense » : c’est un ensemble de significations vécues qui va vers son équilibre ».

Les données fournies par les sciences biologiques et psychologiques ne répondent pas à ce qu’exige la dénomination « autrui ». Mais en se posant la question « qui est autrui ? », je sais déjà à qui j’ai affaire, sinon je n’aurai pas employé un terme qui n’a pas de sens à mes yeux.

II. L’intersubjectivité m’ouvre à la connaissance d’autrui


A. L’amour est précédé par une connaissance


Parler d’intersubjectivité est très métaphysique, or c’est le terme le plus adéquat pour exprimer le fait selon lequel autrui est proche de moi, et que je ne suis pas indifférent à cette proximité. Non pas une proximité géographique, mais plutôt par la saisie intuitive de ma conscience. Par conséquent, ce que je connais chez autrui, c’est sa conscience. D’ailleurs, c’est le sens véritable de l’intersubjectivité : deux consciences qui se reconnaissent. Les signes extérieurs en sont nombreux, peut-être sont-ils trompeurs, mais mon intériorité qui tend vers celui d’autrui en sera le juge final. Je ne connais pas à travers les signes qu’autrui me renvoie, en tout cas il peut changer ces signes selon sa volonté. En guise d’illustration, à quel stade puis-je affirmer que je connais suffisamment quelqu’un pour l’aimer, sans me tromper sur mes sentiments ? Sans nul doute, j’ai déjà aperçu et retenu quelque chose de lui pour affirmer ce que je ressens. Et ces choses infimes, je les transmets déjà à ma conscience, comme une connaissance d’autrui par intuition. Dans ses Principes de la philosophie du droit, Hegel donne la description suivante : « L’amour signifie d’une façon générale la conscience de mon unité avec un autre ; si bien que je ne suis pas isolé pour moi, mais que je conquiers ma conscience seulement en tant que renoncement à mon être pour soi et en tant que savoir de mon unité avec un autre et de l’autre avec moi ».

B. Ma connaissance sur autrui ne s’améliore pas


Ce que nous pouvons savoir sur autrui, c’est un cumul de données sensibles, qui n’ont pas de sens en soi, à part un enchaînement de descriptions. Mais cela n’a pas de consistance et ne peut être appelé connaissance. Leibniz a raison de dire que « chaque âme connait l’infini, connait tout, mais confusément ». En vérité, la connaissance que je dispose sur autrui est intuitive. Par l’intuition, je saisis ce qui se donne immédiatement à ma conscience, à travers des signes qui apparaissent. Avec l’arrivée d’autres signes, ma connaissance n’est pas ébranlée dans le temps. En effet, ce n’est pas par l’expérience que j’ai pu confirmer la vérité du savoir que j’ai sur cet alter ego. Au contraire, j’assimile ce que ma conscience me dicte, sans douter s’il y aurait une erreur. Donc, je ne peux pas connaitre davantage sur autrui, non pas parce que ce dernier aurait voulu me feindre, mais plutôt parce qu’autrui ne peut se présenter à moi d’une autre façon. Sa présence est une évidence, et je sais que toute procédure de sa part pour avoir une autre apparence est, soit un simple embellissement, soit un dévoilement de sa substance. Dans les deux cas, la situation revient au même.

Le concept d’altérité relève essentiellement de la métaphysique, c’est pourquoi il est d’autant plus délicat de parler de connaissance vis-à-vis d’une notion aussi abstraite. Après avoir analysé toutes les facettes par lesquelles autrui se dévoile à ma conscience, je découvre que les soumissions aux descriptions et explications scientifiques du corps et de la psyché ne résolvent pas mon étonnement sur sa singularité de l’être d’autrui. Cet autre qui est devant moi ne me ressemble pas, ni à un tiers que je considère également comme autrui. Toutefois, je peux le connaitre d’une certaine manière à travers ce qu’offre ma conscience. Or, cette connaissance n’est pas conditionnée par l’évolution des phénomènes, elle n’est non plus d’ordre pragmatique. Je connais autrui par une ouverture, dans l’immédiateté. Ce que les sens et la science me proposent, je les soumets à une interprétation. A proprement parler, je ne sais rien d’autrui, alors qu’il n’est pas un vide, au contraire c’est l’infini en lui qui m’empêche de tout savoir. Une connaissance partielle et conditionnée est propre à la science et l’expérience, elle n’a pas sa place dans la connaissance sur autrui au risque de le réduire en un simple objet.
 






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