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Dissertation de Philosophie (corrigé) : Respecter autrui, est-ce s'abstenir de le juger ?

Selon les propos qui stipulent que l’Homme est un être social, celui-ci est constamment amené à interagir avec autrui. Dans cette perspective, le respect représente un critère fondamental pour permettre une cohabitation harmonieuse. Par définition, le « respect » renvoie tout aussi bien aux considérations que nous avons envers autrui, qu’à la manifestation des égards que nous lui portons. Nous respectons l’autre pour deux raisons : d’une part, l’Homme voit sa propre image dans l’autre. Autrement dit, il lui ressemble, il est son égal. D’autre part, l’autre possède ses particularités qui le différencient de soi, bien que tout Homme soit doué de raison et de moralité. Par contre, l’action de « juger » implique la création d’une norme qui régit la valeur que nous attribuons à une personne. Juger autrui, c’est donc se placer dans une position supérieure de manière à lui donner une échelle de valeurs. Comment se placer vis-à-vis d’autrui pour qu’un bien-vivre ensemble soit possible ? Afin de donner des pistes de réflexion sur cette problématique, nous verrons dans un premier temps que le respect relève d’une exigence morale. Ensuite, nous développerons la possibilité d’une reconnaissance mutuelle. Enfin, nous expliquerons les relations intrinsèques entre éthique et respect.

I. Respecter autrui est une exigence morale.


Kant formule les préceptes qui régissent le respect d’autrui sous la forme d’« impératifs catégoriques » (Fondements de la métaphysique des mœurs, Deuxième section). Il nous enjoint à considérer autrui comme un second nous-même, c’est-à-dire un être doué de conscience et de raison, pourvu de droits et de devoirs. Respecter autrui implique la compréhension de son être. Le comprendre signifie se mettre à sa place. Dans cette optique, Kant stipule qu’il faut agir «de telle façon que tu traites l’humanité, aussi bien dans ta personne que dans celle d’autrui, toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen ». Selon ce principe, une certaine valeur qui ne peut se rattacher à un prix est attribuée à l’Homme dès sa naissance. En effet, il se distingue automatiquement des objets (tout consommable). Autrement dit, il en possède aucune valeur marchande : il ne peut pas être placé dans le commerce pour être vendu et/ou acheté. Comme preuve, actuellement, l’esclavage a été aboli. De plus, selon la loi française de 2004, la cession d’organes d’un donneur consentant en échange d’une contrepartie monétaire est interdite. Ainsi, la morale engage l’Homme à adhérer à une éthique qui le pousse à agir dans le respect d’autrui. Selon une approche plus métaphysique, Hegel disait dans Propédeutique philosophique qu’ « une conscience de soi est pour une autre conscience de soi n’est pas seulement pour elle comme pur objet, mais comme son autre soi ». L’Homme, doué de raison et de conscience, analyse la situation et répond en conséquence. Les préceptes de Kant nous invitent à nous demander comment nous voudrions que l’autre agisse si la situation était inversée, puis d’appliquer les résultats de nos réflexions. Par exemple, si nous ne souhaitons pas que les autres nous mentent, nous ne devrions pas leur mentir.
En bref, la morale nous entraine à considérer autrui comme un égal, un alter-égo à respecter. Cependant, toute personne mérite-t-elle le respect ?

II. Le respect devrait-il être toujours mutuel ?


Lorsque nous respectons autrui, nous attendons automatiquement de l’autre qu’il nous respecte en retour. Cependant, tel n’est pas nécessairement le cas. Si nous prenons l’exemple des violeurs et/ou des meurtriers, nous constatons que les actes cruels émanant de ces individus proviennent d’un jugement sur autrui, en considérant ce dernier comme indigne d’être respecté de par sa différence. « Beaucoup de penseurs, qui n’ont certainement pas pu subir l’influence de la psychanalyse se sont plaints de la facilité avec laquelle nous sommes disposés, ne tenant compte de la prohibition du meurtre, à écarter, à supprimer mentalement tout ce qui se trouve sur notre chemin », constate Freud dans Au-delà du principe du plaisir. Or, la notion de réciprocité que sous-entend le respect nous amène à reproduire les comportements que les autres ont envers nous. Pour illustrer ces propos, nous avons tendance à condamner les assassins à la peine de mort, selon la loi du Talion « œil pour œil, dent pour dent ». Cependant, en tant qu’Homme, il est de notre devoir de transcender ce principe de mutualité pour replacer la valeur de l’homme. C’est d’ailleurs dans cette optique que la peine de mort est sans cesse discutée. (Elle a été abolie en 1981, en France). Pour complémenter cette décision, des systèmes et lois sont mis en place pour protéger les victimes des éventuels bourreaux (criminels).

Même si le respect sous-entend une réciprocité, il est nécessaire de ne pas tomber dans le piège de la loi du Talion. L’Homme, apte à raisonner devrait être en mesure de discerner le bien du mal, et donc d’apprécier la valeur de l’existence humaine. Cependant, il ne faut pas oublier que vivre en société amène à se confronter à l’autre. D’ailleurs, l’objet de son désir émerge souvent à cause d’une comparaison que l’on fait avec l’autre. Et pourtant, « se trouve autant de différence de nous à nous-mêmes que de nous à autrui », affirme Montaigne dans ses Essais. De plus, afin de s’affirmer soi-même, nous avons tendance à nier l’autre qui n’est pas nous. La confrontation se transforme en affrontement (même si ici, elle n’est pas physique). Toute bataille résulte sur un vainqueur et un vaincu. Or, le respect repose sur un principe d’égalité. En ce sens, le respect mutuel est-il possible dans notre société hiérarchisée ?

III. L’éthique : condition inhérente au respect.


Selon Lévinas, l’éthique régit la relation avec autrui. Ce philosophe s’oppose directement à la réciprocité du respect. Il considère que le « moi » existe du moment où « je » agit pour le bénéfice de l’autre sans qu’il ne soit obligé à en faire de même à mon égard. Autrement dit, « mon » action envers l’autre me définit. Si Lévinas place l’autre en priorité et Descartes prône le « moi exalté», Ricoeur cherche à trouver un juste milieu entre les deux extrêmes. Il entreprend de convaincre l’Homme à jongler entre « identité » (la reconnaissance de ce qui est pareil à « soi ») et « altérité » (l’acceptation de ce qui est différent de « soi »).
Bien que le respect soit de l’ordre du devoir moral, c’est l’éthique individuelle qui joue un rôle majeur dans l’application ou non des préceptes de respect. Respecter l’autre implique considérer la situation de la perspective d’autrui. « Vivre pour autrui devient donc, chez chacun de nous, le devoir continu qui résulte rigoureusement de ce fait irrécusable : vivre par autrui », confirme Auguste Comte dans Catéchisme positiviste. Toutefois, se considérer « soi-même » comme « un autre » demeure une tâche ardue : l’altérité renforce notre identité. Elle laisse place à différentes formes de discrimination, parfois inconsciente, en vue de nous conforter notre appartenance identitaire et sociale. En somme, le respect transcende le jugement. Il est le fruit de l’éducation qui conditionne son rapport avec l’autre.

Le respect et le jugement sont intrinsèquement liés lorsque nous avons affaire à autrui, c’est-à-dire un être que je reconnais comme mon égal, mais qui est tout à fait différent de moi. Puisque je ne peux pas me passer d’autrui, donc de cohabiter avec lui, seul le respect pourrait réguler ce vivre-ensemble. Le respect consistant à traiter autrui d’égal à égal à moi, je le laisse donc s’exprimer selon sa nature et conformément à ses idées. Pourtant, j’ai conscience de la différence concrète entre moi et autrui, ainsi je ne peux m’empêcher d’exercer un esprit critique pour évaluer ce qu’il vaut par rapport à moi. Le jugement vient du fait que je constate la différence, et que je ne peux par réduire ni anéantir celui-ci. Par là survient toute forme de violence selon différents degrés. Pour ne pas arriver à ce stade critique, l’éthique, relevant de la conscience individuelle, prévaut comme balise afin de faire coexister le respect et le jugement. Le jugement est-il toujours synonyme de violence ?
 






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