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Dissertation de Philosophie (corrigé) : Pour aimer autrui faut-il le connaître ?

L’Homme représente l’être social par excellence. Son existence elle-même est indissociable de celle de la société, et par extension, de celle d’autrui. L’Homme profite de ses multiples interactions avec autrui pour se construire et se définir. Ce besoin et ce dialogue amènent à se demander sur l’identité d’autrui, ainsi que la nature des relations que nous entretenons avec lui. Pour aimer autrui, faut-il le connaitre ? En d’autres termes, nous devons être capables de nous représenter clairement ses goûts, opinions et conviction ; en plus de comprendre ses réactions et comportement, avant de pouvoir de développer une sympathie à son égard. La problématique suppose alors qu’il est possible de connaître parfaitement autrui. Cependant, est-il possible de percevoir objectivement son semblable sans préalablement posséder une réelle connaissance de soi ? Pour résoudre ce problème, nous commencerons notre analyse avec les entraves qui me font éloigner d’autrui ; par la suite, il faudrait aborder comment j’ai pu reconnaitre autrui à travers moi-même ; et pour finir, nous parlerons de la possibilité de l’amour pour autrui dans le cadre de la morale.

I. « Autrui » reste un étranger impossible à appréhender


Qui est « autrui » ? Autrui désigne un « Homme », à comprendre dans le sens de « sujet moral doté de conscience ». Ce terme désigne un autre soi, un être semblable à moi mais qui n’est pas soi. C’est qu’on appelle alter égo. Toutefois, il faut savoir qu’il est impossible de connaitre entièrement autrui. En effet, je ne sais de lui que ce qu’il veut me montrer. La raison en est qu’il m’est impossible d’accéder directement à sa conscience. Les connaissances que j’ai d’autrui ne sont donc que partielles et externes. C’est dans cette logique que Blaise Pascal avance qu’en général, l’Homme est incapable d’aimer autrui dans son intégralité ; il en apprécie les qualités qu’il perçoit en lui. « La vie humaine est une n’est qu’une illusion perpétuelle ; on ne fait que s’entre-tromper et s’entre-flatter. Personne ne parle de nous en notre présence comme il parle en notre absence », dit-il dans ses Pensées. La majorité des attributs qui inspirent ce sentiment se situent d’ailleurs dans l’ordre des qualités physiques.

Il serait cependant une erreur de penser que la conscience qu’autrui est un domaine qui m’est formellement étranger. Ses gestes, mimiques, habitudes laissent transparaitre une partie de ses pensées profondes. Par exemple, observer ses larmes, sourires, haussements d’épaules, … dans différentes situations permet d’ériger un paterne de son comportement. Ce sont des signes de l’intériorité d’autrui que j’aperçois par analogie à mes propres expériences. Comprendre ses émotions relève ainsi du domaine du probable, mais cette démarche n’est pas pour autant une véritable science. Par conséquent, « cette conscience qui se cacherait dans un morceau de chair saignante est la plus absurde des qualités occultes, et ma conscience, étant coextensive à ce qui peut être pour moi corrélatif du système entier de l’expérience, ne peut y rencontrer une autre conscience », disait Merleau-Ponty dans Phénoménologie de la perception.
« Autrui » représente donc un être doté de conscience qui me ressemble ; mais qui est à la fois différent de moi. Quelle relation puis-je entretenir avec lui, sachant que je puisse concevoir son existence ici et maintenant devant moi ?

II. Une relation subjective me lie à autrui


D’un côté, le dialogue avec autrui est vital pour la construction de soi. En effet, l’Homme est un être social qui ne peut se suffire dans un état solipsiste. Aristote souligne d’ailleurs le besoin de se lier à autrui dans chaque domaine de sa vie, dans son ouvrage intitulé La politique. Il dit : « Quiconque est incapable de vivre dans la société des hommes ou n’en éprouve nullement le besoin est une bête ou un Dieu ». Son développement émotionnel ou cognitif, dépend de ses interactions répétées avec les membres de sa cellule familiale, puis de ses différents cercles sociaux. Comme illustration, l’Homme est obligé de passer par l’éducation avant de comprendre les règles de la société, ou encore avant de pouvoir acquérir et développer son savoir. L’amour que je ressens pour autrui, ne serait-ce que ma préoccupation pour sa présence, nait de cette proximité et de la reconnaissance du vivre ensemble. Bien que je ne puisse connaitre autrui dans les moindres recoins de son passé, il est toujours possible, voire même souhaitable, d’éprouver de la sympathie.

En tout cas, je pourrais faire l’effort de connaitre autrui à travers une autre méthode : ce qu’il projette comme reflet de moi-même. En effet, selon J.P. Sartre, autrui remplit le rôle de miroir pour la conscience. En effet, le regard d’autrui permet de prendre conscience et connaissance de soi. En se frottant à autrui, j’ai pu me connaitre moi-même, mais il s’agit également d’un moyen pour l’aimer ou le répulser. C’est au travers du regard d’autrui qu’il est possible de trouver une image objective de soi (ses qualités et ses défauts). « Car la conscience n’a pas de « dedans » ; elle n’est rien que le dehors d’elle-même et c’est cette fuite absolue, ce refus d’être substance qui la constituent comme une conscience », dit-il dans Situations. Autrement dit, ce n’est qu’en confrontant l’image que les autres ont de soi avec celle que je possède de moi-même que je suis en mesure de me comprendre et de me construire. Ainsi, la rencontre avec plusieurs subjectivités, c’est-à-dire plusieurs visions du monde, permet d’accéder à une objectivité. Je peux alors comprendre le point de vue d’autrui même s’il diffère du mien.

Le dialogue avec autrui est essentiel à la construction identitaire. En tout cas, je peux aimer autrui, ou ne pas l’aimer, sans que je le connaisse véritablement. Cependant, aimer autrui entre-t-il dans le domaine du devoir moral ?

III. L’amour est un acte indépendant de la connaissance


Si je considère ma relation nécessaire avec autrui, qui commence tout d’abord par une tentative de le connaitre, je serai par conséquent amené à l’aimer ou à le rejeter. Mais en supposant que la relation qui me lie avec autrui se fonde sur la morale, cela dénature l’amour, puisque l’amour est un sentiment qui ne relève point d’un devoir, et ce, quel que soit l’individu en question. « Nul ne choisit d’aimer, ni qui il aimera ; la nature fait le choix. Mais il n’y a point d’amour au monde qui grandisse sans fidélité ; il n’y a point d’amour qui ne périsse par l’idée funeste que le choix n’était point le meilleur », disait Alain dans Les Idées et les Ages. Certes, j’ai des devoirs envers autrui, et le devoir ne considère aucunement l’amour, il cherche tout simplement l’accomplissement. L’amour peut s’aiguiser à travers l’accomplissement du devoir. Ainsi, l’amour ne conditionne pas le devoir, mais rajoute une touche d’humanité dans nos rapports avec autrui. Aimer autrui signifie éprouver simultanément deux émotions : l’empathie et la sympathie. L’empathie me permet de me mettre à la place de l’autre en vue de ressentir sa souffrance, tandis que la sympathie me conduit à partager sa souffrance. Par conséquent, la connaissance est le précurseur de l’amour pour autrui, mais sachant que cette connaissance est incomplète, d’autres conditions interviennent pour combler ma relation avec autrui.

Conclusion


Réfléchir sur l’existence d’autrui permet d’opérer une distinction entre « identité » (ce qui appartient au domaine de « soi ») et « altérité » (ce qui appartient au domaine de l’autre). La relation qui me lie à lui est à la fois symbiotique et conflictuelle. En effet, la différence qui existe entre moi et cet autre m’aide dans ma construction identitaire ; cependant, cet écart ou cette altérité m’empêche de le comprendre entièrement. Bien que je ne puisse prétendre à une connaissance complète sur autrui, cela ne m’empêche pas de l’aimer, non pas par devoir, mais tout d’abord par la sympathie. Puis-qu’autrui est mon alter ego, une entité dotée de conscience, il a droit au même respect que j’attends de sa part. Dans un rapport d’égalité entre deux consciences, autrui a-t-il le droit de me juger ?
 






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