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Dissertation de Philosophie (corrigé) : Peut-on se voir soi-même ?

L’homme possède sa propre conception de lui-même, ne serait-ce qu’en se regardant dans le miroir. Par contre, les représentations sociales et les modèles qu’on lui exige de se conformer sont des repères qui sont loin d’être acquis. Tiraillé entre l’estime de soi et la désorientation, l’individu peut sombrer dans un déséquilibre psychologique. Peut-on se voir soi-même ? Cette question semble légitime pour les fois où autrui projette des images qui ne me plaisent pas forcément, ou qui faussent mon identité. Des fois, il arrive également que j’effectue des actes que ma pensée ne reconnaît pas. Or, dans de tels moments de faiblesse, se référer à autrui pour expliquer mon intériorité engendre une remise en question de ce que je suis et de mes jugements sur moi-même. Serait-il légitime de se référer à autrui pour se connaître ? Pour décortiquer le fond de cette problématique, nous allons voir en premier lieu qu’autrui conditionne nécessairement notre intériorité. En second lieu, nous continuerons notre analyse en mentionnant que le moi est capable de faire le tri entre ce qui vient de ma conscience et ce qui ne l’est pas.

I. Ce que je perçois ne vient pas de moi


A. Autrui reflète une image maquillée de moi-même


Socialement, le conformisme est un phénomène qui affecte chacun selon degrés différents. Notre milieu social nous conditionne et impose indirectement certains gestes et comportements jugés dignes des circonstances. Au lieu de désigner la société, c’est autrui, l’individu près de moi, qui exerce immédiatement ce jugement. Une prestance, un style d’expression verbale, corporelle, vestimentaire, voilà en quoi mon image, et dans une large mesure ce que je suis pour autrui, devrait se présenter. Puis-je échapper à ce champ culturel ? Je réponds par la négative. Je ne peux pas être moi-même sans l’approbation d’autrui, que je sois consciente ou pas de ma situation. Des fois, je sais que la pression sociale pèse lourdement sur moi, or si je me retire de ce cercle, quelle identité pourrais-je me revêtir ? « Nous ne nous contentons pas de la vie que nous avons en nous et en notre propre être : nous voulons vivre dans l’idée des autres d’une vie imaginaire, et nous nous efforçons pour cela de paraître », disait Pascal dans ses Pensées. Et quand je suis plongé dans ce « jeu de rôle », et que je ne reconnais plus la frontière entre ce qui est véritablement moi et ce qui m’est imposé indirectement, c’est toujours autrui qui désigne ce que je suis. Dans ce moment d’inconscience, je ne me vois pas par moi-même, mais autrui me voit tel que je me présente à lui.

B. Les réalités dans mon inconscient m’échappent


En effet, Il y a des situations où une personne émet des gestes ou des paroles contradictoires, ce que la psychanalyse désigne par le nom de lapsus. C’est une sorte de détachement entre notre pensée et nos actes en l’espace d’un instant. Le lapsus s’explique notamment par le surgissement d’une pensée refoulée, mais qui a pu s’échapper des barrières de la conscience. Par ailleurs, nous éprouvons un sentiment de répugnance envers notre être lorsque certains de nos désirs vicieux et nos fantasmes étranges mettent à nu notre véritable «soi-même ». Si l’inconscient a pour rôle de refouler au fond de notre psyché tous les interdits sociaux, cela signifie que ces interdits existent bel et bien en nous, d’où le dilemme dans la connaissance de notre intériorité. Jules Lagneau disait d’ailleurs : « Le seul inconscient qui existe, c’est ce qui a été agrégé automatiquement, sans pensée au sens strict, par suite sans conscience et, n’ayant pas été d’abord dans la conscience, n’est pas susceptible d’y entrer ». Il est donc difficile pour moi de découvrir ce qui relève de ma personnalité, à travers tout ce que je laisse présenter à ma conscience, et ce qui me hante silencieusement dans l’inconscient, sans que je puisse anéantir complètement les choses que j’ai refoulées.

On a pu remarquer que le « soi-même » n’est pas une identité évidente, car il est voilé par les représentations d’autrui et ma complicité avec les processus de mon inconscient. Comment puis-je alors désigner le « je », si ce n’est que par ma propre conscience ?

II. La connaissance du moi est une évidence


A. Le moi est une unité distincte d’autrui


Si je n’étais que la représentation d’autrui, puis-je parler de « me voir » si je me regarde à travers l’idée d’un être qui ne porte pas ma conscience ? Et même en ce qui concerne la conscience, rien ne garantit objectivement la ressemblance entre la nature de ma conscience et celle d’autrui. Ainsi, il est tout à fait légitime de penser que je dispose entièrement de ma conscience, sans besoin de se référer à autrui. Et même pendant les moments où je suis inconscient, par exemple lors de mon sommeil comme le mentionne Alain dans ses Manuscrits inédits, cela n’enlève en rien à ce que je suis et à mon existence. Mais quand je me réveille, prenant conscience de lui-même et du monde, il opère une séparation entre le sujet et l’objet. Alain cite: « La conscience suppose réflexion et division. La conscience n’est pas immédiate. Je pense et puis je pense que je pense, par quoi je distingue Sujet et Objet, Moi et le monde, Moi et ma sensation, Moi et mon sentiment, Moi et mon idée ». Le sujet ici n’est plus parmi le monde, mais il est un rapport au monde. Il s’ensuit que celui qui est présent à ma conscience, c’est moi et autrui séparément. Lorsque autrui me désigne, il m’appelle tu, donc il n’a pas affaire au je dont je fais l’expérience en moi-même. A tout moment, mon être et ma conscience de soi ne sont point altérés par l’existence ou la présence d’autrui. La conscience qu’autrui interpose sur moi ne peut jamais remplacer ma conscience de soi.

B. Mon existence est une expérience transcendantale


Si la conscience est une notion à la fois irréfutable et contingente, nous pouvons nous référer à une autre notion, à savoir l’existence, pour mieux nous percevoir nous-mêmes. Certes, nous avons conscience de notre existence, mais mieux encore, mon existence se perçoit à travers mon corps. Aucune tierce personne ne peut prouver à ma place que j’ai un corps, parce que c’est à travers ce corps que je peux me percevoir moi-même. Quelle démonstration scientifique pourrait rendre compte de l’existence à travers le corps ? Le corps peut se détacher du cadre strict de la rationalité scientifique. En effet, le corps enveloppe le monde par sa présence, aussi bien qu’il est un élément singulier contenu dans le monde. Comme le disait Merleau-Ponty dans Sens et non-sens : « L’existence au sens moderne, c’est le mouvement par lequel l’homme est au monde, s’engage dans une situation physique et sociale qui devient son point de vue sur le monde ». Pour exprimer sa pensée sur l’existence, Merleau-Ponty ne se réfère pas à autrui. Cette disposition de l’esprit à saisir l’immédiateté de sa conscience se déploie de manière unique et authentique lorsqu’il s’agit de recevoir le moi comme vrai, de la forme telle qu’il se présente à moi.

Ai-je besoin d’autrui pour avoir conscience de moi ? Faire une revue sur ce questionnement peut se faire selon deux approches, soit en considérant autrui pour se construire, ce qui est d’ailleurs le plus manifeste dans la réalité, soit en faisant confiance à ce que ma conscience offre en tant qu’image de moi-même. Autrui est un miroir pour que je puisse me percevoir, mais le processus se déroule de manière inconsciente chez moi. Je connais les normes et les valeurs recommandées dans une communauté donnée, mais je n’ai pas conscience approche que j’ai également transformé ma vision de moi-même en fonction de ces critères. Et pourtant, selon une vision transcendantale, je peux très bien affirmer mon existence et percevoir mon corps, par mes sens et par ma conscience. A travers cette voie, autrui ne peut accéder à ma propre expérience de l’existence, permettant ainsi de me donner une identité, qui est le "Je". Par conséquent, le fait de se voir soi-même est tout à fait possible, sauf que l’image qui se donne à voir renvoie souvent à un côté pratique et utilitariste, ce qui fausse notre perception.
 






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