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Dissertation de Philosophie (corrigé) : Suis-je la même personne en des temps différents ?

Le temps est la marque du changement, mais malgré l’altération et la corruption des choses, j’arrive à reconnaitre les choses telles qu’ils étaient. Ce constat s’applique également à mon être qui se dévoile par mon corps, susceptible de changement. A travers différents moments de ma vie, je parviens à construire mon identité personnelle, qui est l’unité de notre être nous définissant distinctement parmi les hommes. On se réfère non seulement à la composition originale des traits de notre corps, mais aussi à celle de nos caractères, d’où l’idée de personnalité. Ainsi, autrui peut me faire la remarque que c’est « tout moi ». Être le même en ce sens est crucial pour se reconnaitre et être reconnu. Toutefois, parler d’identité n’est pas toujours évident, puisque les qualités physiques ou psychologiques qui sont le support de cette identité, sont en perpétuelle évolution. Un problème fondamental surgit alors : si j’admets que je suis différent en des temps différents, comment puis-je référer mon changement ? Pour résoudre la question, nous allons voir dans une première partie que la conscience de soi témoigne de la permanence de mon être dans le temps. Toutefois, nous allons aussi voir dans une seconde partie que le soi n’est qu’une abstraction et que nous évoluons dans notre manière d’être.

I. Conscience de soi et permanence


1. La conscience de soi fait demeurer l’être.


La conscience ne tourne pas à vide, elle est l’unité de ses expériences, soit de de ses données sensorielles, ce qui aboutit par la suite à la conscience de soi. Par la suite, l’être conscient appréhende un écart entre le moi et le monde, car il présente ce moi comme une totalité, une unité distincte d’une réalité extérieure. On appelle l’être conscient de lui-même un sujet. Les philosophes substantialistes vont en faire une « substance » métaphysique distincte du corps de l’être. Descartes définit ce concept central dans les Principes de la philosophie comme suit : « Lorsque nous concevons la substance, nous concevons seulement une chose qui existe en telle façon qu’elle n’a besoin que de soi-même pour exister ». Aussi, cette substance fonde notre identité, la fondation immuable de notre être malgré l’écoulement du temps. Il faut reconnaitre que si tout change, alors que « je » perçois le changement, c’est parce que « je » est donc la substance qui ne change pas. Il peut se faire observateur du changement, étant donné que la conscience ne se confond pas avec l’objet de conscience. Sinon ce serait, par analogie, comme le voyageur en stationnaire d’un train qui n’a pas la conscience du déplacement de ce dernier. Il s’ensuit que c’est par le fait d’être un sujet conscient, qui supporte toutes les actions et les pensées, que je peux m’identifier comme le même malgré les mouvements dans le temps.

2. La conscience de soi et la mémoire témoignent de mon unicité.


Partons maintenant du constat que je suis toujours le même dans le temps, du fait que je reconnais mon passé à travers ma mémoire. C’est la thèse de John Locke dans son Essai sur l’entendement humain. En effet, en se référant au souvenir de nos expériences, on ne peut nier que cette personne du passé est bien moi. Quand on regarde une ancienne photo de nous, nous nous reconnaissons, car l’image du contexte de sa prise, bien que faible, est invoquée à notre conscience actuelle. On peut dire alors qu’il y a une continuité de notre conscience de soi à travers le temps. Locke cite les termes suivants : « Et aussi loin que cette conscience peut s’étendre sur les actions ou les pensées déjà passées, aussi loin s’étend l’identité de cette personne ». La force de cette thèse réside dans le fait qu’il n’y a pas plus intime à mon être que mes souvenirs, car ils sont fondamentalement subjectifs. Il est impossible donc de créer de faux souvenir, puisqu’il faudrait alors les rendre cohérents avec le reste, et cela impliquerait d’entrer dans mon esprit ou de changer concrètement mon passé. Tout au plus, on peut manipuler mes interprétations d’eux, mais il reste que je suis leur support identique à travers le temps.

Ainsi, je suis présent à ma conscience dans toutes les modalités du temps : le passé, le présent et le futur. Or, cette conscience a-t-elle quelque chose à dire lorsque je fais l’expérience de mon existence, et qu’effectivement je subis le changement ?

II. Conscience de soi et existence


1. La conscience ne peut se suffire à la pure abstraction


En fait, la conscience de soi comme fondement de l’identité pose plusieurs problèmes. Principalement parce qu’elle ne dit rien de la consistance de ma personne, elle ne fait que constater ce qui se manifeste immédiatement à la pensée. Je prends conscience que mes actes sont le produit de mon être, mais parfois dans leur spontanéité je peine à les reconnaitre. Cela s’explique par le fait que je me fie uniquement aux données de la conscience, qui sont sélectives, et non aux faits et représentations dans et par lesquels je vis concrètement. Cette incohérence entre conscience et représentation suggère que je ne suis pas transparent à moi-même. En d’autres termes, « cette contingence perpétuellement évanescente de l’en-soi qui hante le pour-soi et le rattache à l’être-en-soi sans jamais se laisser saisir, c’est ce que nous nommerons la facticité du pour-soi », disait Sartre dans L’Etre et le Néant. Quand je m’efforce de me décrire, je ne parle que d’un état abstrait, à travers une perception que mon entendement tente de synthétiser. C’est que l’esprit a besoin de formes délimitées pour reconnaitre les choses. Je me reconnais dans une photo car je remarque des traits généraux, je me reconnais dans mes actes et mes pensées, car je remarque des habitudes. Pourtant, même ces traits généraux finissent par changer. Mon corps change dans son développement et son vieillissement et à travers différentes expériences culturelles, je change souvent de vision du monde et donc de manière d’être par rapport au monde. Je puis encore parler de mes souvenirs comme fondations de mon identité, pourtant l’oubli est un fait nécessaire.

2. Mon existence échappe à la conscience de soi


Le « soi » est donc une abstraction nécessaire à l’esprit, mais qui n’arrive pourtant pas à saisir le corps, ce dernier étant le support indéniable de ma personne. Il s’ensuit que la personne est une manière d’être définissable, mais certainement pas immuable. Le « je » se reconnaît en lui-même, mais il ne voit rien quand il s’efforce de se définir une essence particulière. C’est pourquoi Kant affirmait dans Critique de la raison pure : « J’ai conscience de moi-même, _ dans la synthèse transcendantale du divers des représentations en général, par conséquent dans l’unité synthétique originaire de l’aperception, _ non par tel que je m’apparais, ni tel que je suis en moi-même, mais seulement conscience que je suis ». Ce qu’il reconnait n’est en fait qu’une certaine prestation afin de pouvoir exister, et si on interprète le mot existence par son origine latine existere qui signifie « sortir de », nous voilà en face d’une vacuité de la personne, toujours et déjà hors de lui-même. En des temps différents, le moi subit des changements qui échappent à toute tentative de définition, c’est-à-dire à être soumis dans une unité. Être le même ne se limite plus à se dire « je suis », il faut donner un contenu à ce moi, mais l’écoulement des choses fait voir des perspectives illimitées qui ne peuvent être immobilisés dans le temps.

La question de l’identité personnelle est une question qui se ramène plus à la métaphysique qu’à la psychologie, puisqu’il faut encore questionner la nature de ce moi qui se présente à notre conscience. Il apparait que nous avons une réalité fondamentale qui ne change pas, car nous pouvons observer le changement à travers celui-ci. Cette réalité est la conscience de soi qui m’accompagne dans toutes mes pensées et mes actes, de sorte que je ne peux perdre l’identité de mon être à travers le temps. Toutefois, la conscience de soi ne fait que rendre mon être présent à lui-même, elle ne dit rien de ce qui est immuable dans les qualités du corps. Définir l’unicité d’une personne pose beaucoup de problèmes, face à la dissonance de sa représentation de lui-même et de ses actions, puis l’inconsistance de nos qualités physiques et psychologiques. En fait, la personne n’est que l’abstraction d’une manière d’être. L’être d’un existant transcende toute performance saisie dans un temps donné.
 






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