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Dissertation de Philosophie (corrigé) : La culture fait-elle l'homme ?

La « culture », issue du mot latin cultura signifie « cultiver » ou « habiter ». S’il désignait à l’origine l’action de cultiver la terre, il prend un sens plus large, et se définit par la suite comme l’ensemble des attributs et spécificités qui éloignent l’Homme de son état naturel. En ce sens, « culture » s’oppose directement à « nature » dans la mesure où celle-ci est entièrement acquise. L’homme est un être social ; or, aucune société n’est naturelle. Ces considérations amènent à se demander si la culture fait l’homme. Le questionnement sur la culture révèle pleinement la complexité de la définition même de « l’Homme ». Ainsi, l’homme peut-il se passer de culture ? Tout d’abord, il est communément accepté que l’héritage culturel d’un individu affecte son statut social. Par la suite, les ambitions et les réussites provenant d’un processus culturel bien poussé ne font plus l’homme. Pour synthétiser l’analyse, la diversité culturelle est la mieux adaptée pour illustrer l’humanité.

I. La culture comme outil de socialisation


L’Homme est un être social. Au cours de sa vie, l’Homme est à la fois façonné et influencé par la société. En effet, cette tendance n’est pas un fait accompli, mais elle émane de la volonté intérieure de l’individu. « L’homme a un penchant à s’associer, car dans un tel état, il se sent plus qu’homme par le développement de ses dispositions naturelles », disait Kant dans Idée d’une histoire universelle au point de vue cosmopolitique. Prenons l’exemple d’un nourrisson. Dès qu’il vient au monde, il entre nécessairement dans un processus de socialisation appelé « éducation ». Il apprend sa langue maternelle, adopte les normes et conventions qui régissent la collectivité dans laquelle il est placé (cellule familiale, écoles, …), et incorpore l’héritage culturel de sa société (histoire, valeurs spirituelles, …). En ce sens, la culture renvoie à l’ensemble des représentations sociales qu’un homme acquiert et développe au cours de son existence.

La culture inspire également à l’Homme un sentiment d’appartenance à un groupe. Soulignons que la notion d’identité est intrinsèque à la culture. Malinowski a d’ailleurs fait remarquer dans La sexualité et sa répression dans les sociétés primitives, que « le foyer et le seuil ne sont pas des symboles de la vie domestique, mais des facteurs sociaux réels jouant un rôle des plus actifs dans la formation des liens de parenté ». En effet, les valeurs sociales et culturelles, formées de croyances, de représentations, de savoirs et de préjugés, se combinent pour former ce que l’on appelle « identité ». L’identité culturelle de l’Homme gouverne sa vision du monde et influence inconsciemment ses actes. Par exemple, un homme d’identité chinoise adopte les codes vestimentaires de son pays, parle la langue chinoise et respecte les codes de la morale de la société chinoise.

Cependant, le statut d’ « humain » ne peut se restreindre aux individus qui ont reçu le baptême de l’éducation. En effet, les individus évoluant dans les sociétés mutilées, ou encore les nouveaux nés qui n’ont pas encore assimilé les valeurs de la société, ne méritent-ils pas le statut d’Homme, ainsi que des droits et obligations qui y sont liés ?

II. L’homme n’assume pas totalement son humanité


D’un côté, la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 stipule que les Hommes naissent libres et égaux. Il possède le statut d’ « humain » au moment de sa naissance, alors qu’il n’a encore reçu aucune éducation ou autre transmission de connaissances. En d’autres termes, l’Homme est un Homme par nature. Il ne peut être traité en objet ou injustement exploité puisque les lois en vigueur dans la société le protègent. Par conséquent, ce qui fait l’humanité est assimilable à ce qui fait sa dignité.

D’un autre côté, si l’on analyse la problématique du point de vue « culture », on constate que la notion même d’identité culturelle crée des dichotomies au sein de la société. En effet, le sentiment d’appartenance à un groupe social peut engendrer des différences conceptuelles et hiérarchiques des différentes sociétés qui coexistent sur un même territoire. Par exemple, les Occidentaux du dix-neuvième siècle ont jadis catégorisé les peuples comme « sauvages », « barbares » ou encore « civilisés ». Dans L’avenir d’une illusion, Freud disait : « Il est curieux que les hommes, qui savent si mal vivre dans l’isolement se sentent cependant lourdement opprimés par les sacrifices que la civilisation attend d’eux afin de rendre possible la vie en commun ». Ce phénomène de répulsion est largement dû à la prévalence de l’identité culturelle de l’individu. Celle-ci, trop forte, devient la lunette avec laquelle il choisit de voir le monde. Il s’en sert comme repère et norme pour juger son entourage. Par exemple, un Occidental peut être tenté de qualifier un juif de « non civilisé » parce qu’il pratique la circoncision. En ce sens, il confond sa culture (acquise) avec son état naturel (inné), ce qui le pousse à rejeter inconsciemment ce qui ne se conforme pas à sa vision, devenue étroite, du monde.

S’il est difficile pour l’homme de se défaire de ses préjugés, alors qu’il est supposé être cultivé, il faudrait donc faire renaître l’essence véritable de la culture. Cela consiste à accepter les diversités culturelles et admettre les valeurs humaines universelles comme normes et repères pour replacer le statut d’ « Homme ».

La culture : l’unité dans la diversité


Il est important de prendre garde à ne pas tomber dans une vision ethnocentriste du monde. Certes, la culture magnifie les qualités innées de l’homme : l’éducation satisfait sa soif de connaissance et contribue à la réalisation de l’idéal humain, c’est-à-dire devenir une personne se soumettant aux principes de la raison et de la morale. Cependant, il faut savoir prendre du recul face à sa propre identité culturelle afin de voir celle des autres d’une manière éclairée, pour en comprendre des spécificités et en déceler les potentiels. Claude Lévi-Strauss, à travers son ouvrage Tristes tropiques, mentionne que « s’il est vrai que la comparaison d’un petit nombre de sociétés les fait apparaître très différentes entre elles, ces différences s’atténuent quand le champ d’investigation s’élargit ». Par ailleurs, l’Homme ne dispose pas d’une culture unique : la culture est plurielle. D’ailleurs, considérant le fait que l’existence de l’être humain précède celle de la culture, l’identité de l’Homme ne résulte pas de la culture. Bien au contraire, diverses cultures découlent des spécificités de l’humanité. De nombreuses civilisations, comme les Incas, les Romains, … ont d’ailleurs prospéré sous la même bannière de l’humanité.

L’Homme jongle avec deux aspects conflictuels mais complémentaires de sa personne. D’un côté, il protège son identité culturelle et s’efforce de se conduire en accord avec les mœurs et tradition de sa société d’appartenance ; d’un autre côté, il tente de s’en défaire pour éviter de tomber dans des stéréotypes ethnocentristes. Ces deux aspects conflictuels forment les fondements de l’humanité. En définitive, « l’homme s’annonce à lui-même de l’autre côté du monde et il revient s’intérioriser vers lui-même, à partir de l’horizon : l’homme est l’être des lointains », disait Jean-Paul Sartre dans L’Être et le Néant.

Exprimer une tentative de définition de l’homme à travers la culture est une tâche plutôt complexe, étant donné que les différences de point de vue entre les individus sont souvent des sources de conflits et de tensions. Il est vrai qu’un homme inculte présente de grandes lacunes à s’insérer socialement, d'autant plus que la marginalisation d’un individu laissera des séquelles psychologiques, freinant davantage l’épanouissement de celui-ci. Mais à un certain point où sa propre culture est tellement idéalisée, l’homme pervertit la culture elle-même et l’humanité également, et par conséquent la vraie signification de l’humanité. Ainsi, la prépondérance de la diversité culturelle et la conscience de la singularité de chaque culture sont les seuls cadres pour pouvoir embrasser toute l’humanité. Tout comme il n’existe pas d’homme en général, mais des individus particuliers qui méritent toute cette appellation, désigner une seule culture pour caractériser l’homme est une extrapolation.
 






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