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Dissertation de Philosophie (corrigé) : Les devoirs de l'homme varient-ils selon la culture ?

Qu’ils soient perçus comme contraintes ou obligations, les devoirs incombent à l’Homme tout au long de son existence. Certains sont dictés par sa morale ; d’autres sont formulés par la société dans lequel il évolue. Dans tous les cas, l’Homme ne peut se soustraire ni à l’intégralité de ses devoirs, ni à la société à laquelle il appartient. La culture étant à la fois le produit et le fondement d’un groupement social, la question est de déterminer les relations qui lient culture et devoir. Les devoirs de l’homme varient-ils selon la culture ? Sachant que le devoir a une connotation universelle, de sorte que chaque homme peut concevoir sa valeur de ma même manière, tandis que la culture implique une différence et une diversité, c’est dans la notion l’homme que l’interrogation exige une réponse. La culture est-elle une source de devoir pour l’individu ? Afin de donner des pistes de réflexion sur cette problématique, nous allons nous intéresser sur deux notions de base : les origines et la nature du devoir d’une part ; et les répercussions de la diversité culturelle sur l’agir humain d’autre part.

I. Les origines du devoir


A. Le devoir émane de l’impératif catégorique


D’une manière générale, le terme « devoir » désigne l’ensemble des contraintes et obligations auxquelles l’Homme est soumis. Cependant, il faut cependant prendre garde à la nuance qui existe entre le devoir moral, qui relève d’une obligation, et le devoir juridique, qui s’apparente à la contrainte. En d’autres termes, l’homme, par le biais de son libre arbitre, choisit d’accomplir ou non son devoir moral. Par ailleurs, se plier à ses devoirs juridiques est contraint par la loi. Toutefois, Kant conçoit l’origine du devoir bien au-delà de cette peur de la pénalisation, comme il le dit dans la Critique de la Raison pure : « C’est une tentative au plus haut point condamnable que de vouloir tirer de ce qui se fait selon les lois de ce que je dois faire ou de vouloir les y réduire ». Quel que soit les origines ou la culture d’une personne, il est toujours confronté à des devoirs, et la disposition de l’homme vis-à-vis de cet impératif moral se fait toujours selon cet ordre. On peut alors affirmer que le devoir est un concept universel, au même titre que la morale.

B. La soumission au devoir revêt plusieurs formes


Contrairement à cette définition théorique du devoir, nous pouvons d’ores et déjà concevoir que dans la pratique, les mobiles de l’homme dans son application sont multiples. La philosophie nous permet d’en repérer quatre. Premièrement, le devoir tire sa source du divin. Les fidèles d’une religion donnée (chrétienne, musulmane, …) ont pour obligation d’obéir aux préceptes de leur religion. Deuxièmement, le devoir est d’origine naturelle. Selon Rousseau, l’être humain est doté de « l’instinct divin » qui lui permet de répondre de manière inconsciente aux impératifs de la morale. L’homme accomplit intuitivement son devoir, sans que ses actes ne soient gouvernés par la raison. Troisièmement, le « devoir » est le fruit d’un processus de raisonnement et de réflexion, selon Kant. Enfin, d’après Bergson, le devoir est d’origine sociale. En effet, l’homme agit par peur d’être marginalisé par la société. L’auteur utilise le terme « morale statique « pour désigner ce type de devoir dans Les deux sources de la morale et de la religion : « Il y a une morale statique, qui existe en fait, à un moment donné, dans une société donnée, elle s’est fixée dans les mœurs, les idées, les institutions ; son caractère obligatoire se ramène, en dernière analyse, à l’exigence, par la nature, de la vie en commun ».

Un homme est alors obligé de se plier aux règles de la communauté dans laquelle il est inséré, notamment en accomplissant ses devoirs. Mais en parlant de communauté, il n’y a pas d’homogénéité dans les pratiques culturelles, ce qui impactera également sur les relations sociales.

II. La diversité culturelle et l’universalité du devoir


A. Le contenu du devoir change avec la culture


L’Homme est un être social. Autrement dit, son existence est indissociable de celle de sa société. Chaque société possède sa propre culture : celle-ci possède une influence non négligeable sur les mœurs, les modes de vie et de pensée de chaque individu. Dans cette optique, peut-on supposer qu’il existe autant de devoirs que de cultures ? Montaigne soutient que « chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage ». Chaque culture étant dotée de ses spécificités, le principe d’universalité de la morale est impossible. Il existe autant de morales que de cultures. Par conséquent, nous tombons nécessairement dans un relativisme moral, ce qui est d’ailleurs vrai dans la vie concrète. Si nous avons parlé dernièrement des principes qui font que les hommes se soumettent au devoir, soulignons que cela reste inchangé. Mais cette fois-ci, le devoir renvoie principalement dans le fond, c’est-à-dire la chose que je devrais faire exactement vis-à-vis des autres et de moi-même.

B. Les devoirs dans certaines cultures peuvent paraître injustes


Quel est le contenu du devoir moral ? Le devoir n’est que le reflet de la condition sociale de l’Homme. Il s’agit, dans une certaine mesure, d’un dispositif inventé par la société pour séparer le « normal » de l’« anormal ». Chaque communauté met en place un ensemble de règles ou normes que les membres sont contraints de respecter en vue d’une cohabitation harmonieuse. Bien que cette norme s’intègre alors dans son mode de pensée et deviendra un des fondements qui définit son devoir moral, tout le monde n’accordera pas le même regard envers ce que l’autre juge bon et acceptable. Et pourtant, il s’agit bien d’un devoir. « Plaisante justice qu’une rivière borne ! Vérité au-deçà des Pyrénées, erreur au-delà », conclut Pascal. Inévitablement, face à la diversité, les gens vont émettre des jugements concernant ce que les autres considèrent comme dignes d’être poursuivis. Mais n’est-ce pas contraire à la morale de juger le contenu du devoir ? Ainsi, l’obéissance au devoir présente encore des limites, et si j’applique ce jugement dans une culture différente, rien ne m’empêche de le faire dans ma propre culture. Ainsi, une différence de conception des choses implique une autre hiérarchie des valeurs, et par conséquent des devoirs.

Conclusion


En conclusion, l’Homme est soumis à des contraintes et obligations morales, résultant de plusieurs facteurs. D’un côté, il est lui-même législateur des devoirs qui lui sont attribués. D’un autre côté, la culture influence sa perception du devoir moral, dans le sens où les préceptes du devoir moral proviennent de l’intériorisation de certaines normes culturelles. Tout compte fait, les hommes ne sont pas à l’abri d’un changement d’opinion lorsqu’ils se disent accomplir leur devoir par principe moral. Cette conviction est en effet le fruit d’une habitude dans sa propre culture. Dans la forme, les hommes se soumettent au devoir tel que la société l’exige, mais dans le fond, inconsciemment, ils n’acceptent cette obligation que si et seulement si le contenu concorde avec leur propre échelle de valeurs. Le relativisme moral peut-il avoir la même valeur que le relativisme culturel ?
 






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