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Dissertation de Philosophie (corrigé) : Une société juste peut-elle accepter les inégalités ?

Les théoriciens de la politique ont voulu établir une société juste, depuis les codes d’Hammourabi aux Déclarations des droits de l’homme, et qui auront finalement divisé les avis en de multiples partis. Mais qu’est-ce d’abord une société ? Généralement, elle est définie comme l’organisation d’un vivre ensemble réglé par des normes. Toutefois, il faut préciser que les hommes sont différents tant en nature qu’en condition, donc être en société signifie harmoniser la multiplicité. À cet égard, on se demandera si une société juste peut accepter les inégalités. Force est de constater que les différences dans une société sont incontournables, ce qui fait entrave au concept de justice, mettant tout un chacun au même pied d’égalité. Pour asseoir la justice, faut-il compromettre les préceptes de la raison pratique stipulant l’universalité, donc les mêmes droits pour tout homme ? Pour résoudre cette problématique, il faut tout d’abord voir en quoi l’idée de justice se fonde sur l’idée de l’égalité, ce qui rend les inégalités inacceptables dans la société. Nous approfondirons par la suite la notion de justice sociale qui se manifeste par la remise en question de l’application de l’égalité, et la nuance vis-à-vis de l’équité.

I. La nécessité de fonder la justice sur l’égalité


A. La vie en société fait prévaloir l’égalité


Aristote dans son Éthique à Nicomaque propose de poser l’idée de juste comme synonyme de l’égalité. Il tente de démontrer sa proposition en commençant par la logique suivante : « puisque l’injuste ne respecte pas l’égalité et que l’injuste se confond avec l’inégalité, il est évident qu’il y a une juste mesure relativement à l’inégalité. Cette juste moyenne c’est l’égalité ». Tout d’abord, on ne ressent l’injustice que d’une manière particulière, puisque que l’idée de tort ne se ramène qu’à la nuisance qu’on a subi. Par exemple, quand on a la quantité plus que nécessaire d’une certaine ressource, on ressent moins notre avantage sur les autres que le vol qu’on pourrait subir. Ensuite l’égalité comme justice permet d’équilibrer les différences et de régler les différends. En cas de litige entre deux partis, le seul compromis possible est à travers la légitimité de la loi. Car devant la loi, tout le monde se situe à un même nivellement, faisant ainsi abstraction aux conditions individuelles. En définitive, un État de droit ne peut avoir lieu que partant du principe d’égalité, source de justice.

B. Reconnaitre et réparer les conditions individuelles


Soulignons au préalable que l’organisation sociale est nécessaire parce que les hommes ne sont pas égaux en condition. Autrement dit, la société sert à faire abstraction des différences de condition entre les hommes. Rousseau, dans son Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, accuse la répartition inégale des propriétés comme source de l’injustice sociale. « Le premier qui ayant enclos un terrain s’avise de dire : ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile », disait-il. Naturellement, un terrain n’appartient à personne mais dès lors que l’homme vit avec ses semblables, il doit circonscrire officiellement la terre qu’il travaille et où il pose son foyer. Ce qui semble aller de soi, car il y a l’idée du mérite lié à l’effort, c’est lui qui a organisé toutes les ressources pour aménager le terrain. Toutefois, considérons un homme qui, au péril de sa vie et non sans des efforts considérables, s’approprie le terrain d’un autre, à nous de décider ici s’il s’agit d’un vol ou d’un droit du plus fort ou du plus intelligent. Une chose est sure, l’idée de mérite est relative. Au cours de l’histoire, la société organise les héritages de sorte que certains naissent dans des situations favorables pour leur grand épanouissement, et que d’autres soient conditionnés dans des milieux contraignants. Tout le monde n’a donc pas les mêmes chances de prouver leurs valeurs. Et de là, la société se doit de réparer ces torts liés aux inégalités qu’il a engendrées. Néanmoins, on ne peut remonter jusqu’aux origines d’une telle ou telle injustice, dans le sens de vérifier quel ancêtre de qui s’est injustement approprié les avoirs d’un autre et en vertu de quoi on peut parler d’injustice. Ce que la société peut faire, à travers son gouvernement, c’est de redistribuer les ressources en parts égales afin de garantir un nouveau départ favorable à l’épanouissement de chacun.

La raison pratique et le bon sens commun l’attestent, justice et égalité vont de pair pour garantir un vivre ensemble heureux. Cependant, une analyse plus profonde fera voir qu’une société juste ne peut tourner le dos à l’essence de l’individu, qui est la liberté.

II. Les inégalités peuvent ne pas nuire à la justice sociale


A. Le non-sens d’une idée de justice sociale


Pour Friedrich Hayek, auteur de Droit, Législation et liberté, l’idée de justice sociale est un non-sens dangereux. D’abord, elle prête à confusion, car l’idée d’injustice doit être une faute attribuée à une volonté qui fait subir des torts à une autre. Or, l’organisation sociale est un fait involontaire et impersonnel produit par les circonstances imprévisibles de la concurrence. En effet, des myriades d’individus ne font que tirer profit d’une situation d’échange : ils vendent ce qui a une demande, ils concourent pour un emploi correspondant à leurs talents, ils se démêlent pour garantir leurs valeurs. Parler d’une injustice du système est donc mal placé, car ce système est naturellement mis en place. Ensuite, l’idée de justice sociale est dangereuse, car elle pousse l’État à intervenir dans le libre marché. Or, « la concurrence est précieuse précisément parce qu’elle constitue une méthode de découverte, dont nous n’aurions pas besoin si ses résultats pouvaient être prédits », disait l’auteur. Effectivement, l’interventionnisme de l’État, qui sous-entend l’idée de justice sociale, ne peut tendre que vers la limitation de la concurrence, chose qui représente le droit fondamental de la liberté. Imaginons qu’un individu, grâce à son développement personnel, dépasse un autre, mais qu’à un certain point le gouvernement lui dit de s’arrêter et lui confisque des parts conséquentes de ses avoirs et le redistribue aux autres. Où sont les torts dans cette situation ? Une société juste, est-ce celle qui reconnait la perfectibilité de l’homme, ou une société qui réajuste les hommes dans des confinements réducteurs ?

B. La société juste comme respect de la différence


En fait, il n’y pas de contradiction entre l’idée de justice et d’inégalité si l’on considéré le point de vue de l’équité. L’équité est cette idée de la justice qui considère des droits fondamentaux à tous, mais aussi les différences de condition. Considérons que tout homme à le même droit à l’éducation, toutefois chacun n’a pas les mêmes conditions sociales qui lui permettent son accès (précarité financière, milieu contraignant). D’où la nécessité de l’État d’offrir des services publics. La critique de Hayek envers l’interventionnisme de l’État dans le monde du marché est justifiée, mais il faut tout de même considérer les conditions de base qui permettront à chacun d’avoir accès à ce marché. John Rawls maintient, dans sa Théorie de la justice que « l’inégalité économique et sociale peut se justifier pour des raisons d’efficacité dans la coopération sociale et la production de richesses, mais elle n’est légitime que si elle améliore la position des plus défavorisées ». L’enjeu de cette conception est double : d’un côté, la coopération des différentes capacités et spécialités considère les différences, mais permet aux hommes de se socialiser dans l’interdépendance, l’organisation des différences est une synthèse sociale qui ne peut que faire progresser celle-ci. De l’autre, la considération des défavorisées cultive la reconnaissance de la perfectibilité de l’homme, mais elle éduque aussi à l’empathie et à la conscience morale, sachant que l’État se doit être un corps modèle pour ses citoyens. En garantissant à chacun un accès à un logement, à la nourriture, à l’éducation, à la prétention professionnelle, chacun peut épanouir leur capacité et aspirer à leurs rêves et développer leur humanité.

L’incompatibilité entre l’inégalité et la justice parait évidente, or en décortiquant la problématique, nous avons constaté que plusieurs points argumentent l’acceptation des différences dans une société donnée. D’une part, ce qui est juste renvoie à des considérations égales, car l’égalité représente la moyenne entre les inégalités. Cette logique d’Aristote fait entrevoir le fait que chacun ne ressent l’injustice que personnellement. Mais puisque dans les faits, la société organise les droits de propriété inégalement entre les individus, il faut que l’État intervienne et répare cette forme d’injustice sociale. Toutefois, l’injustice et les déséquilibres sont ce qu’il y a de plus naturel dans une société, pourquoi alors l’État intervient si elles résultent des activités personnelles qui cherchent le bien et la liberté ? Néanmoins, il peut y avoir un équilibre dans la reconnaissance des inégalités et la nécessité de l’égalité, à savoir par l’équité. En effet, reconnaitre les inégalités des conditions contribue à bâtir une société plus éthique. En somme, une société juste est celle qui reconnait l’homme en la personne de l’individu comme dans l’ensemble de ses membres. Les inégalités sont de fait, tandis que l’égalité est de droit.
 






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