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Dissertation de Philosophie (corrigé) : Faire usage du langage, est-ce renoncer à la violence ?

D’une manière générale, le langage est la manière pour l’homme de communiquer les idées et les sentiments à ses semblables. Mais pas n’importe comment, car il dispose d’un système de signes, d’abord mental, puis social, qui évoque la représentation du monde propre à un groupe, ou même à toute une civilisation. Ainsi, le langage est une manière de symboliser l’humanité à travers un critère commun le distinguant fondamentalement de l’animal. Mais en tant que véhicule de sens et de pensée, le langage est lourd de portée. Car mis à part la présence physique, c’est à travers les paroles que je me mets face à autrui, ce qui risque à tout moment de provoquer des heurts. Si les violences verbales sont monnaie courante dans les sociétés peu éduquées ou sujettes à des formes d’oppression, la solution s’avère également être le dialogue. Les paroles peuvent être blessantes soit à cause d’un vocabulaire mal placé, soit tout simplement pour le contenu acerbe du discours. Quel est alors le rôle véritable du langage entre les hommes, et comment comprendre les violences des mots ? Pour décortiquer efficacement l’objet de cette problématique, nous scinderons notre analyse en deux parties : tout d’abord, l’essence du langage repose sur l’acte de communiquer, première approche pour se lier à autrui ; mais aussi, force est de constater que la guerre et tous les conflits humains prennent leur source dans une étincelle de la parole.

I. Le langage est un accord du monde avec la pensée des hommes


A. Ma pensée et celle d’autrui s’unifient à travers le langage


Faisons le détour pour se focaliser sur les liens qui me tendent vers autrui lorsque je lui parle. Avant, pendant et après la communication, autrui se présente à moi et les appréhensions réciproques entre lui et moi se renforcent ou se délient au fur et à mesure que notre conversation avance. La question est : puis-je savoir autrui indépendamment de ce qu’il pourrait me dire à son propos ? Nous répondrons par la négative. Or, avant même qu’il ne profère une parole, il existe d’autres formes langages que le verbe, notamment par le corps, les gestes, qui me font signe et que je peux aisément interpréter. « Aussi, dès qu’on réfléchit sur un présage bien clair, comme des yeux riants ou sérieux, un son de voix ou seulement un silence, les souvenirs viennent en foule, et l’avenir est annoncé ». Notons que ce passage d’Éléments de philosophie écrit par Alain décrit les tempéraments d’une personne amoureuse. Devant le vide et l’exaspération, lorsque l’élu de notre cœur laisse planer le doute quant à la nature de ses sentiments, seul un langage de sa part parviendra à atténuer les turbulences qui nous dévorent intérieurement. Même sa présence peut faire preuve de langage, et que nous pouvons donner sens. Même un refus de sa part est grandement libérateur, et cela n’est point de la violence, au contraire.

B. L’humanité doit sa survie au rôle pacifiste du langage


Dans une perspective plus large, comment serait le monde que le langage humain avait failli à sa mission ? Malgré les défaillances pointées du doigt par les linguistes, le langage a réussi à réunir les générations qui se sont succédé, à effacer les frontières des Nations et à faire hériter les savoirs cumulés depuis l’apparition de la civilisation. Ainsi, le langage n’est pas seulement un outil ou une moule de la pensée raisonnante, c’est surtout le produit humain le plus perfectionné qui fait dire à l’homme qu’il est véritablement homme. Car les cultures évoluent d’une époque à l’autre, les peuples conservent leur identité, mais comment alors le genre humain a-t-il pu établir une reconnaissance mutuelle, si ce n’est que par le langage ? Comme disait Auguste Comte dans Système de politique positive, « un système de communication mentale et morale ne saurait demeurer toujours une source de séparation collective, si les opinions et les mœurs deviennent suffisamment conformes ». Sachant alors que l’homogénéité des cultures favorise l’efficacité de la communication, le mouvement inverse est également possible. Car un effort de compréhension entre les hommes s’effectue progressivement au fur et à mesure que l’on use du langage. Tant que les peuples ne parviennent point à communiquer, c’est-à-dire mettent un blocage unilatéral devant l’étranger, cela aboutira nécessairement à la violence. Mais une fois que leur esprit s’ouvre au dialogue, la paix sera au rendez-vous.

Le langage est plus qu’un simple moyen de communication, car il assainit les relations humaines et estompe les conflits entre les Nations. Mais tout n’est pas toujours rose, car la violence est omniprésente, et le dialogue entre les personnes n’intervient que partiellement à changer la nature humaine.

II. L’homme manipule le langage à sa guise


A. La violence est l’expression des désirs non satisfaits


Avant d’approfondir les retombées d’une communication défaillante sur le comportement humain, il importe de définir philosophiquement la notion de violence. Dans sa Lettre à Mersenne, Descartes émet le constat suivant : « Je ne connais rien de violent dans la nature, sinon au respect de l’entendement humain, qui nomme violence ce qui n’est pas selon sa volonté, ou selon ce qu’il juge devoir être ». Ainsi, la violence provient principalement d’une erreur de jugement, les caractères bestiaux des hommes qui usent de la force physique pour se faire accepter ne sont donc pas la nature primitive d’un individu qui n’a jamais vécu en société. L’hypothèse de l’homme sauvage demeure jusqu’à présent une fiction, et sa prétendue violence n’est pas aussi réaliste que ce que l’on rencontre dans les sociétés les plus industrialisées. Entre l’homme des cavernes et l’homme contemporain, il existe une infime distinction, et nous pouvons dire que tous deux usent du langage, tout simplement parce qu’ils vivent au milieu de ses semblables. Donc, manifester la violence ne dépend pas nécessairement du fait de savoir user de la violence ou pas, car les hommes avaient toujours éprouvé de la méchanceté envers son entourage dans toutes les époques et n’importe où dans le monde. Et comme les personnes incultes ont toujours existé dans les sociétés humaines, il arrive souvent que la violence cède la place aux procédures plus pacifiques.

B. La violence se manifeste dans un langage imparfait


Sans pour autant insinuer que la paix est une utopie, la violence est pourtant incontournable dans la vie en société, et même à travers la relation avec autrui. Cependant, lorsqu’un sentiment négatif saisit une personne, il est difficile de pouvoir communiquer ce sentiment à son entourage, ce qui peut provoquer une frustration. L’incompréhension de la part d’autrui est alors une source principale de violence, mais on ne peut pas garder pour soi ce tumulte : il faudrait l’exprimer par un langage. Or, la violence pourrait-elle devenir l’objet d’un langage ? Arrivés à un point où la violence deviendra un instigateur pour dévier la mission du langage, nous dirons sans conteste que l’expression de la violence engendrera inévitablement de la violence. Comme disait solennellement Nietzsche dans Humain, trop humain : « nous ne connaissons pas d’autre moyen qui puisse rendre aux peuples fatigués cette rude énergie du champ de bataille, cette profonde haine impersonnelle, ce sang-froid dans le meurtre uni à une bonne conscience, cette ardeur commune organisatrice dans l’anéantissement de l’ennemi, cette fière indifférence aux grandes pertes ». La guerre, qui est l’ultime manifestation de la violence, n’est pas un passage obligé pour parvenir à la paix, bien que les guerres se terminent toujours par un accord de paix. Et Nietzsche l’a expliqué clairement, l’homme fait usage d’un autre langage qui est celui de la violence, mais aucun mot ne sera utile pour décrire fidèlement cette atrocité, tellement les actes de l’homme parlent d’eux-mêmes.

Pour conclure, mettre le langage et la violence dans un même répertoire semble de premier abord inconcevable, d’où la pertinence de la problématique que nous venons de traiter. Après avoir exposé le rôle du langage, comme étant le vecteur par excellence de l’essence de mon être vers celui d’autrui, mon existence et mon bonheur sont toujours et déjà incorporés dans ma capacité à user du langage. La société, qui est une sphère plus large dans laquelle le langage prend sens, montre que la vie en communauté est possible grâce au langage. Selon une relation de réciprocité, les coutumes et les traditions, régies par une même représentation du monde, sont symbolisées par un langage commun et la compréhension mutuelle entre les membres d’une société. Pourtant, la violence est un trait de caractère qui se manifeste chez l’homme particulier, et dont l’expression se généralise par des actes inhumains. C’est lorsque la violence surgit qu’on comprend parfaitement le rôle du langage comme simple outil : il ne peut changer les choses, ni les mentalités, ni la violence. En conséquence, faire usage du langage ne fait que renforcer la violence. Ainsi, nous pouvons en déduire que seul l’homme peut tracer sa destinée, en usant de moyens à sa disposition, à l’instar du langage. Le langage est certes un outil, voire même une arme, et la volonté humaine en est le moteur.
 






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