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Dissertation de Philosophie (corrigé) : Le corps fait-il obstacle à la pensée ?

Le corps est cette partie physique de notre être qui est le substrat de la vie. Il est incessamment en activité, que ce soit dans son organisme interne ou dans la recherche de subsistance provenant de son environnement. À cet effet, il semble n’avoir aucun point commun avec la pensée, cette autre partie constitutive de notre être, puisque sa vocation est de réaliser pleinement son potentiel qu’est la connaissance. Toutefois, le corps dans son interaction avec le monde possède la faculté de la sensibilité par les différents organes de sens. C’est une aptitude naturelle qui offre l’expérience du réel, de ce qui est. La pensée en tant qu’elle vit avec le corps ne peut donc l’ignorer. On aboutit ici à la problématique suivante : si on considère que le corps et l’esprit forment un même système, comment faire face à leur différence de nature ? Afin de résoudre ce problème, nous verrons dans une première partie l’idée que le corps empêche la progression de la pensée, car il envahit la pensée avec ses besoins oppressants. Cependant, dans une deuxième partie, la pensée a également besoin du corps pour s’affirmer et se réaliser.

I. Les préoccupations du corps interfèrent sur l’atteinte de la connaissance


A. L’impression des sensations dévie la pensée


D’une manière générale, la tendance du corps vers la recherche du plaisir et du bien-être, ou au contraire la fuite de l’inconfort et de la douleur, détourne notre pensée de sa quête de la connaissance. En effet, quand le corps porte toute son attention sur une sensation, la maitrise de la pensée s’affaiblit et nous perdons de vue le déroulement de nos opérations mentales. Considérons particulièrement par exemple la sensation de plaisir. D’abord, en tant qu’elle est éphémère, notre corps tend à vouloir la retrouver, et ainsi elle se transforme en désir qui occupe chroniquement notre esprit. Puis, dans son attente, ce désir s’embellit de fantasmes et devient de plus en plus envahissant. « Le raisonnement affectif s’adapte aux désirs et aversions : sa position est subjective », constate Théodule Ribot. On est alors apparemment pris dans un paradoxe. D’une part, satisfaire le désir renforce sa mémoire, et plus on s’y habitue, plus la demande augmente. D’autre part, la refouler intensifie sa puissance, car on se fait de plus en plus d‘idées sur sa satisfaction. La pensée ne peut alors que perdre de vue son objectif original, celui-ci étant rempli par la préoccupation de moyens pour assurer le plaisir. Tout objet placé devant la pensée corrompue n’est plus alors un objet de la connaissance, cadré dans l’unique souci de connaitre, mais plutôt un objet de la sensation.

B. La préoccupation de la finitude soumet la pensée


Il y a aussi ce souci primordial du corps qu’est le maintien de son organisme, suggérant à la pensée l’idée de la finitude. Inévitablement, la pensée de l’homme réfléchit sur la désagrégation du corps et ceci l’empresse à formuler tous les subterfuges possibles dans le ralentissement, voir dans l’espoir de la défaite, de cette fatalité. La pensée ne se meut plus comme la quête de la vérité mais se concentre désormais dans un autre rôle qu’est l’outil de survie. Ainsi, l’esprit concourt à motiver le prolongement de la vie. La création technique est essentiellement orientée vers la sécurité, le confort et la production de besoins directs à la vie ou de distraction face au souci de la mort. Non sans ambiguïté, Vladimir Jankélévitch décrit dans son ouvrage La mort l’angoisse que provoque en nous l’idée de la mort : « C’est de moi qu’il s’agit, moi que la mort appelle personnellement par mon nom, moi qu’on désigne du doigt et qu’on tire par la manche, sans me laisser le loisir de loucher vers le voisin ». Si la mort est la plus terrifiante de toutes ces idées relatives à notre existence corporelle, la corporéité entraîne d’autres idées non moins lugubres, notamment la finitude, la corruption, la maladie, la souffrance ou encore la laideur. Les idées que l’on se fait du corps ne sont point neutres dans l’activité de l’esprit menant à la quête de sa propre essence. Mais aussi, en guise de retour, le corps ne peut ne pas subir à son tour les ondes négatives qu’il a envoyées à la pensée. Par conséquent, le corps fait obstacle à la pensée, et s’afflige par la suite sur ces images sombres de lui-même, restreignant alors son développement.

Toutefois penser que le corps agit de manière indépendante, sans consulter préalablement la pensée, n’est-il pas une affirmation précipitée, car comment expliquer alors les faits de la conscience ? Le corps en lui-même serait une machine si la pensée n’intervenait pas pour lui donner sens.

II. La réalisation de la pensée par l’usage du corps


A. La pensée n’est soumise à aucune fin


On parle d’obstacle lorsque la progression normale d’une chose rencontre un certain empêchement. Mais encore faut-il se demander si la pensée progresse nécessairement vers une direction particulière. Si, effectivement, une certaine pensée peut être dérangée par les besoins pressants de l’organisme, le souci de trouver une solution pour satisfaire ces derniers ne montre-t-il pas que la pensée en elle-même est toujours en action ? Bien sûr, ceci peut signifier que la pensée est soumise à n’être qu’un outil en vue des besoins naturels du corps. Toutefois, si la pensée se pose comme un moyen, elle ne sert pas une fin particulière. Donc, elle est libre de se servir comme moyen ou pas. C’est donc dans le cadre de la liberté que l’esprit s’additionne au corps, sinon il est tout à fait simple de se livrer au suicide afin d’éliminer le corps. Méditons sur cette pensée de Jean-Paul Sartre, tiré de Situation : « Dès lors la racine de toute Raison est à chercher dans les profondeurs de l’acte libre, c’est la liberté qui est le fondement du vrai, et la nécessité rigoureuse qui paraît dans l’ordre des vérités est en elle-même soutenue par la contingence absolue d’un libre arbitre créateur ». En guise d’illustration, on peut remarquer qu’une religion ne vise pas nécessairement à inculquer l’immortalité dans chaque conscience. Mais l’idée d’immortalité peut en fait servir une autre, en tant qu’elle peut n’être qu’une motivation : le véritable but peut être l’initiation à l’éthique pour élever la dignité de l’homme en tant qu’être raisonnable, ou purement théiste dans le désir de connaitre l’ordre d’un créateur suprême. Pareillement, mettre le corps au centre des préoccupations de l’esprit pourrait être un intermédiaire pour accéder un autre but plus authentique. Toutefois, ce passage à travers le corps se fait toujours dans la conscience de la liberté.

B. L’expérience du corps est la condition de l’épanouissement de la pensée.


Désormais, il est clair que le corps n’est pas une prison, toutefois il reste le moyen d’épanouissement de la pensée, en ce sens que nos concepts sont des dérivées de l’expérience sensible. Tout d’abord, la pensée ne peut être qu’une pensée de quelque chose. Son expérience la plus commune est l’opération des formes dérivées de l’expérience visuelle. En effet, les objets de la pensée, pour un voyant, sont soit des expériences visuelles directes, soit des représentations symboliques conçues par l’imagination à partir de la manipulation des formes abstraites de nos données visuelles. « Une image qui quitte son principe imaginaire et qui se fixe dans une forme définitive prend peu à peu les caractères de la perception présente. Bientôt, au lieu de nous faire rêver et parler, elle nous fait agir », disait Gaston Bachelard dans L’Air et les songes. On tire par exemple le cercle à partir de la forme de la lune, et de même par la vue d’autres formes, le rectangle, la ligne, le point. Puis, on compose ces formes grâce à l’imagination pour en obtenir de nouvelles qui sont inédites dans la nature, d’où sont nés les symboles que sont les chiffres et les lettres. Et cet ensemble constitue un système de mémorisation et de communication.

En guise de conclusion, les sensations corporelles dérangent bien la pensée du fait que notre attention s’y perd facilement, mais encore, elles veulent soumettre la pensée à leur préoccupation. Mais le véritable poids de l’esprit est l’idée de la finitude, quand le corps se détériore, et impose le souci de sa conservation. Dès lors, la pensée devient un outil de survie et perd de vue son objectif qu’est la connaissance. Toutefois, le fait que la pensée se fait des raisons et ne suit pas une nécessité montre qu’elle n’est pas à une fin particulière. La fatalité est un concept et la pensée ne fait qu’en produire et en manipuler. Par conséquent, toute formation de concept ne se fait qu’avec l’usage de l’expérience sensible du corps, car le support central de la pensée qu’est le cerveau ne peut former des formes qu’à partir de la perception des données sensibles. En somme, nous pouvons constater que corps et pensée ne s’opposent pas, mais qu’ils sont soumis à une réciprocité dans leurs activités respectives.
 






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