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Dissertation de Philosophie (corrigé) : La politique est-elle l’affaire de tous ?

La politique du mot grec polis qui signifie « cité », désigne originellement l’organisation de la vie commune des hommes. Tout le monde est concerné par elle tant qu’elle vise tous les besoins de la cité : gestion des ressources naturelles et des moyens de production, garantie de l’ordre et de la sécurité, promotion de la culture. Par conséquent, chaque individu doit normalement s’en occuper. Toutefois, elle renvoie aussi plus particulièrement à l’art de gouverner, une activité qui demande de l’engagement et de la maitrise, car l’intérêt du bien-être de la cité est en jeu. Elle est une affaire délicate qui ne peut être menée par n’importe qui, mais doit être délégué à des hommes qui en font une vocation. Dès lors ici se pose une problématique : comment la politique doit-elle être l’affaire de tout un chacun alors qu’il n’y a que des particuliers qui peuvent s’en occuper? Pour répondre à ce problème, on va voir premièrement en quoi il est légitime de considérer que la politique doit être une vocation. Deuxièmement, on va aussi voir qu’elle est l’affaire de tous puisque chacun de nous est responsable de la vie de la cité.

I. La politique est une vocation de quelques élus


A. Tout le monde ne veut pas s’affairer à la politique


A la première vue, la politique n’intéresse qu’une poignée d’individus, parce que s’affairer dans ce domaine implique un changement radical dans sa position individuelle. En effet, certains voient la politique péjorativement comme étant un jeu de pouvoir égoïste des politiciens. On peut comprendre une telle vision dès que l’on remarque les belles paroles qui renferment des fausses promesses lors des propagandes, les conflits d’intérêts entre les partis politiques ou entre les membres à l’intérieur d’elles-mêmes, et les raisons personnelles qui alimentent les relations diplomatiques et les guerres. Cette citation d’Ernst Bloch issue de L’esprit de l’utopie illustre fidèlement ce sombre tableau, en disant : « Si la peur et le mensonge viennent à disparaitre, il sera bien difficile à l’État d’être, ou même de susciter encore un grand respect ». Mais aussi, les individus en société ressentent un pur désintérêt pour tout ce qui concerne les affaires du gouvernement. Certains sont trop occupés par leurs besognes quotidiennes et ne se préoccupent à la limite que des litiges personnels. D’autres, comme les salariées privées ne se préoccupent qu’à développer leur commerce. La politique ne peut donc qu’être l’affaire de ceux qui s’y sont engagés pour des idéaux universellement connus, notamment le bien-être de la cité, et non ce qu’elle parait extérieurement. Car la politique se détermine au-delà d’un jeu de conquête et de conservation de pouvoir. Toutefois, même si tout le monde a la bonne volonté de s’occuper de la politique, elle n’est pas une simple affaire que tout le monde peut gérer.

B. La politique est un art


En parlant de politique, les académiciens la considèrent surtout comme l’art de gouverner. Sur ce, l’affaire politique demande certaines connaissances pragmatiques. Tout d’abord, la problématique centrale de la gestion de la cité tourne autour de la question de l’organisation d’éléments hétérogènes, qu’il faut savoir unifier en même temps qu’épanouir. Afin de faire face à cela, il faut des connaissances générales dans plusieurs domaines. En l’occurrence, celui qui s’occupe de la politique doit avoir des connaissances pratiques en économie, doit être mis à jour sur les innovations techniques et les découvertes scientifiques majeures, doit saisir objectivement l’essence des différentes religions de sa cité, doit avoir une connaissance historique des différentes ethnies et classes sociales qui composent sa cité. Mais surtout, l’homme politique doit savoir gérer les conflits et être irréprochable dans l’application de la justice. En définitive, celui qui veut s’occuper de la politique doit s’instruire et se former plus que le font les hommes ordinaires. Il doit être de préférence le plus sage. Pour Platon, d’après ses propos dans La République, c’est le philosophe qui étudie les choses avec science, c’est-à-dire qui se détache des opinions et qui élève toujours son âme vers la vérité. « Il s’occupe, tant est qu’il s’en occupe, d’acquérir des richesses, de soigner son corps, d’exercer son activité en politique ou dans les affaires privées, et qu’en tout cela il estime et appelle belle et juste l’action qui sauvegarde et contribue à parfaire l’ordre qu’il a mis en lui, et sagesse la science qui préside à cette action ».

Puisque les hommes du commun prennent à la légère la tâche du véritable politicien, et que cette vocation requiert même une certaine science, la politique semble ne pas être l’affaire de tous. Cependant, s’il s’agit bien de la vie commune, chose qui a nécessairement un impact sur chaque citoyen, n’a-t-on pas en soi le devoir d’en être responsable ?

II. Chacun a le devoir de participer à la politique


A. L’homme est un animal politique


Pour Aristote, la politique est l’affaire de tous, car l’homme est naturellement doté de la parole pour débattre de la vie commune. En effet, la société humaine n’est pas l’organisation d’êtres vivants quelconques, visant uniquement la nécessité de la survie. Soulignons que les hommes ne s’associent pas par contrainte des besoins. D’un point de vue théorique, les premiers hommes se sont organisés collectivement pour une meilleure production des ressources, comme la chasse organisée et l’agriculture collective, mais ces phénomènes sociaux ne valorisent pas le vrai potentiel de l’homme. Ces phénomènes sont une forme particulière que les animaux ont su brillamment perpétuer dans leur espèce, à l’instar des fourmis ou des loups qui s’organisent instinctivement pour une meilleure survie. L’homme, créateur de sens, s’exprime par la parole et échange des idées, organise des débats et s’instruit sur l’idéal d’un vivre ensemble heureux et harmonieux. « C’est le caractère propre de l’homme par rapport aux autres animaux d’être le seul à avoir le sentiment du bien et du mal, du juste et de l’injuste et des autres notions morales et c’est la communauté de ces sentiments qui engendre famille et cité », mentionne Aristote dans la Politique. Ainsi, l’homme ne se réalise pleinement que s’il s’occupe de la politique, car il porte en lui une faculté naturelle qu’est la parole dont la fin est l’interaction à l’égard de ses semblables dans une société harmonieuse.

B. La politique est la responsabilité de tous.


Par ailleurs, la vraie réalisation de l’homme est d’être responsable or ne pas s’occuper de la politique réduit cette puissance essentielle. Tout d’abord, ignorer la politique c’est ne pas se soucier des conditions sociales qui se préparent pour les générations futures, mais aussi dans la quotidienneté ici et maintenant. « Vous avez beau ne pas vous occuper de la politique, la politique s’occupe de vous tout de même », nous prévient ironiquement le Comte de Montalembert. En fait, il est concrètement impossible de ne pas s’occuper de la politique quand les attentes du peuple ne correspondent plus aux œuvres des dirigeants, mais faut-il attendre l’oppression des crises pour formuler son avis sur la vie de l’État. Ensuite, si le citoyen se désintéresse de la politique, elle reste à la merci du jeu de pouvoirs des classes dominantes qui se succèdent, et celui-ci restera un moyen entre les mains de ces derniers pour servir leur propre intérêt. Toutefois, penser la politique seulement au niveau du meilleur régime à adopter n’est pas la vraie politique. On pense souvent que la démocratie représentative est la réponse rationnelle à tous les maux de l’État, car elle permet au peuple de contrôler le gouvernement. Or, c’est encore confondre l’État avec le gouvernement et omettre une chose essentielle : le pouvoir autonome de chacun à agir politiquement d’une manière directe sur sa localité. Ce qui manque, en fait, c’est la conscience politique au niveau des affaires de chacun. Il faut exercer son métier avec déontologie, s’intéresser à l’urbanisation de son quartier, participer activement aux réunions civiles, pratiquer les simples civilités de base, etc. En conséquence, tout ce qui entre dans la considération de la vie commune est politique.

Comment la politique peut-elle être l’affaire de tous, alors que seuls quelques-uns sont destinés à gouverner la cité ? La question est tout à fait pertinente, car elle met en lumière la difficulté des tâches qui incombent aux vrais politiciens. Immédiatement, les hommes du commun se désintéressent de toute affaire politique à cause d’une mauvaise image profilée par l’environnement politique dans le concret. Qui plus est, les compétences requises pour un gouvernant devraient dépasser largement de celles des hommes ordinaires. Du coup, seule une poignée d’élites se sentent concernés par les affaires publiques. Or, la cité perdrait beaucoup de son essence et de sa valeur si les citoyens, véritables poumons de la vie en communauté, étaient neutres et délaissaient leurs responsabilités. La liberté de pensée et d’expression n’est pas du tout une chose banale, car elle est le signe distinctif de l’homme et la première manifestation de la vie en communauté par le biais du langage. Même si la politique est l’affaire de tous, c’est-à-dire des gouvernants et des gouvernés, elle devrait se déployer selon des règles et des principes, et ce, selon les responsabilités assignées à chacun.
 






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