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Dissertation de Philosophie (corrigé) : Les objets techniques nous imposent-ils une façon de penser ou seulement une manière de vivre ?

Les objets techniques sont des artifices, un moyen pour l’homme de démontrer sa complexité vis-à-vis de son monde et de son entourage. Le mot artifice est plus approprié pour désigner les buts que l’homme s’est donnés en manipulant la technique. Depuis les outils les plus rudimentaires comme le simple couteau aux automates les plus complexes dotés d’intelligence artificielle, l’homme n’est point neutre face à la technique. Anthropologiquement, il est difficile de situer exactement à quel moment de son apparition l’homme ou ses supposés ancêtres hominidés ont commencé à se servir quotidiennement de ces objets. Cependant, une chose est certaine : on ne peut penser la vie de l’homme sans leur présence. À cela on peut se demander si les objets techniques nous imposent une façon de penser ou seulement une manière de vivre. En développant le fond du questionnement, l’on pourrait même se demander : ce que nous créons en tant que simples moyens prend-il le dessus sur nous ? Pour répondre à cela, nous verrons d’abord dans une première partie en quoi les objets techniques nous conditionnent idéologiquement. Toutefois dans une seconde partie, on va aussi considérer en quoi les objets techniques n’ « imposent » rien dans le sens où leur existence ne constitue pas un monde autonome.

I. Les objets techniques sont le reflet de toute une idéologie


A. Les objets techniques symbolisent notre propre culture


Selon une première approche, il est manifeste que les objets techniques conditionnent notre culture. Ils déterminent l’évolution de la pensée de notre société. En effet, un objet technique, en tant qu’il est un nouveau moyen, met en place de nouvelles conditions sociales. On peut supposer notamment que c’est grâce à l’innovation des moyens de production industrielle que l’abolition officielle de l’esclavage a été légitimée dans les consciences. Actuellement, la réalité virtuelle (l’immersion dans un monde programmé) et la réalité augmentée, (l’émergence de la dimension holographique dans le monde réel) va grandement affecter la conception et la représentation mentale de la réalité. Oswald Spengler disait dans L’homme et la technique que « dans l’existence de l’homme, la technique est consciente, arbitraire, modifiable, personnelle, imaginative et inventive ». Par ailleurs, quand un homme médiatise son intention à l’aide d’un objet technique, c’est cet objet qui au préalable aura défini le but et les résultats. En prenant l’exemple de la bombe atomique, cette arme n’est jamais neutre en soi, car sa finalité est l’extermination massive. Et il est possible de déclencher cette bombe dans le confort d’un bureau, détaché des visages des victimes, ce qui montre que l’objet atténue la pathologie (le sentiment affectif) de l’acte.

B. Les objets techniques renferment de valeurs


D’une manière générale, les objets techniques, en tant qu’ils sont fondamentalement des moyens d’action, ont un effet implicite qui nous conditionne psychologiquement : l’esprit pragmatique, soit l’encadrement de notre façon de penser dans le souci constant du pouvoir et de l’efficacité. Tout d’abord, un objet technique a pour fin en soi l’action, que cela soit en vue d’un besoin ou d’un désir, et celle-ci se veut être toujours plus puissante et plus efficace. Ensuite, en tant que l’homme est naturellement disposé à en fabriquer grâce à son intelligence, il ne cesse de découvrir de nouvelles innovations au cours de sa lutte avec le monde naturel. Cette course à l’innovation se perpétue jusqu’à un point où il ne se considère plus être à la merci de la nature, mais est illuminé par une vision divinement ambitieuse, celle de sa destinée à être « le maitre et le possesseur de la nature ». Les objets techniques seraient alors les témoignages de ce renversement de l’ordre et la preuve que le monde s’offre à nous pour être dominé, et que par ailleurs les vérités que l’on découvre, les propriétés de la matière et les lois de la nature, n’ont qu’une valeur d’action.

 

prolonge cette analyse sur le rêve inconscient de l’humanité dans Le droit à la paresse, en pointant du doigt les aberrations dans l’organisation économique du travail. « Cette folie est l’amour du travail, la passion moribonde du travail, poussée jusqu’à l’épuisement des forces vitales de l’individu et de la progéniture ».

Les objets techniques ne sont pas neutres en soi, car ils conditionnent notre esprit à aspirer à la vision réductrice du pragmatisme. Toutefois, derrière la technique se trouve ce pouvoir du concepteur qu’est le sujet, déployant du sens dans la matière. Dès lors, est-il pertinent de dire que la technique a sa sphère propre et autonome en dehors de l’homme ?

II. Les objets techniques ne nous imposent rien


A. La technique est un système créé par l’homme et non l’inverse


Supposer que la technique impose une façon de penser, c’est insinuer qu’elle a son monde propre autonome qui dépasserait l’homme. Mais peut-on séparer l’objet qui porte un sens et le sujet qui donne du sens ? Il est vrai que l’habitude conditionne l’usage quotidien d’un objet technique et façonne notre esprit à fonctionner selon cette technicité. Toutefois, il faut remarquer avec précision que c’est bien le sens que l’homme donne qui est le médiateur entre l’esprit et la réalité concrète. La technique renferme alors du sens, projeté dans la matière et qui affecte en retour le sujet. Entre autres, la vision du monde qui prône la technique est un « parti pris », qui est un cas parmi d’autres possibilités. Comme Aristote l’explique dans les notions de puissance et acte, les potentialités de l’objet technique attendent la volonté de l’homme pour se réaliser pleinement. Il dit dans ses Métaphysiques : « Toute puissance est en même temps puissance de contradictoires : ce qui n’a pas de puissance d’être dans un sujet ne pourra jamais lui appartenir, mais tout ce qui est puissance peut ne pas s’actualiser ». L’homme est donc libre d’épouser ou non cette vision qu’il s’est donnée, et il suffit de considérer la conviction des écologistes pour nier le fait que le rapport de servitude entre l’homme et la nature est une fatalité. Il n’y a donc pas de nécessité extérieure qui comprime l’homme dans cette façon de penser.

B. Un objet n’a pas nécessairement une fin technique


Il est indéniable que l’objet technique affecte le monde de l’homme d’une manière ou d’autre, car celui-ci a été fabriqué pour une fin précise, il porte et communique le sens d’un autre homme. Toutefois, on ne saura jamais ce qui est venu à l’esprit de celui qui a instrumentalisé le premier objet tranchant si c’était pour tailler ou pour agresser. Une chose est sure : un stylo peut rendre mille services divers dès que l’on se sert de notre ingéniosité. Toutefois, nos perspectives conduiraient nécessairement à avouer que ce sera toujours une fin technique. Cependant, c’est facilement oublier l’aspect existentiel de l’esprit humain qui a défini et décidé ce qu’est un objet technique. On peut comprendre par exemple qu’une civilisation qui n’a jamais vu un avion le survoler haut dans le ciel peut voir en ce dernier un objet de culte, de sorte que l’appareil renfermerait des pouvoirs mystiques. Bien sûr, après une certaine auscultation ladite civilisation peut comprendre l’aspect utilitaire de l’objet, mais cet exemple montre bien que c’est d’abord l’homme qui décide de « concevoir ». Toute la manière de vivre de l’homme est alors un concept matérialisé, se présente à lui comme un objet de tel ou tel type, soit par exemple technique, artistique ou religieux. Comme le disait l’anthropologue Edward Sapir dans Anthropologie, « les techniques de chasse du Bushman sud-africain, la croyance de l’Indien nord-américain dans la sorcellerie, la tragédie grecque de l’Athénien sous Périclès, la dynamo électrique de l’industrie moderne, sont tous sans distinction des éléments de culture à part entière ». Ainsi, le fait même de catégoriser un objet de « technique » montre la transcendance du sujet, ce qui se manifeste concrètement par une manière de vivre en particulier.

Comment ce que nous créons peut-il nous dépasser ? On peut affirmer que les objets techniques conditionnent un certain rapport au monde, car non seulement ils nous déterminent culturellement, mais forgent également notre esprit à voir les choses de manière pragmatique. Toutefois, ils n’imposent rien, car d’abord il n’y pas de dualité hiérarchique entre un monde technique qui serait autonome en lui-même, et un sujet qui lui obéit. Il n’y a en fait qu’un rapport de sens avec le monde et ce sont les hommes eux-mêmes qui se conditionnent selon la particularité de leur monde et l’état d’esprit par lequel ils le conçoivent. En définitive, le monde technique est un concept matérialisé parmi d’autres, et que certains hommes embrassent cette vision, d’autres pas, mais cela ne change rien à notre nature d’être existentiel. Entre la façon de penser et la manière de vivre, il n’y a qu’un pas. On peut dire même que ces deux positions s’entretiennent. Cependant, la façon de penser détient un degré supérieur, tandis que la manière de vivre peut se faire par simple habitude, de façon inconsciente ou juste par répétition. Dans les deux cas, la technique déploie toute sa signification en tant que façon de penser, mais facultativement en tant que manière de vivre.
 






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