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Dissertation de Philosophie (corrigé) : La théorie est-elle une interprétation du réel ?

D’après l’usage quotidien du terme « théorie », la frontière entre la science et l’opinion parait infime. Car la théorie est ce qui s’oppose à la pratique, c’est-à-dire tout ce qui se conçoit de manière abstraite et parfois incompatible à la réalité. Or, d’après son origine scientifique, la théorie prend toute un autre sens, de sorte que c’est le moyen par lequel le scientifique fait parler de l’objet. Si pour la science, la théorie est synonyme de pertinence, l’homme vulgaire s’en désintéressera pour le taxer d’incohérence. C’est dans cette confusion que l’interprétation intervient pour pouvoir atténuer le degré de vérité dans une théorie. Ainsi, il est habituel d’entendre dire que la théorie est une interprétation du réel. C’est comme si tout le monde est alors capable d’interpréter, donc en mesure d’émettre une théorie. Néanmoins, des courants de pensée philosophique se sont d’ailleurs intéressés à l’interprétation, car cette dernière a permis une remise en question des fondements des théories scientifiques. Pour faire simple, le problème qui nous intéresse est de savoir : quel rapport la théorie entretient-elle avec le réel ? Tout d’abord, nous nous confortons à prouver l’objectivité des théories scientifiques, où il n’y a aucune place pour des prises de position personnelles. Et par la suite, nous verrons également que la théorie et le réel entretiennent une relation établie par l’homme, et dont la vraisemblance ne provient ni de la théorie ni du réel.

I. La théorie repose sur l’objectivité


A. La théorie appréhende le réel tel qu’il est


Les sciences expérimentales sont, parmi toutes les catégories de science, les plus aptes à se vêtir le caractère d’objectivité. Les sciences humaines ne sont pas en reste, bien que leur objet ne soit pas observable au même titre que la physique ou la biologie. Quand on parle d’objectivité, c’est le réel qui est mis en avant par la théorie, la pensée ne faisant que déployer son langage en guise d’intermédiaire. Une théorie provient de la confrontation entre la pensée et le réel, et l’objectivité consiste en la cohérence et la rigueur utilisées par la pensée dans la saisie du réel. Sans objectivité, on ne peut parler de science, et encore moins de théorie. Comme disait Max Planck dans Initiation à la physique, « les mesures doivent être considérées comme le résultat final plus ou moins complexe d’influences entre les phénomènes ayant lieu dans le monde extérieur et des phénomènes qui se passent dans nos instruments de mesure et dans nos organes sensoriels eux-mêmes ». En concevant les démarches d’observation, la pensée ne procède pas selon le hasard, et de même les sens se soumettent à la réalité de l’objet. Par conséquent, si les sens suggèrent en premier à la pensée ce qu’il en est de l’objet, ce sera toujours la réalité qui fournit à la pensée l’intuition de l’observation.

B. Il n’y a de théorie que conformément à l’expérience


La théorie n’a pas pu prendre forme sans l’expérience. En effet, l’expérience est ce concours de la pensée et des sens, dans le but de saisir la vérité de l’objet dans sa matérialité. La théorie, quant à elle, est la synthèse de tout ce qui s’est élaboré au cours de l’expérience. Donc, à chaque fois que l’expérience se répète dans les mêmes conditions initiales, cela doit confirmer ce qui est énoncé dans la théorie y afférente. En tout, la théorie est un énoncé universel de l’expérience, donc elle puise toute sa vérité à partir de la réussite de l’expérience. Une expérience réussie est celle qui est marquée par la répétabilité, c’est-à-dire que l’objet pourrait désormais se présenter selon des caractères objectifs, donc acceptés à chaque observation. En proposant cette définition de la théorie, le chimiste Pierre Duhem souligne clairement son origine expérimentale : « C’est un système de propositions mathématiques, déduites d’un petit nombre de principes, qui ont pour but de représenter aussi simplement, aussi complètement et aussi exactement possible, un ensemble de lois expérimentales ». Selon ce passage tiré de La théorie physique, Son objet, sa structure, la théorie se formule selon le langage mathématique (si l’on parle de science expérimentale bien évidemment). Mais son objet a été préalablement soumis à l’objectivité de l’expérience.

Si l’objectivité d’une théorie ne peut se passer de l’expérience, c’est parce que la théorie et le réel représentent dans un même système à la fois le concret et l’abstrait. Mais en scrutant en profondeur l’essence de l’objectivité, la philosophie dirait que la théorie présente une marge de convention lors de son élaboration.

II. La théorie adapte le réel selon sa nature


A. Toute construction implique interprétation


Bien que la rationalité soit le point commun de toute science, impliquant l’universalité de sa validation, soulignons qu’une théorie est toujours et déjà une interprétation. En profondeur, l’interprétation n’est pas une formule toute faite, c’est la signification donnée à un phénomène. Si la science a fini par élaborer tous les faits d’expérimentation, les faits observés ne parlent pas d’eux-mêmes, il faudrait les signifier. Mais y accorder une interprétation n’est pas un processus universel, chaque scientifique va apporter une signification qui se distinguera de ce que les autres pourraient dire. « La connaissance interprète, elle introduit un sens, elle n’explique pas », disait Nietzsche dans La volonté de puissance. Dirions-nous alors que l’interprétation serait dépourvue de rationalité ? Au contraire, une signification est tout à fait compréhensible par la raison, du fait qu’il y a un sens à faire savoir. Par conséquent, une expérimentation aboutit à une théorie parce que le scientifique a pu interpréter le résultat, d’une manière selon laquelle l’objet s’est présenté à lui à travers l’expérience. D’ailleurs, tout processus scientifique qui met un objet au centre de ses investigations nécessite une interprétation.

B. Il y a une part d’irrationnel dans chaque théorie


Revenons un peu sur la nature de la théorie. Puisque l’homme ordinaire use également de ce terme pour désigner une compréhension générale, ou particulière aussi, d’une situation donnée, il est clair que l’homme ordinaire est capable d’interpréter. Par là, il ne s’agit pas d’emblée d’insérer une valeur de vérité, mais plutôt de donner un fondement à cette valeur de vérité. Et si l’on s’acharne à se demander : pourquoi est-ce ainsi et non pas autrement, alors que je pourrais proposer mieux ? L’on dira simplement que c’est l’interprétation que j’octroie à ce phénomène, tel que je le conçois. Et il en est de même pour la science. Dans le fondement de la science, l’évidence des axiomes est parfois assujettie à des paradoxes internes de la pensée, ce qui n’anéantit pas pour autant la discipline scientifique. Car l’interprétation des résultats est tout à fait cohérente, sans nier l’objectivité des démarches expérimentales. Si Einstein disait dans La théorie de la relativité restreinte et générale, que « le chercheur, poussé par les faits de l’expérience, développe un système de pensées qui, le plus souvent, est logiquement construit sur un petit nombre de suppositions fondamentales, les soi-disant axiomes », alors on peut dire que les axiomes sont le début même de l’interprétation. Comment pourrait-on présenter un axiome si ce n’était pas les phénomènes et la pensée qui l’ont suggéré ? Y aurait-il un axiome complètement détaché de toute pensée humaine, de sorte qu’aucune interprétation de la réalité mentale n’est intervenue ? Ainsi, dans la théorie, on ne peut pas expliquer les fondements ainsi que la démarche, sinon on expliquerait la raison par la raison, ce qui est absurde. La part d’irrationnel se trouve donc dans cette évidence inexpliquée, mais mise en valeur par l’interprétation.

En conclusion, la question concernant le réel et la théorie fait surgir la pertinence de la démarche scientifique, mais aussi l’appréhension des hommes du commun du sens même d’une théorie. D’une part, la science ne pourra prétendre à son titre si elle ne disposait pas d’une objectivité dans sa démarche. Il s’agit en effet de l’impartialité dans l’élaboration des processus de laboratoire, sans donner de la place aux sentiments extérieurs ni aux préjugés infondés. C’est toute la scientificité qui se déploie dans le passage de l’observation vers la théorisation. D’autre part, il importe de souligner que la scientificité est déjà une forme d’interprétation, et même dans l’opinion commune qui considère une théorie, l’homme ordinaire a épousé la signification inhérente à celle-ci. L’interprétation est le processus de signification, conforme à la pensée rationnelle, mais qui part d’une donnée irrationnelle. Dans la science, les phénomènes se présentent tout d’abord selon le chaos, c’est pourquoi elle intervient pour mettre une signification, selon une méthode objective, aux phénomènes. En somme, à chaque étape de l’élaboration d’une théorie, l’interprétation tient une place primordiale, bien que cela ne soit pas manifeste. On ne peut pas parler d’objectivité pure en science.
 






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