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Dissertation de Philosophie (corrigé) : Le travail éduque-t-il ?

L’homme est un être complexe à la fois dans la manifestation de ses besoins que dans la manière de les combler. Le travail tend également vers cette forme de complexité, tel qu’il est perçu dans la société contemporaine. Mais dans cet effort mental ou physique qu’exige le travail, le travailleur fait face notamment à de nombreuses expériences décevantes. Parfois, nous avons un lot de consolation, en nous disant que le travail nous permet de générer des connaissances et d’augmenter notre culture, ce qui reste encore à vérifier. Parallèlement, le travail renvoie aussi à cette fatalité qui nous rappelle toujours le premier ordre de notre organisme : survivre. Face à ce dilemme, l’on se demande parfois : que vaut le travail face aux exigences que l’homme se fait de son existence ? Pour résoudre ce problème, nous développerons d’abord en quoi le travail serait un obstacle à notre épanouissement, puis nous verrons qu’il est un moyen efficace pour s’épanouir intellectuellement.

I. Le travail est un obstacle à notre épanouissement


A. Le travail est comme une condition fatale pour l’homme


Sisyphe, un héros de la mythologie grecque, est condamné par les dieux à un calvaire éternel. Celui-ci dans les Tartares doit pousser un rocher jusqu’au sommet d’une colline pour ensuite la voir débouler jusqu’au pied de cette dernière et recommencer éternellement la manœuvre. La condition humaine du travail peut être vue comme celle de Sisyphe jusqu’à notre mort. Nous travaillons nécessairement pour survivre mais ce n’est jamais suffisant : jeune ambitieux, nous travaillons pour le succès ; adulte responsable, nous travaillons pour assurer les besoins de notre famille; retraité mélancolique, nous travaillons pour nous sentir vivants. Tout compte fait, nous pouvons nous représenter le travail comme un cycle fatal ; à l’image de Sisyphe, nous travaillons pour un certain désir ou un certain besoin puis nous recommençons jusqu’à ce que notre organisme nous lâche. « Les ateliers modernes sont devenus des maisons idéales de correction où l’on incarcère les masses ouvrières, où l’on condamne aux travaux forcés pendant 12 et 14 heures, non seulement les hommes, mais les femmes et les enfants ! », explique Paul Lafarge dans Le droit à la paresse. Le problème est que penser le travail comme le seul moyen d’accès au bonheur nous laisse peu de temps à nous affairer à d’autres activités qui contribuent à l’épanouissement de tout notre potentiel. Certes, nous en avons besoin pour survivre, mais au-delà d’une certaine limite, est-ce vraiment nécessaire de lui consacrer toute notre énergie créatrice ?

B. Le travail affaiblit notre potentiel vital


En général, le travail est le principal moyen pour acquérir des biens et des services, mais il constitue aussi une brèche vers le succès individuel et l’entretien de la vie en communauté. Cependant, la glorification du travail n’est pas sans un certain conditionnement négatif qui fait obstacle au plein épanouissement de notre être. Autrement dit, le travail humain renferme une certaine trivialité. Pour Nietzsche, le travail « consume une extraordinaire quantité de force nerveuse et la soustrait à la réflexion, à la méditation, à la rêverie, aux soucis, à l’amour, et à la haine, il présente constamment à la vue un but mesquin et assure des satisfactions faciles et régulières ». On peut comprendre ici que le travail peut être une entrave à la puissance créatrice de la vie. Et cette puissance créatrice regroupe tout ce qui est désintéressé, mais qui a de la valeur. En effet, c’est plutôt la vie qui mérite d’être manifestée en l’homme, et non la survie qui s’obtient par le travail. L’habitude d’exécuter une tâche triviale anesthésie notre vigueur en occultant certaines expériences humaines, nécessaires à l’épanouissement personnel.
Selon un point de vue hédoniste, il n’y a rien de pire au monde que le travail. Toutefois, le travail n’a pas une existence en soi, mais seulement à travers l’homme. Si le monde du travail recèle quelques points positifs, c’est surtout parce que le travailleur a su y insérer de la valeur intellectuelle.

II. Le travail éduque socialement et techniquement


A. Le travail nous enseigne des vertus


Tout d’abord, le travail se distingue de ses produits. Par conséquent, la valeur du travail ne repose pas nécessairement à celle de ses produits. Certes, les produits du travail s’écoulent sur le marché, selon des lois et des conditions préalablement établies. Quant au travail, c’est pendant son exécution que le travailleur dévoile toute l’essence de son activité. En effet, le dur labeur nous enseigne des vertus admirables, notamment la patience, la mesure, le courage et, dans certains cas, la créativité. On peut alors dire que le travail n’a pas de valeur en soi, ce sont ces qualités exprimées par le travailleur qui lui donnent de la valeur. Ici, ce que le travail nous enseigne n’est pas véritablement la compétence ou le savoir-faire, mais plutôt l’art de bien vivre son humanité. C’est ce que Marcel Mauss voudrait définir par le terme éducation : « L’éducation est l’opération par laquelle l’être social est surajouté en chacun de nous à l’être individuel, l’être moral à l’être animal ; c’est le procédé grâce auquel l’enfant est rapidement socialisé ». En travaillant, c’est son être, sa personnalité que le travailleur transforme à travers ce qu’il fait. La pénibilité de la tâche contribue à cette formation, mais seulement pour déclencher la volonté de se surpasser.

B. L’éducation concerne le développement des techniques


Soulignons que le propre du travail est la rémunération monétaire en échange de l’effort fourni. Cependant, cette récompense ne vaut pas seulement en termes de survie, elle mesure également la qualité du travail en matière de technicité. En effet, les sociétés humaines déploient les techniques seulement à travers le travail, c’est-à-dire que son développement se fait toujours à titre onéreux. Par conséquent, le travail éduque chaque secteur économique à parfaire la technique, cette dernière étant également un signe manifeste de l’avancée de l’humanité. Abstraction faite de la rentabilité que pourrait soutirer chaque partie dans une machine ou un outil perfectionné au travail, on peut dire que la technique fait partie intégrante de l’éducation qu’un homme civilisé devrait avoir. Comme le constate Oswald Spengler, les techniques animales et les techniques humaines sont peut-être similaires dans plusieurs points, mais pour l’homme, cette assimilation se fait de manière consciente. Il disait dans L’homme et la technique : « La caractéristique exclusive de la technique humaine, au contraire, est qu’elle est indépendante de la vie de l’espèce humaine. C’est, dans l’histoire entière du monde vivant, l’exemple unique d’un individu qui s’affranchit de la contrainte générique ».

Le travail en tant que condition humaine oppressante peut-il nous laisser le loisir de nous développer pleinement ? On a vu que le travail pourrait être un obstacle à notre épanouissement. Le fait de ne penser qu’au travail nous rend moins disponibles à nous intéresser à d’autres activités qui sont plus propices à nous procurer du bonheur. Et en consacrant tout notre effort à un surtravail, en espérant être à l’abri des difficultés, donc à atteindre le bonheur, nous avons dévié de la vraie définition de la vie et du bonheur lui-même. Toutefois, le travail est une forme d’éducation à part entière : d’un côté, en forgeant notre personnalité et notre caractère au sein de la société, et de l’autre côté, en mettant en avant l’importance de la technique pour le travailleur et pour l’humanité. C’est après avoir réalisé la nature éducatrice du travail qu’on peut affirmer qu’il y a véritablement bonheur dans l’existence.
 






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