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Dissertation de Philosophie (corrigé) : Pourquoi les oeuvres d’art nous séduisent-elles ?

« Le bon goût, c’est mon goût » disait Dali. La pluralité des goûts fait obstacle dans la définition universelle d’une œuvre d’art. Si je dis que je n’aime pas les œuvres d’un Da Vinci, mais que j’aime celles de Warhol ou que je préfère l’un à l’autre, une discussion interminable surgira afin de déterminer ce qui est artistique et de ce qui ne l’est pas. La frontière entre le goût et la beauté artistique devient alors un problème central pour les amateurs d’art et les penseurs. Une œuvre nous séduit-elle parce qu’elle est artistique, ou plutôt parce qu’elle est tout simplement à notre goût ? Afin d’y répondre, nous dirons dans une première approche qu’il y a un mécanisme sensuel ou psychique qui peut être objectivement identifié dans l’appréciation d’une œuvre dite de « l’art ». Cependant, l’attraction sujet-objet en art est ancrée dans un rapport subjectif, car n’étant pas toujours reproductible.

I. L’attraction pour une œuvre d’art n’est pas sans cause propre


A. L’amour du beau


Les représentants de l’art classique identifient le charme mystérieux de l’art par la sympathie de l’âme vers un l’idéal de ce qu’ils appellent le « Beau ». Le sentiment du Beau renvoie à la sensation de l’harmonie, de l’ordre dans la mesure symétrique des parties d’un objet et s’opposant au « laid », qu’ils définissent comme une association de manière chaotique, absurde de ces dernières. C’est en fait, comme s’il y avait un arrangement naturellement agencé qui serait familier à la nature même de l’âme. Ainsi, les anciens philosophes grecs comme Platon, dont les idées nourrissaient le classicisme de la renaissance, ne faisaient pas particulièrement la distinction entre ce qui est naturellement beau de ce qui est la touche personnelle de l’artiste dans la représentation de l’œuvre. C’est comme si l’artiste n’était que l’agent de l’Amour « eros » qui sculptait (a-musé par cette dernière) le Beau à travers les matériaux physiques. En effet, l’Amour « Eros » est cette force qui tend vers l’harmonie en unifiant, toujours en lutte avec, ce qui est disjoint par la Discorde « Neikos ». L’ouvrage du Beau était la recherche de l’harmonie et son appréciation, le dévoilement de l’amour.

B. L’art comme dévoilement du sujet humain


S l’idée du Beau était originalement associée à l’idée d’harmonie, ce n’est pourtant pas le seul objectif de l’art. Sinon, on aurait oublié « l’artiste », ce sujet qui peut être autant mesuré que troublé par des conflits intérieurs. Une œuvre d’art est d’abord une « œuvre » produite par un sujet complexe. L’artiste est ce sujet qui exprime tout un « vécu » et son œuvre est une sorte d’introspection de la totalité de sa condition humaine. Comme disait Schopenhauer dans Le monde comme volonté et comme représentation, « ce n’est pas seulement la philosophie, ce sont encore les beaux-arts qui travaillent au fond à résoudre le problème de l’existence ». Si l’art est une expression, c’est en ce qu’elle tente d’exprimer. On remarquera le chaos de la « Guernica » de Picasso qui absorbe le sujet dans un monde dérangeant, représentant les horreurs de la guerre : brutal, douloureux, désespérant, tout un conflit qui envoute pourtant le sujet dans sa représentation. Pourquoi ? L’observateur comprend en partie les sentiments de l’artiste, car ils sont tous les deux sujets à la « sublimation », cette vision qui transgresse un ordre familier et qui excite notre imagination. Et qu’est-ce l’imagination si ce n’est que ce propre de l’homme, lui permettant de s’affranchir de l’inerte ? L’art est une thérapie de folie qui détache l’homme de l’institutionnalisation conventionnaliste, lui rappelant tout le temps ce qu’il est, une lutte sans repos entre l’ordre et le chaos.

L’attraction d’une œuvre d’art n’est alors finalement pas toujours celui du sentiment du Beau, car celui-ci n’est qu’une partie du complexe humain. Il importe à présent de savoir si on partage les mêmes complexités au moment où l’on fait face à une œuvre d’art.

II. L’art est une complexité originale


A. Une complexité personnelle


En considérant la complexité de l’homme, il n’y a pas de structure définie à l’égard de l’appréciation de l’art. Tout d’abord, l’art porte un message personnel. Dire que l’artiste est sans intention, c’est-à-dire désintéressé, revient à dire qu’il n’eut aucun medium qui décrit une réalité à la manière de ses sentiments. Cela signifie également que l’art ne serait alors qu’une simple tentative de copier-coller la réalité ; or, choisir une réalité à présenter plutôt qu’une autre est déjà un investissement. La Guernica de Picasso n’est pas simplement une expression tentant de décrire les horreurs de la guerre, mais aussi une provocation personnelle dans sa représentation, une provocation dans la manière de mettre l’image dans une autre perspective, une perspective où elle peut être « imaginée » autrement. Si Scorcèse critique les « films Marvel » c’est à l’égard de leur conventionnalisme cinématographique qui manque de risque pour une représentation originale.

B. Une complexité en situation


Mais ensuite, ce n’est pas seulement cette complexité personnelle de la représentation de l’artiste qui plait dans l’œuvre, car l’art c’est aussi l’expressivité d’une rencontre en situation. Si la représentation de l’artiste joue en majeure partie sur l’impact de son œuvre, c’est parce qu’un artiste est d’abord humain et que cette humanité est toujours en puissance d’éveil chez l’observateur. C’est bien pourquoi on appelle un artiste : « medium » ; il est ce médiateur entre la chose représentée et l’humanité dans son expression. Cependant, cette médiation n’est pas toujours reproductible, à chaque fois que le sujet observant contemple l’œuvre. On ne peut pas dire que l’énigmatique sourire de la Joconde me fasse le même effet à chaque fois et aussi autant qu’à un autre observateur, et d’ailleurs il n’y a pas que ce sourire, mais sans ce sourire la Joconde n’aurait jamais peut-être eu le même succès. Il ne s’agit pas ici de prétendre que la touche de l’artiste s’efface dès lors à chaque fois, en quoi ce serait dire que c’est la situation de rencontre qui est le véritable artiste. L’explication psychanalytique de l’art fait intervenir le concept de désir non assouvi de l’humanité, ce que le spectateur peut retrouver dans à travers les œuvres. « Mais il (l’artiste) trouve le chemin de retour de ce monde imaginaire vers la réalité : grâce à des dons particuliers, il façonne ses fantasmes en réalités d’une nouvelle sorte que les hommes apprécient comme de précieuses copies de la réalité », disait Freud.

En fin de compte, les essais théoriques pour définir le Beau est une réponse classique face aux attraits suscités par les œuvres d’art. Joignant l’imagination à l’objet à représenter, l’artiste parvient à porter la voix de l’humanité, et en particulier celui de l’observateur. C’est à travers ces deux volets, à savoir la forme (le goût) et le fond (l’objet à représenter), que les œuvres d’art plaisent au public amateur. Par conséquent, chacun n’est pas forcément attiré de la même intensité par une œuvre donnée, car le mécanisme par lequel elle nous ravit n’est pas universellement donné. Le pouvoir de séduction émis par une œuvre est donc susceptible de changer dans le temps, mais toujours en puissance d’éveil pour éclairer l’humanité. Roger Ebert disait à propos des productions cinématographiques : « les plus grands films semblent être toujours nouveaux à chaque fois que nous les regardons »
 






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