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Dissertation de Philosophie (corrigé) : Est-ce à l’Etat de faire régner la justice ?

Alain, dans Propos, Pléiade, nous énonce « Où donc est la justice ? ». Ce constat fort mais provoquant nous incite véritablement à nous introspecter en ceci : où est donc la justice ? Car la justice n’est-elle pas avant tout l’acte de vouloir aspirer à vivre un idéal sociétal de groupe ? Thomas Hobbes affirmait d’ailleurs que l’homme vit en société pour échapper à l’état de nature qui est synonyme de destruction, de peine, et de souffrance d’où la nécessité d’une mise en place d’un appareil judiciaire en vue de faire régner la justice. Mais bien que la frontière entre justice et morale soit maigre, elle demeure même difficile à appréhender. Ce qui est juste, n’est-ce pas accepter l’arbitrage; non pas l’arbitrage juste, mais l’arbitrage entre deux parties. Cela nous pousse alors à nous poser la question suivante : « Est-ce à l’État de faire régner la justice ? » Afin de répondre à cette question, nous verrons dans une première partie, que l’État doit obligatoirement faire régner la justice, mais que dans cette tentative, dans le socle de la deuxième partie sera vaine, car la justice est une notion collective et non privée concernant uniquement l’État.

I. L’État doit faire régner la justice


Comme le dit Jean Jacques ROUSSEAU « Moralité, justice et droit commencent avec la vie sociale. » Les hommes acceptent de délaisser l’état de nature afin de vivre en société, car ils recherchent à travers les autres une partie de ce qui les manque dans la construction de leur être et la formation de leur identité. Mais si l’homme vit dans une société étatique, où demeurent les règles et les lois qui érigent le savoir-vivre de cette société, il appert que l’état doive faire régner la justice, car il existe trop d’inégalités sociales au sein des hommes. Comme le dit Aristote « L’homme est un animal politique destiné à vivre dans la cité ». Ce constat fort mais frappeur vient alors poser les jalons même de ce qu’on attend de l’État, c’est-à-dire la justice. La justice est donc un attribut même étatique bien qu’idéal car personne n’aimerait vivre dans un état où tout serait injuste. L’homme accepte ainsi ce qui le parait juste dans la mesure où les règles sociétales ont été édictées en vue de garantir le bien collectif et non l’intérêt individuel d’un quelconque individu. C’est ce que confirme Jean Jacques Rousseau « L’État authentique construit par pacte social, signifie la loi ». En effet, si l’État authentique construit par le pacte social, signifie la loi, seule la loi est en mesure de faire régner la justice et pourtant seul l’État peut promulguer la loi et les lois relatives d’un pays, nous concluons donc que seul l’État peut faire régner la justice au travers de ses multiples lois. L’État est également responsable de faire régner la justice car la justice dérive de la raison, son symbole est même celui d’une balance où l’on pèse deux parties, ce qui nous rappelle fortement la dialectique art de peser le pour et le contre d’une proposition. Et si la justice est donc rendre justice est un exercice de la raison, l’État est le mieux placé pour cette tâche ardue comme le disait HEGEL « L’État permet à l’homme de mener une existence conforme à la raison, » car l’État enseigne, éduque et corrige ces concitoyens à travers la justice. Faire régner la justice est donc à coup sûr le rôle primordial de l’État qui en est le garant suprême comme le confirme LOCKE « L’État est une société d’hommes prenant en compte les intérêts civils. »

II. La justice n’est pas qu’une affaire de l’État mais une responsabilité individuelle de chaque citoyen


Dire que l’État doit cependant faire régner la justice, c’est omettre le fait que faire régner la justice est un devoir de chaque citoyen. En effet, la justice qui consiste à faire ce qui est juste et donc à observer les lois et les règles propres de l’État où l’on vit est une affaire individuelle et non collective, partielle et non globale car cela entraîne ce qu’on appelle l’effet KAIZEN, les petites améliorations impactent sur la finalité. Devons-nous également attendre que chaque citoyen sache ce qui est juste, ou chaque citoyen dispose-t-il d’une conscience et d’une morale ? La réponse est plus claire et plus évidente, car la justice n’est pas uniquement l’affaire de l’État mais la responsabilité de tous. Elle en devient donc l’idéal social, car faire ce qui est juste ne nous donne t il pas notre humanité ? Nous séparant ainsi de l’animal, comme le disait Aristote, « l’homme est un animal social et politique appelé à vivre dans la cité. » D’ailleurs, Thomas Hobbes ira plus loin en supputant « L’État et l’ordre politique ne sont pas naturels ». Quand il énonce que l’État et l’ordre politique ne sont pas naturels, cela signifie que ce processus organique social a été instauré en vue de résoudre les tensions dues au désir d’autodestruction et de domination entre hommes. Cependant, comme l’indique Platon « La justice c’est l’ordre et l’harmonie, la cité idéale est la condition de la justice. » Nous avons donc notre idéal social et cela n’est pas qu’une question d’État comme le confirme Aristote « Ce qui distingue l’homme, c’est qu’il perçoit le juste et l’injuste », car l’homme dispose donc de cette capacité de distinguer le juste et l’injuste. Cette capacité innée en l’homme que nous appelons moralité doit donc nous amener à reconsidérer le rôle de l’État au détriment de notre propre jugement humain à porter les fruits de la justice sociale car nous sommes dotés d’une conscience et donc d’un appareil de justice que nous appelons la morale. Ainsi, le peuple obéit aux lois, coutumes, parce qu’ils les croient justes, » comme le dit Pascal, et ses lois finalement sont ancrées en nous dans notre conscience sans qu’on ait forcément besoin de nous les rappeler comme l’acte de tuer un humain par exemple. En réalité, la justice n’est donc pas condensée en un acte étatique, se voulant déguiser les prémices d’un ordre sociétal quelconque, mais la véritable justice est celle propre à chaque individu car l’État n’est que la somme de ses derniers, et donc si la justice est déjà inexistante dans chaque individu, le groupement d’individus que nous appellerons « ÉTAT » sera tout bonnement injuste comme le confirme Proudhon « La justice signifie respect d’autrui, je respecte en autrui son humanité en général. »

La justice notion de droit est une affaire d’État, et l’État doit même en faire son étendard. Une société sans justice serait donc une société sans harmonie et sans paix sociale, mais indépendamment du principe d’arbitrage la justice est une notion transcendante car elle vise à arracher l’homme à l’état de nature. La cohabitation et la cohésion deviennent alors possibles si l’homme se soumet aux lois en y retrouvant derrière celles-ci un principe d’arbitrage juste et valide garantissant l’équilibre général de tous : pacte social comme l’indique Rousseau. Mais le constat est nuancé car dire que la justice est l’affaire de l’État ne serait-il pas réducteur de la notion même de justice ? La justice ne va-t-elle pas au-delà de la frontière étatique, car avant tout elle devrait être une valeur partagée par les citoyens de la cité en vue de garantir une cité en paix et prospère ? Utopie figurative ou réalité controversée, KANT répondra « Parce que l’homme a besoin d’un maitre, l’établissement de la justice est une chose difficile. »
 






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