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Dissertation de Philosophie (corrigé) : L’Etat peut-il assurer à la fois la sécurité et la liberté ?

L’État est communément admis comme l’organisation d’une communauté par des lois qui garantissent la pérennité de ses citoyens. En retour, ces derniers peuvent être rassurés sur la sécurité de leur vie et de leurs biens ainsi que l’exercice de leurs droits. Cependant, par la prérogative de puissance publique, l’État impose souvent des lois qui vont à l’encontre de la liberté de ses individus. Comme le cas du contrôle anti-terroriste, les autorités s’immiscent dans ses affaires privées ou le contrôle des censures médiatiques, sélectionnant ce qu’il est permis d’exprimer et ce qui ne l’est pas. Que l’État puisse assurer à la fois liberté et sécurité, cette affirmation mérite une profonde réflexion. En effet, comment dans un système d’organisation maintenue par la force de lois qui ont pour nature de contraindre, peut-on concilier les droits fondamentaux des libertés humaines, pour l’intérêt de la sureté générale ? Ce problème fera objet davantage d’éclaircissement selon les points suivants : en premier lieu, il importe d’examiner en quoi la sécurité et la liberté s’opposer inévitablement dans l’espace politique. Mais aussi, en second lieu de voir en quoi l’État peut être humainement un terrain d’entente entre ces deux aspirations.

I. Liberté et sécurité ne riment pas naturellement dans l’État


A. L’État doit contraindre pour assurer la sécurité publique


En effet, vivre ensemble aura demandé aux hommes de compromettre leur liberté individuelle en vue d’une vie plus stable sous la tutelle d’un pouvoir d’organisation et de contrôle qu’est l’État. En ce sens, la sécurité représente la protection de l’ordre. Pour le philosophe de la politique moderne qu’est Thomas Hobbes, il n’y a pas à discuter de la primauté de la sécurité sur la liberté. Selon lui, dans son Léviathan, il vaut mieux vivre sous les incommodités de l’autorité sévère de l’État « au regard des misères et des calamités affreuses qui accompagnent soit une guerre civile soit l’anarchie ». Sans pour autant considérer que tout moyen de répréhension peut justifier la fin qu’est l’ordre public, il faut reconnaitre la nécessité de l’usage d’une forme d’empiètement de la liberté pour appliquer la loi. Si la liberté, saisie dans son immédiateté, se concrétise par une forme de bien-être, l’application de la loi se détermine essentiellement par l’abstraction de ces plaisirs particuliers. D’autant plus que l’homme ne sait se gouverner à travers les lois qu’il a lui-même édictées, l’État intervient nécessairement pour remédier à ce désordre. C’est dans ce sens que les forces coercitives sont intransigeantes, et telle est la raison d’être des agents de l’État œuvrant pour la sécurité publique.

B. La sécurité au détriment des libertés fondamentales fait révolter les citoyens


Quand la sécurité prend la forme d’un contrôle envahissant sur l’espace des droits fondamentaux tels que la liberté d’expression, d’opinion et de vie privée, l’homme ne peut que réclamer au plus fort le droit de révolte. Pour les défenseurs de la liberté, cet espace de volition représente la dignité humaine, même en tant qu’être autonome. En effet, si la faculté d’avoir un jugement et d’agir de son propre gré nous est réprimée, ce serait nous réduire à être un simple outil de l’État et non comme un acteur responsable. Pourtant, on peut remarquer que l’empiètement de ces droits tend bien à s’accroitre de plus en plus à notre époque, due à la terreur de la propagation idéologique des idées terroristes. Le gouvernement se base sur l’idée que le citoyen vulgaire n’est pas à l’abri de l’influence des idéologies subversives, et qu’il faut établir des mesures de contrôle qui suit au détail près la vie psychologique de ce dernier. Et ceci ne peut se faire que dans la censure médiatique, la surveillance rapprochée des comportements sociaux de l’individu et la fermeture des forums de discussions aux sujets nocifs à l’ordre public. Ce qui, tôt ou tard, ne fera qu’accentuer les envies de mutinerie. « Le combat pratique de ces intérêts particuliers, qui constamment se heurtent réellement aux intérêts collectifs et illusoirement collectifs, rend nécessaires l’intervention pratique et le refrènement par l’intérêt universel « illusoire » sous forme d’État », concluent Marx et Engels dans l’Idéologie allemande.

En somme, quand la sécurité est étirée à son extrémité par rapport à la liberté, il n’y peut y avoir que des animosités incontournables entre ces deux notions. Toutefois, n’y a-t-il pas pour autant dans leur relation, par l’État de droit, quelque chose de réciproquement nécessaire ?

II. L’État de droit peut idéalement garantir la sécurité et la liberté


A. Sans l’État il n’y a ni sécurité ni liberté


Tout d’abord, il n’y pas à proprement parler de liberté « naturelle ». Déjà selon Spinoza, « les hommes se croient libres pour cette seule cause qu’ils sont conscients de leurs actions et ignorants des causes où ils sont déterminés ». En fait, la liberté n’est pas quelque chose de donné, elle est une situation temporaire à saisir. Nous la saisissons quand nous pouvons appliquer notre volonté face à nos impulsions et nos instincts. Cependant, cette saisie n’est pas toujours certaine, car nous baissons facilement notre garde dans les moments qui nous stressent. C’est pourquoi il nous faut la force extérieure de la loi pour nous maitriser et nous faire reconsidérer nos actions afin de protéger notre sureté et celle des autres que l’on pourrait affliger. Ensuite, quant à la sécurité, elle n’a de raison d’être que dans la protection de l’exercice de la liberté. La sécurité au sens de sureté renvoie à l’idée de confiance, de la tranquillité de l’esprit pour mener à bien nos affaires. Cette confiance vient de l’assurance qu’éprouvent les citoyens vis-à-vis des institutions de la sécurité publique, destinés à maintenir l’ordre. Cette relation interdépendante entre liberté et sécurité ne peut cependant véritablement être harmonisée que dans l’État de droit.

B. L’État de droit est l’incarnation de la sécurité et la liberté


Si on ne peut nier l’efficacité des États sous régime totalitaire à protéger leur population, il leur manque la subtilité de l’institutionnalisation des droits de l’homme pour légitimer humainement leur État. En fait, la reconnaissance de la dignité humaine en tant qu’être capable d’autonomie est la seule voie possible entre les deux exigences également impératives que sont la sécurité et la liberté. L’humanisme de l’État de droit est en ceci que les lois sont créées pour protéger des droits qui cultivent un citoyen responsable. Ces droits sont selon l’article 2 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen comme « la liberté, la propriété, la sureté et la résistance à l’oppression ». Elles nourrissent la conscience responsable, car d’abord sans l’idée qu’on a une liberté, on ne peut croire à la puissance de notre volonté. Ensuite, sans le droit à la propriété, nous ne pourrions avoir aucun attachement au produit de notre travail et donc aussi de la bonne réalisation de ce dernier. Puis, sans la sureté, il nous semblera vain de produire quoique ce soit à cause de l’incertitude de nos affaires. Enfin sans le droit de résistance à l’oppression, on serait réduit à n’être que des animaux instrumentalisés. Comme le dit Benjamin Franklin qui est l’un des pères fondateurs des États-Unis : « Celui qui sacrifie sa liberté à la sécurité, ne mérite ni l’une, ni l’autre et finit par perdre les deux ».

En somme la question est assez pertinente du fait qu’elle nous stimule à réfléchir aux enjeux fondamentaux de la nature dialectique de la politique selon le rapport ordre-liberté. Concernant ce dernier, nous avons pu esquisser quelques lignes importantes à considérer sur la question. Tout d’abord, la sécurité, poussée à bout dans le sens de contrôle absolu en politique, risque de dériver vers une opposition radicale à l’idée de liberté. Cependant, on a aussi pu remarquer que ces deux notions sont incontournables pour la légitimité de l’État, mais il manque l’idée de droit. Il s’agit de l’être humain qui mérite d’être considéré comme la fin de l’État même et non comme un élément négligeable du système. Par définition, la vocation de l’État est de procurer aux citoyens tous les avantages de la sécurité et de la liberté. Et les frustrations individuelles face au rôle coercitif de l’État renforcent davantage la poursuite de ce but, et l’État est donc tenu de corriger sa trajectoire, non pas en laissant de côté l’usage de la force, mais par les rectifications législatives.
 






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