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Dissertation de Philosophie (corrigé) : Faut-il aimer les autres pour les respecter ?

Comme le dit Héraclite, « Le conflit est universel ». Lorsque nous  regardons attentivement l’histoire des nations, mais également les vestiges du passé de la race humaine, il est difficile d’aspirer à une cohésion et une paix entre les hommes tantôt l’histoire nous montre l’extrême opposé, tantôt le conflit fait partie intégrante de l’essence humaine. Spinoza supputait d’ailleurs : «  Les passions tristes opposent les hommes les uns aux autres. » L’éros mais aussi le thanatos sont alors en constante lutte, tiraillé entre le désir d’élévation personnel et le besoin naturel d’aller vers autrui, l’homme a toujours cherché à dominer son semblable et même à détruire ce qui en fait sa personne : son estime de soi ou son respect qualifié par le terme « amour propre ». Mais si l’homme est un animal social comme le dit Aristote, la vie en société est soumise à plusieurs impératifs lui assurant un équilibre précaire que sont la morale, le devoir et le droit. Cela nous pousse alors à nous poser la problématique suivante : peut-on respecter autrui sans l’aimer ? Doit-on respecter autrui sans forcément les aimer ? Comment concilier le devoir d’aimer qui est une obligation morale et l’idéal social censé être naturel qu’est l’amour du prochain garant du respect et de la paix sociale ? Afin de répondre à cette question, nous verrons dans une première partie, qu’il faut bien évidemment aimer autrui afin de manifester du respect à son égard. Cependant, nous nuancerons ce constat par le fait que le respect d’autrui est une obligation morale et sociale indépendante du sentiment d’amour,  car nous vivons en société.

I. L’amour pour autrui provient d’une manifestation naturelle de l’alter ego


Comme l’indique l’étymologie du mot « amour », du latin amor, l’amour revêt une palette et multiplicité de degrés différents. On distingue généralement trois niveaux ou degrés d’amour que sont : l’éros étant un instinct primaire de désir cherchant à s’assouvir, la philia ou amitié qui est un sentiment d’affection et de compassion profonde envers l’autre, et enfin l’agapè, mot grec signifiant divin et inconditionnel. Il appert donc que l’amour est la nature ou l’essence même de l’homme, car l’homme divisé en trois parties que sont le corps, l’âme et l’esprit recherche activement ses trois niveaux d’amour que sont l’éros, la philia et l’agapè. Le corps lui est soumis aux désirs et pulsions primaires quelquefois qualifiées d’animales, tandis que l’âme elle, recherche autrui, la communication et la compréhension de l’autre, afin de finalement chercher l’ultime élévation par l’esprit que permet la religion. Il est donc naturel pour l’homme de ressentir de l’amour et d’apprendre à le développer envers autrui car autrui n’est que cet autre moi comme le dit Jean Paul Sartre : « Autrui, c’est le regard qui me révèle à moi-même. » C’est ce regard qui pousse donc l’homme à aimer autrui pour le respecter, car si le respect consiste à ne pas porter atteinte à ce qui fait d’un homme un homme dans son genre humain, c’est-à-dire ses droits, sa liberté, ses aspirations, il appert donc qu’en considérant autrui comme moi-même la philia nait plus facilement et la connexion existe, car l’amour devient désintéressé ne se cherchant pas son propre intérêt mais le respect devient quant à lui intéressé, c’est-à-dire cherchant l’intérêt de l’autre. Comme le souligne Jean Jacques Rousseau, « La pitié nous attache de manière positive aux hommes.» Il faut donc aimer les autres pour les respecter et non les respecter pour pouvoir les aimer, car le respect est la conséquence de l’amour et non l’inverse. De plus, le respect devient naturel car autrui est cet alter ego, comme le souligne Aristote, « Autrui désigne l’alter ego, le moi amical, le miroir où je me retrouve. » La nature même du respect est donc la réciprocité, car autrui est ce miroir où je me retrouve, ce reflet que je suis, autrui n’est rien d’autre que ce que je lui montre. Sans respect et réciprocité, la vie sociétale serait donc impossible, donc il faut aimer les autres, et les respecter comme le dit Lévi-Strauss «  Celui qui ne sait pas reconnaitre l’humanité de l’autre est un barbare. » L’amour que nous portons donc envers autrui devient non seulement un sentiment, mais surtout l’expression de notre nature interne et ne se doit pas d’être une volonté ou une obligation, car un devoir d’aimer ne serait qu’un non-sens comme le dit Emmanuel Kant dans son traité Doctrine de la vertu, « de l’amour des hommes ».

En effet, il est naturel d’éprouver de l’amour pour les autres et donc de les respecter. L’amour devient donc ce canal idoine à travers lequel l’homme devient sujet et non plus objet du mécanisme sociétal. Le respect est donc la manifestation de cet amour naturel que nous ressentons envers autrui, car il est notre alter ego et reflète l’image même de notre humanité. L’amour devient donc notre idéal social, car le monde serait meilleur et les individus règneraient avec respect et paix s’ils en faisaient un idéal humain.

II. Le respect basé sur l’amour n’est qu’un projet utopique


Faut-il aimer les autres pour les respecter ? Ou bien l’amour devrait-il être une obligation envers autrui en d’autres termes afin de lui témoigner son respect. Bien que nous avons vu qu’il faut aimer les autres pour les respecter, cela n’est pas une condition suffisante au préalable pour garantir l’idéal social. Pour garantir cet idéal social de paix, le respect ne devient donc plus la conséquence mais la finalité d’une vie sociale et d’une obligation morale. Comme l’indique Jean Jacques Rousseau, «  Le sentiment du devoir commence avec la vie sociale. » Il faut donc respecter les autres que nous aimions autrui ou non, car c’est ce qu’on appelle un impératif moral dans un standard de société. Le respect s’impose donc ici  au contraire de l’amour qui est un idéal social, lui s’avère être une obligation sociale ou impératif moral. C’est ce qu’Emmanuel Kant confirme car pour lui « Le devoir se présente sous la forme de l’impératif catégorique  de sorte à ce que l’action doit être érigée en principe universel de sorte à agir en respectant la personne. » Ainsi, pour ne pas tomber dans le piège de l’acrasie, l’homme doit s’échapper de son propre jugement d’autrui car autrui devient donc l’objet et non le sujet de son comportement. Il est donc nécessaire de respecter autrui sans forcément éprouver de l’amour pour lui, car c’est ici l’obligation morale première dans toute société. Agir par respect de l’autre, c’est avant tout agir par respect pour soi, le soi devient donc la finalité de ce respect manifesté à autrui, l’objet même de cette téléonomie. De même, l’homme est un être moral, et il est préférable d’avoir un respect mutuel à l’inverse d’un amour inexistant pour autrui car cela est considéré comme une solution provisoire mais efficace dans une relation sociale. Ce constat est confirmé par René Descartes, « Une morale provisoire est nécessaire, car la conduite humaine ne peut rester irrésolue. » Mais si l’objet même de la morale reste sans nul doute l’obligation morale de respecter autrui indépendamment de ce qu’on peut éprouver pour lui, il appert que le respect est une obligation morale au sein d’une société.Nous nous soumettons donc  à l’obligation morale de l’amour, car nous souhaitons ne pas perdre l’amour de l’autre, c’est ce qui rend la vie en société possible, la pratique morale reste donc liée à l’hétéronomie « hétéro » autre, et « nomie » norme ou loi.

Comme les individus sont différents par nature, il nous faut donc respecter autrui sans forcément l’aimer car nous devons apprendre à vivre à travers nos différences sources de conflit et de destruction.

Autrui cet autre moi, à la fois différent, à la fois similaire, tout nous rapproche mais tout semble nous rendre si différent et nous incite à la division plutôt qu’à l’union. Nonobstant, l’homme est poussé par le désir d’être attiré vers autrui et de rechercher cette complétion qu’il cherche dans son identité. Dans sa recherche de lui-même car autrui n’est que cet alter ego que je suis, l’homme éprouve donc de l’amour envers autrui, car la relation à l’autre est basée sur les différents degrés d’amour le poussant et l’amenant à respecter son prochain. D’ailleurs, aucune relation sociale n’est possible sans respect, c’est pourquoi, le respect résulte de l’amour que peut éprouver l’homme envers son semblable, et de sa capacité de témoigner de la noblesse de son âme. Mais ce constat n’est pas toujours vérifié, dans la mesure, où la différence entre les individus a souvent créé le fossé qui les sépare en les entrainant même dans des pulsions dites de mort comme le dit Sigmund Freund et comme l’atteste l’histoire de la race humaine, les guerres, et les conflits ne laissent place à aucune forme d’amour et encore moins à aucune morphologie de respect. Stricto sensu, le respect se doit pourtant d’être le canal idoine à travers lequel l’homme envisage sa relation avec autrui car si l’amour n’est pas présent, aucune relation humaine et sociale n’est possible sans le respect mutuel entre des individus. Mais devons-nous préférer l’idéal social d’une société remplie d’amour pour son prochain qui serait jusqu’ici une utopie ? Ou devons-nous rester réalistes en optant pour la rationalité de l’obligation morale de toute vie sociétale ? Une chose est sûre, nous reprendrons les propos de Voltaire : «  Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. »
 






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