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Dissertation de Philosophie (corrigé) : La conscience est-elle une source d'illusion ?

La conscience  est cette perception des phénomènes en trois états. La première qui semble la plus évidente est la conscience  du « je »  qui se saisit une existence comme sujet de sa pensée. Le second est l’impression de l’identité de soi, une image qui renvoie à ce que « je » pense « être » et la troisième est l’impression d’autrui, de la chose qui est éloignée de moi, pour ainsi dire le monde extérieur à mon être. Sans doute l’idée d’illusion se trouve dans ces deux derniers états, car il arrive que l’on ne se reconnaisse pas toujours dans ses actes.Pourtant, les choses sont là, elles nous affectent,  nous sentons leurs impacts et nous leur donnons sens et au final il nous arrive de nous en douter. Ce qui est donné dans ma conscience est-il la réalité des choses telle qu’elles sont dans leur « en-soi » ? Justement qu’exprimerait alors le doute, mais surtout qu’est-ce qui la manifesterait alors si nous acceptions que la conscience est source de manifestations erronées? Pour résoudre ce problème, nous allons d’abord voir que la conscience ne renvoie pas directement aux choses ; cependant, nous allons aussi considérer que si justement l’on est conscient de cet état, c’est qu’il y a quelque chose en elle qui manifeste des suspicions.

I. La conscience peut être une imagerie erronée des phénomènes


A. La conscience de soi est la conscience d’une image


D’abord, il n’est pas aussi évident de se reconnaitre quand, souvent, l’on observe que des actes que l’on répugne viennent de nous. On remarque souvent, lors des situations à fortes pressions extérieures, que certains actes émanent spontanément de notre être sans que l’on ait clairement saisi leur intentionnalité. Comment ai-je pu dire ou faire pareilles choses ? Je m’en excuse, car j’étais hors de moi. Pourtant, il s’agit bien de ce moi,et non d’autre chose, qui croit saisir mon être. Pour expliquer cette altérité de notre être à nous-mêmes, le psychanalyste Sigmund Freud mentionne : « Tous ces actes conscients demeurent incohérents et incompréhensibles si nous nous obstinons à prétendre qu’il faut bien percevoir par la conscience tout ce qui se passe en nous en faits d’actes psychiques ». Cette partie nommée inconsciente est en fait formée dans sa profondeur par des pulsions et des désirs refoulés, depuis le stade de l’enfance, par le tabou social, mais elle est aussi structurée, selon  les anthropologues et les sociologues, par des valeurs sociales intériorisées tout le long de nos interactions sociales dans des champs culturels définies. Ainsi, j’adopte tel ou tel comportement en performant une identité structurée socialement, mais il arrive que ces structures soient tellement oppressantes que je manifeste des actes manqués et que je ne reconnais plus cette image que je me suis faite.

B. La conscience d’autrui est aussi la conscience d’une figure


Concernant ensuite la conscience du monde, la manière dont notre être approche la réalité extérieure est aussi problématique. Comme nous l’avons vu, nous intériorisons des valeurs. Dans la société contemporaine, notre manière de penser les choses est imbue de valeurs sociales qui forment notre statut social. Comme disait Karl Marx : « Ce n’est pas la conscience des hommes qui détermine leur être, c’est inversement leur être social qui détermine leur conscience ». Une valeur est un sens que l’on affectionne ou que l’on croit affectionner par une inculcation culturelle. En fait, notre monde n’est fait que de signes nous explique Baudrillard, et la culture ne fait accentuer notre conscience qu’à avoir recours au symbolisme, nos désirs sont incités à des aspirations sociales de gloire, de puissance, de liberté. En effet, le gouvernement, les publicitaires, les artistes médiatisent et subliment des fins qui ne nous sont d’abord pas personnelles, mais dessineront ce que nous croyons être nos propres traits de caractère. Il fut un temps où l’industrie de rêve du cinéma hollywoodien définissait les stéréotypes à suivre. Des millions de jeunes voulaient se reconnaitre à travers le rebelle qu’est James Dean où en la femme sexuellement libérée qu’est Marylin Monroe. Pourtant, ce n’est qu’une affaire d’impression par des techniques d’exposition élaborées,qui se familiarisent progressivement en nous jusqu’à restreindre l’espace de notre capacité d’analyse dans des sens prédéfinis.

La conscience n’est donc pas une affaire évidente, où je saisis les choses passivement et immédiatement, car il y a dans notre socialisation des processus inconscients qui la déterminent. Cependant, il semble y avoir un hic, d’où viendrait alors l’expression « avoir conscience de » quand, au final, après analyse nous comprenons une erreur ?

II. La conscience est toujours et avant tout source de vérité


A. La conscience est aussi la possibilité d’exprimer le doute


En effet, il faut aussi considérer que si l’illusion existe, il y doit y avoir sûrement une impression qui met en perspective cette notion. En fait, le doute aussi est un mot relatif à la notion de conscience.Il définit un recul provenant de la suspension temporaire de notre jugement pour reléguer l’analyse à la raison. Pour comprendre ce phénomène, il faut d’abord voir en quoi la véritable conscience est une suspension et non une décision. En exécutant un réflexe (réponse émotionnelle, réponse physique, réponse  sentimentale), le cerveau saisit l’expression de l’acte (émotion, comportement, parole, jugement) et peut le suspendre à un certain moment avant son impact. « Quels sont, d’autre part, les moments où notre conscience atteint le plus de vivacité ? Ne sont-ce pas les moments de crise intérieure, où nous hésitons entre deux ou plusieurs partis à prendre, où nous sentons que notre avenir sera ce que nous l’aurons fait », explique Bergson. Donc, si la raison a ce pouvoir de pousser à bout l’appel du doute, de sorte à ne pas se suffire à une première évidence des sens, alors nous dirons que nous avons pleinement conscience de cette suspension de jugement. On peut comprendre par là que ces sont la précipitation fournie par les sens qui sont sources d’illusion, et non la conscience.

B. La conscience peut être l’expression d’une intuition d’erreur


Il y a aussi ces impressions où l’on détecte un certain inconfort intellectuel vis-à-vis d’une opinion, d’un jugement ou d’un acte.En fait, si la conscience permet au doute de se manifester, c’est qu’elle est aussi l’expression d’une intuition. L’intuition est cette saisie pertinente de la situation qui semble immédiate, c’est-à-dire qu’il s’agit d’un entendement qui ne passe pas par le procès du raisonnement. Elle est sous-tendue par un mécanisme intellectuel involontaire, presque instantané,  qui concentre spontanément toute l’expérience qu’un individu aura accumulé au fil de son existence dans une situation donnée.« Nos actes conscients dérivent d’un substratum inconscient formé  surtout d’influences héréditaires », explique Gustave le Bon.  Ainsi, certains identifient faussement l’intuition avec  la notion de « talent ». Les neuroscientifiques expliquent que le cerveau, par l’acquisition d’expériences répétées,  va  former des cartes mentales  tracées  par un réseau de connexions neuronales.Ainsi l’impression du « quelque chose ne colle pas » est l’expression presque instantanée de ce processus ayant reconnu des liens incohérents dans les fondements mêmes des jugements et des actes.

 

La conscience est-elle une source d’illusion ? Cette question susciterait une réponse hésitante chez ceux qui détiennent un concept flou de ce qu’est la conscience. Nous avons pu voir cependant que si l’illusion renvoie à l’idée d’image erronée de la réalité, alors effectivement la conscience peut exprimer cette manifestation,car ce qui « se montre » à ma conscience n’est qu’une image. Cependant, nous avons remarqué que ce n’est pas encore dans la pleine manifestation de la conscience véritable, car l’expression de celle-ci implique le doute. En effet, la conscience n’est pas « la source » de l’illusion, cependant les valeurs intériorisées inconsciemment, elles, reflètent l’illusion d’une société en décadence. L’intuition de l’incohérence, quant à elle, marque la pleine activité de la conscience, doublée des expériences acquises tout au long de l’existence de l’individu, ce qui ne reflète en rien quelque chose d’illusoire.
 






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