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Dissertation de Philosophie (corrigé) : La culture augmente-t-elle notre liberté ?

Quand on parle de culture, il faut reconnaître en elle ces produits de l’esprit que l’homme ajoute à la réalité naturelle. Ce qui fait la particularité de ces productions, c’est leur nature à  distancer l’homme des conditions a priori de son existence. Avec le langage, nous avons manifesté la négation ; avec la technique, le pouvoir ; avec l’art, le possible. Ces points essentiels de l’expression de notre humanité auront défini l’idée de volonté et, corollairement avec elle, celle de la liberté. De plus, chaque développement de ces productions conceptuelles semble de plus en plus augmenter le potentiel humain de s’autodéterminer. On remarquera notamment le progrès technique qui nous affranchit progressivement du déterminisme naturel. Malgré cette généralisation, il semble que dans le vécu, on ressent le plus souvent un sentiment de contrainte dans la quasi-omniprésence des normes culturelles qui nous dictent quoi suivre, quoi consommer, quoi penser. La culture ne nous opprime-t-elle pas plutôt dans de nouveaux conditionnements artificiels ? Pour résoudre ce problème, nous verrons dans une première partie que la production culturelle est le signe que l’homme peut se déterminer. Toutefois, dans une seconde partie, nous verrons qu’elle a créé un monde où l’on doit inéluctablement jouer avec ses règles

I. La culture est une fenêtre ouverte à la liberté


A. La production culturelle est la manifestation de notre transcendance


D’abord, il faut remarquer que la culture est généralement vue comme l’ensemble des faits se rapportant à la productivité conceptuelle de l’homme. En partant de cette idée, nous pouvons déjà envisager en quoi cette production est liée à l’idée de liberté. Il s’agit, en fait, de cette transcendance de l’esprit sur la matière, ce qui implique une sorte d’élan existentielle où l’homme serait capable, d’abord, de suspendre temporairement sa réaction instinctive envers  les phénomènes  et ensuite de définir activement ces derniers. L’animal, par contre, subit les phénomènes et y réagit conditionnellement. En fait, l’homme ne peut pas ne pas donner du sens, car c’est un processus inconscient qui remonte au complexe de son essence et de son existence. Cependant, c’est dans sa saisie de la diversité des sens pour un même phénomène que se manifeste cette faculté de se déterminer. Les abeilles construisent des ruches selon une complexité qui peut fasciner les architectes, mais ces structures ne se font pas avec une finalité intentionnelle, mais par des adaptations fonctionnelles relevant de besoins purement naturels. Edward Sapir a exprimé la définition de la culture comme suit : « On peut définir grossièrement la culture comme la civilisation, pour autant qu’elle comprend le génie national ».

B. La production culturelle offre des perspectives sur l’idée d’autodétermination


Il faut reconnaitre que cette transcendance de l’esprit nous ouvre des voies qui nous permettront de nous opposer aux mécanismes naturels tant internes qu’externes. D’abord, du côté de la linguistique, la langue a permis à l’esprit d’exprimer la négation et ainsi le mensonge, nous pouvons ainsi dire « je n’ai pas faim » malgré l’oppression naturelle de la famine. Ensuite, du côté des progrès techniques, non seulement l’homme est arrivé à se décharger progressivement de la pénibilité  de ses besognes vitales. Ainsi, il est aussi arrivé à améliorer sa manipulation de la matérialité des phénomènes à un tel point que la nature ne lui est plus contraignante, maisserait plutôt soumise aux fins qu’il se donne. Les progrès en biotechnologie actuels nous illustrent que l’organisme est maintenant à la portée de diverses manipulations génétiques, ce qui revient à dire, des manipulations dans sa nature même, si ce mot renvoie bien étymologiquement à « nascere » signifiant « naitre avec ». Enfin, du côté de la production artistique, l’art élargit le champ de la liberté grâce aux perspectives qu’offre l’imagination créatrice - que les choses peuvent être vues et communiquées autrement-  et grâce à la lucidité de la vie par des révélations intuitives – que l’apparence ordinaire des choses voile des sens cachés au cœur même de la condition humaine. En commentant un tableau de Van Gogh, Heidegger disait : « L’œuvre d’art nous a fait savoir ce qu’est en vérité la paire de souliers ».

On peut donc comprendre que la culture manifeste et produit la liberté par la transcendance de l’esprit sur les choses. Toutefois, on ressent bien le plus souvent partout, dans les petites ou grandes civilisations  un certain malaise d’être toujours en conditionnement : à quoi cela est-il dû ?

II. La culture créée des conditionnements artificiels


A. La culture crée des normes


Il est évident de reconnaitre à la production culturelle un détachement progressif  à la nature et donc d’y avoir certaines dispositions de liberté. Cependant, il semble que chez l’individu social qui incorpore sa culture, celle-ci l’engage constamment à une nouvelle forme de déterminisme : celle de la normalisation. Les normes sont ces instances formelles (lois, règlements)  et ces conformités inconsciemment performantes (mœurs, coutume, tendances) qui déterminent nos comportements sociaux, et ainsi éclipsant l’idée de liberté individuelle en fléchissant la volonté de l’individu au service de  valeurs sociales. A l’opposé des impératifs naturels qui sont biologiquement nécessaires, les normes sont des conditions idéales créées par des idéaux culturels présents dans une société. En effet, une norme n’est pas un phénomène dont le déterminisme est naturel, il faut d’abord considérer que sa source peut être d’origine idéologique issue d’un individu charismatique ou du moins influencé par celui-ci. On constatera l’exemple du fascisme italien où Mussolini établit la norme de ce qu’il appelle « un citoyen héroïque » se devant à tout prix être disposé à sa patrie et être absolument religieux envers ses lois ; une norme qui poussa à de violents mouvements homophobes envers ceux qui n’y adhéraient pas. En fait, ce système normatif culturel est sous-tendu par une structure anthropologique bien plus profonde qui ne nous laisse entrevoir le monde qu’à travers les lunettes de l’habitus.

B. La culture est une structure structurante


En fait, si la culture tend de plus à nous déterminer qu’à nous libérer, c’est qu’elle est fondamentalement une structure structurante. D’abord,il faut comprendre que la culture « officielle »  d’une civilisation est la culture « dominante » en tant qu’elle est politiquement agencée par la classe sociale dominante. Ainsi, on parlera de culture, de culture populaire et de subculture en notant que cette dernière est souvent considérée comme inappropriée, car subversive. Ensuite, il faut considérer que son incorporation se fait de manière stratégiquement inconsciente selon diverses modalités de socialisation (imitation, éducation, compétition, sublimation). Puis, étant définie dans son intériorisation, elle devient, ce que les sociologues Émile Durkheim et Pierre Bourdieu (dans une perspective plus approfondie) appellent, un « habitus ». Il s’agit d’une disposition durable orientant notre manière de penser et d’agir qui va se reconstruire dans sa pratique, renforcer les structures de son milieu. Par ailleurs, accompagné par la « doxa », terme employé par Bourdieu pour définir l’ensemble des croyances qui régulent fondamentalement nos opinions et qui définissent les sujets de discussion acceptables, le champ de la reproduction culturelle laisse de moins en moins de place à la liberté existentialiste.

Nous avons pu constater à quel point il est difficile de mettre en perspective l’idée de liberté par rapport à celle de la culture, car ce sont deux notions particulièrement difficiles à circonscrire, déjà prises individuellement. Toutefois, on a quand même pu dégager des rapports problématiques entre quatre termes qui, au final, évoluent réciproquement, à savoir « transcendance », «concept », « autodétermination » et « structure ». Ainsi, nous avons pu comprendre que la culture est l’expression même de notre autodétermination vis-à-vis de la nature, car nous y sommes constamment opposés. Cependant, d’une façon presque ironique, par ce détachement nous avons saisi la « nature » inéluctable de notre culture à nous structurer continuellement dans sa structure structurante. En définitive, ce n’est pas que la culture augmente notre liberté ou le contraire, elle ne nous fait juste saisir que nous nous créons et recréons dans une dialectique naturelle à notre être.
 






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