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Dissertation de Philosophie (corrigé) : L’art peut-il nous éduquer ?

Si Bourdieu disait dans La distinction, que la disposition esthétique s’élabore comme rapport désintéressé au monde et donc de l’art, se pourrait-il que l’art soit totalement désintéressé ? L’art serait-il désintéressé lorsqu’il s’agit d’éduquer, de transmettre, et surtout de faire adhérer à une quelconque position ? Mais entre les divers débats théologiques, mais aussi philosophiques concernant les multiples fonctions de l’art, l’essence de celle-ci se trouverait bien plus dans son espérance, car l’art nous permet d’ouvrir des portes sur des horizons inespérés que nous ne soupçonnions même pas jusque-là. Cela nous amène donc au cœur même de notre problématique qui est la suivante : « L’art peut-il nous éduquer ? ». Afin de répondre à cette problématique controversée, nous verrons que dans une première partie, l’art peut et devrait même nous éduquer. Cependant, dans notre deuxième partie, nous comprendrons vite les limites de cela en soulignant le fait indéniable que l’éducation n’est pas la fonction première de l’art qui vise le beau et l’esthétique.

I. L’art est un support indéniable de la culture et de l’histoire


Si nous portons un regard attentif à l’étymologie même du mot « éducation », il appert que celui-ci viendrait du latin « ex-ducere » signifiant « guider » ou conduire hors de, ou plutôt faire sortir de soi. Ce mot renvoie directement à un autre concept philosophique qui l’approche qu’est l’aséité( Spinoza) venant du latin scolastique aseitas, venant lui-même de l’expression «  se signifiant par soi ». Ainsi, éduquer quelqu’un c’est le pousser à sortir de son soi intérieur pour passer à une autre version de lui-même, meilleure. Voici donc le centre même de notre présente argumentation, qui est de savoir si l’art est aséité et donc existerait pour soi-même ou plutôt son existence serait assujettie à d’autres facteurs non inhérents à sa fonction première : le beau et l’esthétique. Dans ce sens, nous comprenons vite d’après la définition d’éduquer qu’effectivement l’art nous éduque et c’est indéniable. Comme le dit Hegel, « L’art est un tremplin vers l’absolu. »  En effet, l’art nous dit Hegel est inconditionnel, indéterminé, mais surtout achevé tout comme l’esprit qui ne peut se flétrir. L’art nous éduque donc, car sa nature est par essence intrinsèque de nous élever afin d’atteindre l’absolu, l’inimaginable, le spirituel et la définition de l’éducation est de développer la personne de sorte qu’elle puisse sortir de son état initial vers un état final. Oui, l’art nous éduque, car il est le reflet de l’âme et nous permet cette introspection nécessaire en soi afin d’atteindre un autre niveau pour soi. Comme le souligne Nietzche, « L’art désigne un total épanouissement : il est plénitude radicale et joie,» et éduquer, c’est faire épanouir la personnalité d’une personne, en ce sens que l’art ne comble pas uniquement un manque dans l’homme, mais demeure sa propre plénitude. Il est indéniable de dire que l’art éduque, car l’art est rattaché à l’histoire de l’humanité et donc à ce sens nous enseigne ce que nous ne savions pas dans l’échelle du temps ce que nos ancêtres savaient et faisaient comme le dit Braudel « Il y a des histoires, l’histoire n’est pas unitaire ». Ainsi, l’art éduque,  car il devient acolyte et témoin des vestiges du passé historique de chaque peuple, car nous ne sommes pas qu’un, nous sommes plusieurs et donc l’art nous éduque sur ses histoires. L’art éduque car il  véhicule des valeurs, des positions, des états et des connaissances, ce que nous appelons culture générale à travers le patrimoine  et l’héritage culturel d’une société. Mais si la culture est l’âme d’une société, pour LINTON, la culture produit de la société, en assure également sa survie. Constat repris par  Merleau Ponty, selon lequel l’homme est en même temps nature et culture. Il devient donc difficile, voire impossible d’affirmer l’effet éducateur de l’art au sein de nos modèles sociétaux. De plus, l’art stimule la créativité et encourage l’enfant à exprimer sa créativité et à développer sa confiance en soi, comme le dit SPINOZA :  « l’homme est CONATUS, il est le désir de son être intérieur qui souhaite continuer de vouloir des choses. »

L’art éduque, et c’est un fait indéniable que nous venons d’expliciter dans notre première partie. Outre les vertus et les qualités qu’apporte l’art, il est difficile de ne pas voir tout ce que l’art a apporté à l’humanité, car sans véritablement le vouloir stricto sensu, l’humanité a toujours été baignée et éduquée dans l’art.

II. La fonction essentielle de l’art est la manifestation du Beau


Malgré toutes ses assertions positives concernant l’apport éducatif de l’art, nous verrons dans cette deuxième partie que cela reste très contrebalancé. Notamment lorsqu’on évoque la nature ou l’essence même de l’art de sorte qu’aucune personne ne tombe dans des dogmes. Il appert donc que de par l’essence même de l’art cherchant le beau et l’esthétique, ce n’est pas la fonction première de l’art de chercher à nous éduquer. Dans nos sociétés contemporaines, nous disposons d’un système éducatif fait à cet usage, et bien que l’art éveille en certains des aptitudes, des qualités et des connaissances jusque-là encore méconnues, l’art  vise le beau et non l’éducation. L’artiste qui produit une œuvre d’art comme le dit Platon crée par don divin : c’est l’inspiration qui l’anime. Mais l’éducation devrait se baser plus sur la raison que l’imagination et même l’inspiration car être éduqué c’est avoir développé sa raison et non son imagination. Pour Pascal dans les Pensées, l’imagination est une faculté qui peut induire en erreur le néophyte et l’amener à la fausseté. Dans ce sens, il est donc préférable d’opter pour l’usage de la raison que de l’inspiration et de l’imagination qui ne sont pas garants de vérités inébranlables. D’ailleurs, pour Aristote, « l’art prend sa source dans le plaisir de l’imitation » et l’imitation n’est qu’une copie du réel, d’où le danger de se faire éduquer par le reflet et non la substance. L’art visant l’esthétique et donc la représentation peut vite nous induire en erreur et c’est ce que  Platon dans la République, met en garde notamment où il parle de la condamnation de la mimésis consistant à condamner images et reproductions car celles-ci auraient un effet de substitution au réel. Pour conclure, l’art ne peut pas nous éduquer, car l’art vise la plénitude et le divin en cherchant à atteindre l’ataraxie  tandis que l’éducation vise premièrement l’immédiateté.

Nous voyons donc que l’art ne peut pas nous éduquer complètement, car ce n’est pas sa fonction principale, mais de deux, elle est représentation du réel et non substance de celle-ci, elle pourrait donc altérer le jugement du néophyte qui chercherait à comprendre la réalité dans son ambivalence et sa complexité. Ce que l’art vise selon son essence, c’est tout d’abord le beau qui n’est pas une fonction politique sociale morale ou éducationnelle. Il appert que l’art a des valeurs éducatives et peut nous permettre d’acquérir des capacités que nous n’aurions pas soupçonnées, mais pourtant ce n’est pas la finalité même de l’objet, car il érige le sujet de sorte qu’il essaye de se transcender lui-même dans la pratique de l’art. L’art peut donc nous éduquer dans la mesure où il permet de développer nos capacités et d’en acquérir de nouvelles, comme le sont l’imagination, la créativité, et même se faisant témoin de l’histoire, car elle permet de véhiculer des valeurs propres à une société et de demeurer immortelle en échappant à l’impact du temps. L’art ne cessera jamais de nous surprendre et de nous apprendre. Nonobstant, si l’art semble avoir beaucoup à nous apprendre et donc à nous éduquer en nous aidant à nous épanouir, cependant cela n’est pas sa fonction première, car l’art vise avant tout le beau et l’esthétique, le spirituel et l’inaccessible qui est du domaine de l’imagination. Pour cela, on lui préfèrera donc la raison, car tout homme qui omet d’user de sa raison, ne pourra jamais saisir la réalité figurative complexe qu’est le monde. Mais si l’art se base sur la copie, et la représentation du réel, le véritable danger n’est-il pas de se soustraire à la réalité ?
 






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