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Dissertation de Philosophie (corrigé) : Le langage est-il un instrument de pouvoir ?

L’histoire nous montre que les discours poignants tels ceux d’Abraham Lincoln, Gandhi, de Martin Luther King, ou de Nelson Mandela qui auront changé le monde, manifestent invraisemblablement le seul pouvoir des mots. Il semble évident à première vue que le langage est un instrument de pouvoir. Pourtant, cela voudrait alors signifier qu’elle a été cultivée dans la seule optique pragmatique, mais alors que signifierait ces poésies et ces chansons qui se veulent n’être que l’expression de sentiments à seulement contempler. Les arts qui usent du langage articulé de la langue et la littérature veulent-t-elles toujours influencer pour une fin déterminée ou ne veulent-t-elles parfois seulement que s’exprimer ? Pour éclaircir ce problème afin de mieux le résoudre, nous allons voir en première partie que la parole qui est l’usage du langage est un pouvoir performant. Cependant, en seconde partie nous allons voir en quoi il n’est pas prédéfini à seulement être un instrument de pouvoir.

I. La maitrise de la parole est un pouvoir performant


A. La maitrise du langage peut exprimer une certaine autorité


En premier lieu, Il faut peut-être considérer comme le sociologue Pierre Bourdieu, que le langage est la manifestation d’un « pouvoir symbolique ». En ce sens, il exprime une certaine autorité sociale. Selon lui, «  les discours sont aussi des signes de richesses destinés à être évalués, appréciés et des signes d’autorité destinés à être crus et obéis ». Pour comprendre cette affirmation, il faut d’abord partir du point que la socialisation, le fait d’interagir en société, se fait dans différentes classes sociales qui demandent un style de vie qui leur est propre. Ainsi, le langage sera configuré dans un style d’expression propre à une classe et dont la maîtrise, sera « un signe destiné à être évalué » qui va permettre à son maître de maintenir une certaine position hiérarchique. L’enjeu du symbolisme du langage est qu’il maintient une sorte de jeu sociale où le public est invité à croire que c’est du sérieux. L’individu qui prend la parole est inconsciemment investi d’une représentation sociale dont il devra maintenir la crédibilité. Un mot de travers, qui ne renvoie pas au style d’expression (le  ton, l’accent) ou au champ  lexical  (le jargon, les vocabulaires spécifiques) dont on attend de lui la performance, et celui-ci ne sera pas pris au sérieux dans le sens de sa prétention. Voilà pourquoi les Sophistes auront compris la valeur de la rhétorique.

B. L’art de la manipulation du discours est l’art de la persuasion


Il faut aussi donc considérer qu’un discours machiavéliquement bien manipulé aura un grand pouvoir  de persuasion. Prenons l’exemple de l’art de la rhétorique, qui se traduit étymologiquement comme « art oratoire ». La rhétorique dans un sens assez générale est l’art de l’argumentation qui procède à la manipulation technique des mots, de son énoncé et de la façon de les exprimer dans cette seule fin.  Elle  use de toutes les figures possibles des mots  (euphémisme, hyperbole, litote…) et profitent parfois de leur ambiguïté pour formuler un raisonnement démonstratif vraisemblablement cohérent de sorte que, selon le célèbre sophiste Protagoras, « sur toutes choses on peut faire deux affirmations exactement contraires ». La rhétorique est utilisée partout là où on veut affecter les esprits et les pousser à être convaincus, à agir, que cela soit dans les discours publiques à titre de prise de parole coutumière ou officielle, dans les procès juridiques à la défense ou à la persécution  mais surtout, dans notre environnement contemporain de plus en plus en proie aux influences médiatiques, elle joue une place importante dans la médiatisation politique et la sublimation publicitaire.

Le langage par la prise de parole serait donc un outil puissant de sorte que l’on peut arriver à dire comme le célèbre orateur grec Démosthène que « les paroles qui ne sont suivies d’aucun effet sont comptées pour rien ». Cependant, ses effets peuvent-ils être toujours volontaires, ou plus précisément, a-t-on toujours le contrôle de nos discours ? Car si ce n’est pas le cas, alors le langage n’aurait pas donc été constitué dans le seul but d’influencer.

II. Le langage n’est qu’un moyen d’expression


A. Son instrumentalisation peut nous échapper


Il faut d’abord remarquer qu’il y a une nuance entre langage et parole. La parole est l’action intentionnelle d’user de son langage à différentes fins comme la communication, la narration, l’information, l’explication ou l’argumentation. Le langage, lui, est un ensemble de signes construits dans le seul but d’exprimer. Nous constaterons que par cette nature expressive, son instrumentalisation par la parole nous échappe souvent. Freud nous parlera du phénomène de lapsus. Le lapsus est un phénomène involontaire de la parole qui pense avoir commis une erreur dans ce qu’elle veut exprimer. En psychanalyse  il ne s’agit pas d’une simple erreur, mais l’expression d’un sens intérieur qui se manifeste dans la parole. Elle est involontaire, car inconsciente. On remarquera l’exemple médiatisé de ce discours du président des Etats-Unis Donald Trump à Cincinnati quand il évoquait la Russie en l’appelant encore « l’union soviétique » alors que cette dernière est dissolue depuis 30 ans, ce qui en fait, n’est pas un cas rare, car les représentations sociales sont tenaces. Le lapsus, en fait, montre comment la parole se définit comme une tension entre l’ensemble de notre langage intériorisé (pris en situation particulière avec affection)  et les différents répertoires où on classe les termes selon ce qu’on pense être leurs utilités. En fait, ceci ne peut que nous amener à dire que langage n’est qu’un canal expressif.

B. Le langage n’est qu’un moyen d’expression


Le langage n’est en fait qu’un moyen d’expression qui peut être, certes, le porteur de symboles performatifs, car les mots sont des signes, mais il n’est prédéfini en rien de plus. En effet, ce serait confondre sa nature et ses modes possibles. Dire qu’il est un instrument de pouvoir c’est définir sa nature en tant que  finalisé  dans ce seul but. Que  la manière de communiquer soit bien maitrisée ou pleine de lapsus, elle ne fait que transmettre une intention calculée et signifie un phénomène inconscient voulant se manifester extérieurement. Les subterfuges de la rhétorique et les symbolismes sociaux ne sont que les modalités qui concernent un individu toujours existentiel capable de transcender son instrumentalisation. Les structures qui semblent la déterminer dans le style d’une classe sociale particulière ne sont pas immunisées contre la capacité créatrice de l’individu à conceptualiser en dehors de ces structures. Les poètes surréalistes usent souvent de la langue dans un jeu qu’ils appellent « le cadavre exquis ». Ce dernier  consiste  à laisser les sens des mots s’entrechoquer dans une écriture se voulant être spontanée, sans prêter attention à toutes intentions, et se chercher à trouver une liberté absolue à l’interprétation qui ne peut être que créatrice. Si André Breton dit que « La poésie se fait dans un lit comme l’amour. Ses draps défaits sont l’aurore des choses »,  cela signifie que la langue c’est aussi l’expression de la complexité humaine qui cherche une stabilité, s’ébranle, se dépasse puis se stabilise à nouveau ; c’est une spirale toujours ouverte vers de nouveaux horizons conceptuels.

La question du langage en tant qu’instrument aura soulevé des difficultés à circonscrire sa véritable nature de sorte que l’on ne peut pas facilement distinguer s’il est déterminé à quelque chose qui lui est particulier où si ce n’est que le sujet qui détermine son usage. On aura pu en définir quelques pistes importantes à considérer. D’abord, la parole qui est sa manifestation volontaire est empreinte de diverses représentations sociales qui ne sont pas négligeables dans son assimilation à être un outil de pouvoir. De plus, l’homme en aura fait un véritable art manipulateur. Cependant, on aura aussi vu que puisque la parole n’est pas maitrisable  à notre loisir, le langage dépasse donc le seul fait d’être instrumentalisable pour le pouvoir. Il n’est qu’un moyen d’expression malléable à différentes fins que cela soit désintéressé ou engagé. Et c’est ce qui nous différenciera sûrement des machines programmables un jour, car la langue est cette structure organisée par une intelligence toujours transcendantale.
 






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