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Dissertation de Philosophie (corrigé) : L’esprit dépend-il de la matière ?

L’existence de l’esprit est l’objet de discussion le plus délicat autour de l’existence humaine, car s’il advenait que les mécanismes purement matériels jouant dans notre cerveau ne sont mus que par les simples réactions physico-chimiques de l’instinct de survie, alors tout l’édifice de la civilisation s’effondrerait. Cependant, il est de notre devoir en tant qu’être conscient de se demander si notre esprit dépend de la matière ou non, pour mieux comprendre notre nature. En effet, ce n’est pas encore une affaire évidente, car ne semble-t-il pas par l’idée intuitive de sa présence que l’on soit capable de se poser une telle question? Mais d’abord, n’est-il pas évident par le témoignage de mon corps qui est sensible, que l’esprit ne peut s’exprimer que par la matière ?Nous allons décortiquer de long en large les entrelacements de l’esprit et de la matière, tout d’abord en tant qu’élément constitutif de l’être humain, mais par la suite nous insisterons sur le caractère transcendantal de l’esprit.

I. L’esprit s’exprime et se ressent par la matière


A. Sa conscience est le résultat d’un processus matériel


Concernant une possibilité matérielle de la formation de l’esprit, il faut d’abord étudier à travers la neuroscience le phénomène de la conscience qui en est la saisie principale. Il faut cependant reconnaitre que le développement actuel de cette science encore jeune ne peut pas encore formuler des résultats concluants concernant un processus cérébral déterminé sur la manifestation de la conscience. Toutefois, il est évident que la conscience n’est pas consciente du processus de sa réalisation et cela laisse donc la possibilité de supposer que ce processus est de nature matérielle. Leibniz l’avait découvert et a exprimé cette thèse comme suit : « Il n’est pas possible que nous réfléchissons toujours expressément sur toutes nos pensées ; autrement, l’esprit ferait réflexion sur chaque réflexion à l’infini sans pouvoir jamais passer à une nouvelle pensée ». En effet, si la conscience pouvait saisir le comment de sa propre émanation, alors elle serait auto-suffisante et donc indépendante de toute autre chose que sa nature. Or, notre conscience de la conscience n’est toujours est déjà que l’état d’éveil de celle-ci. Ce que l’on peut observer  indirectement par IRM (imagerie par résonance magnétique), ce sont les signaux neuronaux localisés à travers différents éléments du cerveau lors des expériences d’éveils après un coma, ou après un évanouissement. Quelque chose de transcendant anime-t-il  ces comportements neuronaux, ou ne sont-elles que des réactions physico-chimiques stimulées par les affects eux-mêmes physico-chimiques extérieurs ? Il est encore trop tôt pour trancher sur la question.

B. L’esprit épouse la matière à travers la culture


S’il y a cependant une autre évidence sur l’interaction entre l‘esprit et la matière, c’est l’incarnation de l’homme dans ses artifices, dans cette rencontre toujours valorisée qu’est la culture. La culture est l’ensemble des produits intellectuels humains, c’est-à-dire des créations dont la réalisation, bien qu’incarnée physiquement, vient du « sens ». Par exemple, l’urine qui est un produit biologique  humain n’est pas culturelle, mais les différents rituels liés à la miction le sont, selon l’idée du sens de cette action. Empruntons cet extrait d’une lettre écrite par Lénine pour illustrer cela : « Dans la vie sexuelle, se manifeste non seulement ce que nous tenons de la nature, mais aussi ce que nous apporte la culture, qu’il s’agisse des choses élevées ou inférieures ». Fondamentalement, la culture est cette incarnation du « sens », qui est une entité purement métaphysique donnant valeur aux choses pour nous, les êtres humains, dans les phénomènes physiques, que ce soit par des gestes ou des objets. Dès lors, l’esprit a besoin de la matière pour se manifester, car même s’il conçoit une forme et présente une substance, on ne saurait rien de lui tant qu’il ne soit communiqué à travers des canaux matériels.

Il est donc dans l’intérêt de l’existence du sens d’être en accord avec la matière pour être vécue. Cependant, lorsque l’esprit s’incarne, le sens  semble  toujours déborder de sa corporéité par l’intention de nouvelles formes.

II. L’esprit dépasse la matière


A. L’esprit transcende la matière


L’esprit, dans sa saisie immédiate, se manifeste d’abord dans le sujet humain comme une transcendance. En effet, avant l’achèvement de toute intention extérieure, la conscience permet d’infléchir l’intention par ce retour sur soi appelé « réflexion ». La réflexion à son tour va stimuler l’examen de l’objet de mon intention et me permettre de procéder à l’usage de ma raison. Cette faculté psychique peut alors agir sur mon corps et définir la suite de mes actions tant mentales que physiques. C’est dans cette perspective que Bergson disait : « La conscience est la lumière immanente à la zone d’actions possibles ou d’activité virtuelle qui entoure l’action effectivement accomplie par l’être vivant ». Nous pouvons ainsi supposer l’hypothèse que pour l’instant cette saisie est une sorte de supériorité active sur la matière. Si la neuroscience actuelle n’a pas encore d’observation concluante sur le rapport biologique et psychologique déterminant cette immanence de l’esprit, elle continuera néanmoins de progresser grâce à l’usage rationnel de cette dernière, comme si sa  propre fin était la connaissance totale de son mécanisme.

B. L’esprit fait évoluer la représentation matérielle


Considérons maintenant le témoignage des différentes civilisations que cela soit par la technologie, par les arts ou par les religions,  ne sont-elles pas les signes d’un dépassement de simples besoins matériels? L’abstraction de la matière a toujours donné lieu à de nouvelles possibilités de la manipuler. L’idée, ce produit de l’esprit qui semble être toujours dans l’impression virtuelle des images et des signes, défie le dualisme radical entre matière et esprit en faisant collaborer ces deux entités comme la condition inéluctable du devenir. En effet, si ces deux êtres étaient tout à fait contraires, alors il ne peut y avoir cette interaction synthétique qui influe sur l’un à l’autre déterminant leur conceptualisation. On pourrait illustrer cette idée dans le concept de l’art, selon ces propos d’Hippolyte Taine : « L’œuvre d’art est déterminée par un ensemble qui est l’état général de l’esprit et des mœurs environnantes ». L’image du ciel ne s’imprime pas seulement dans mon esprit comme un vaste espace bleu ou grise, cette image est toujours reliée à des sentiments intimes que cela soit de la grandeur, de l’infini ou de la dépression. Ces sentiments métaphysiques ont permis à l’homme de rêver, d’élaborer et de conceptualiser afin de pouvoir agir, manipuler, maitriser et produire. L’idée vit de l’abstraction de la matière et la matière redéfinit ses formes par l’idée. Par cette abstraction l’homme peut connaitre, imaginer et créer en transcendant toujours le phénomène physique de la matière.

Il est difficile de trancher définitivement concernant l’existence substantielle de l’esprit, mais on peut d’ores et déjà saisir qu’il ne peut se manifester que dans la matérialité, car nous sommes primitivement matérialistes. On peut aussi affirmer au final que l’esprit a pris le relai de la nature en la transcendant vers une nouvelle dimension de la réalité, la dimension de la conceptualisation où la matière est en devenir. Le dilemme opposant l’esprit et la matière qui nourrissait depuis toujours les discussions philosophiques n’est pas véritablement un problème qui s’impose à la pensée. En effet, ce questionnement était contemporain au problème de la nature humaine, car c’est seulement chez l’homme que l’esprit rencontre le corps en tant que matière. Ainsi, on pourrait poursuivre l’étude de l’esprit selon un parcours indépendant, et pareillement pour celle de la matière.
 






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