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Dissertation de Philosophie (corrigé) : Nos convictions morales sont-elles fondées sur l’expérience ?

La morale désigne l’ensemble des conduites assimilées à des références du bien et du mal. L’homme est le seul être capable d’ériger une hiérarchie de valeur, et ce, indépendamment de l’efficacité pratique des choses. C’est à travers ces notions préalablement établies que l’homme aura une expérience authentique de son existence.  Néanmoins, si nous éprouvons à travers l’expérience une application singulière du bien et du mal, aurons-nous le droit de fonder nos convictions morales sur l’expérience ? Rappelons que la morale se doit d’être conforme au bon sens et à la raison afin qu’elle soit universellement acceptée. Est-ce l’effort de rationalisation ou la vivacité de l’expérience qui valide le jugement moral ? Nous verrons dans une première partie en quoi l’expérience, c’est-à-dire l’ensemble de nos vécus, participe dans l’élaboration de nos considérations morales. Et dans une seconde partie, nous verrons que la vraie moralité dépasse l’expérience et s'oriente plutôt vers la notion de responsabilité.

I. La morale s’inspire de l’ensemble de nos vécus


A. Le souci moral se forme par l’expérience sensible


Tout d’abord, l’homme est un être doté d’une sensibilité, et les sensations de plaisir et de souffrance l’affectent non seulement au niveau du corps, mais aussi sur sa vie psychique. Épicure dans sa Lettre à Ménécée souligne justement que « c’est le plaisir que nous avons reconnu comme le bien premier et congénital, et c’est à partir de lui que nous commençons à choisir et à refuser ». Instinctivement, l’homme représente le bien comme l’expérience du plaisir et le mal, l’expérience de la douleur. Par la suite, la sensibilité de l’homme lui fait reconnaître les sentiments d’empathie, c’est-à-dire que les mêmes sensations seront présentes chez mon semblable face à ces dispositions corporelles ou psychiques. Ainsi, il serait vain de parler de moralité si nous étions incapables de l’appliquer chez autrui. L’altruisme, qui est une notion vécue dans le quotidien, est donc un élément essentiel pour prouver notre moralité.

B. Nos jugements moraux sont scellés par l’expérience habituelle de nos mœurs


Bien que la sensibilité soit à l’origine de la considération morale, il faut encore expliquer comment on peut préférer la souffrance à l’immoralité. Derrière la morale, l’homme considère plus la valeur de l’acte que son efficacité. Et il en est de même pour les mœurs : les véritables soubassements des valeurs tendent vers ce qui est humainement acceptable.  Moralité et mœurs se tissent donc dans un lien étroit. Si la morale renvoie à l’idée de conduite admirable, les mœurs désignent les manières de penser qui jugent et influencent nos conduites. John Stuart Mill a donc raison en affirmant dans l’utilitarisme que « nos actes, dans la proportion de quatre-vingt-dix-neuf sur cent, sont accomplis pour d’autres motifs et, tout de même, ce sont des actes moraux si la règle du devoir ne les condamne pas ». Par conséquent, on peut dire que les mœurs sont socialement les normes de la morale. Mais comment les mœurs parviennent-elles à s’incorporer dans nos conduites ? Il faut en fait considérer l’aspect conditionnant de l’expérience habituelle. Une parole ou un geste, lorsqu’ils sont répétitifs, par exemple par l’éducation reçue à l’école, mais aussi par imitation sociale, renforcent notre adaptation à celle-ci jusqu’à en faire un réflexe, voire une seconde nature. Ainsi, nous apprécions nos actes selon des valeurs définies qui nous semblent aller de soi, et dont nous ne contestons pas le fondement.

L’expérience, telle qu’elle se présente à notre sensibilité et nos habitudes, semble effectivement soutenir nos convictions morales. Cependant, ce genre de représentation de la morale peut-elle définir de manière authentique son caractère impartial et responsable ?

II. Nos convictions morales impliquent la conscience et la responsabilité


A. L’expérience faussera l’essence de la moralité


En fait, la seule expérience ne peut fonder la moralité pour deux raisons. D’un, pour pouvoir juger clairement d’une action morale, il faut avoir des connaissances fiables de la situation à laquelle elle doit s’appliquer. Or, l’expérience, qui change selon les circonstances, ne nous offre qu’une vision relative des choses. Donc, la référence à l’expérience n’est pas fiable et pourrait même dépasser les barrières de ce qui est acceptable ou pas, étant donné que c’est moi qui juge selon mes propres perceptions. C’est en ce sens que Schopenhauer disait : « il est plus facile de prêcher la morale que de la fonder ». De deux, l’expérience renferme l’ensemble de notre vécu personnel. Il se peut que mes convictions valident le caractère moral de mes actes, ce qui ne sera pas toujours reconnu à l’unanimité par tout le monde. Par conséquent, mes affections personnelles, et dans une large mesure mes préférences culturelles ne sont pas toujours des références en matière de moralité.

B. Nos convictions morales doivent être fondées sur la responsable


Finalement, une conviction morale doit être fondée sur l’effort du bon usage de notre entendement. Cela implique que les données de notre expérience doivent être soumises au tribunal du bon sens. D’abord, l’expérience rajoute une preuve concrète à ce qui est validé en théorie par le jugement moral. Dans l’examen de la particularité d’une situation, nous devrions être capables de mettre en lumière la différence des conditions et l’équité de traitement. D’ailleurs, Descartes disait dans Le Discours de la méthode que « la puissance de bien juger et distinguer le vrai d’avec le faux, qui est proprement ce qu’on nomme le bon sens ou la raison, est naturellement égale en tous les hommes ». Il importe également de savoir que l’expérience personnelle présente une grande part de faillibilité. Certes, nous reconnaissons que l’erreur est humaine, mais la sympathie envers autrui ne résoudra pas à tout moment les torts irréversibles de certaines conduites. Suivre spontanément notre sensibilité représente une forme d’irresponsable, car chaque acte dépasse les seules considérations présentes. En somme, nous ne pouvons pas être tolérants envers chaque situation particulière, et c’est en ce sens que la responsabilité est une vertu tant prônée dans la vie morale.

Nous avons résolu le problème concernant les valeurs morales et l’expérience. Dans le sens où mon vécu particulier demeure valable pour moi selon ma sphère de réflexion personnelle, je ne pourrai faire ériger mes expériences comme étant une référence pour la morale universelle. Toutefois, il nous est déjà arrivé de légitimer notre expérience comme étant une conviction morale. Cette conviction est renforcée par la considération selon laquelle autrui aurait ressenti les mêmes choses que moi, s’il était à ma place. Les mœurs que nous incorporons sont un autre signe que les valeurs morales proviennent de notre vie en société. Cependant, les particularités de l’expérience revêtent une grande part de relativité, ce qui est contraire à l’impartialité des jugements moraux. A vrai dire, il est plus perspicace de fonder nos convictions morales sur l’effort de bien user de notre entendement. Certes, cela nécessite une ouverture d’esprit vis-à-vis de l’expérience particulière, mais aussi de rester rationnel sur ce que nos jugements et nos actions représentent. La moralité en ce sens ne réside pas dans le contenu de nos jugements ni de nos actes, mais dans le devoir de penser par soi-même et de faire preuve de conscience responsable.
 






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