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Dissertation de Philosophie (corrigé) : En politique, chacun défend-il ses propres intérêts ?

Les évènements tumultueux de la vie politique qui remplissent nos livres d’histoires sont souvent enracinés dans des querelles et des rivalités. Ces conflits d’intérêts débouchent rarement sur des compromis à l’amiable pour le bien de l’État. En effet, la politique se meut principalement sur le  terrain glissant qu’est le jeu de pouvoir, d’honneur et de gloire que dans un espace de discussion diplomatique pour la prospérité nationale. Ainsi, le peuple spectateur, affligé par les malheurs et les misères provoquées par les enfantillages de la politique politicienne, a le droit de se révolter et de nous demander si en politique, chacun alors ne fait que défendre ses propres intérêts. Pourtant, devrions-nous alors embrasser le chaos d’un Etat sans gouvernement qui maintient l’ordre par la loi? Avons-nous le droit de ne plus espérer voir un jour la vraie réincarnation de la politique dans son idéale d’harmonisation de la cité ?  En effet, il faut comprendre que la vraie raison d’être de la politique c’est de défendre l’intérêt général ; cependant, il nous faut aussi voir en quoi cela n’exclut pas qu’on y retrouve la possibilité de faire évoluer nos intérêts personnels.

I. La politique vise l’intérêt général


A. La politique a pour but originel de maintenir l’ordre


Il est d’abord impossible de ne pas reconnaitre le sacrifice des libertés individuelles des hommes en vue de laisser à l’État la garantie d’un ordre social nécessaire à la sécurité de tous. S’il y a un point sur lequel les penseurs en politique s’accordent, c’est l’idée que le pouvoir politique ne peut être légitime que s’il n’œuvre pas dans la sureté de son peuple. Autrement dit, « la volonté générale peut seule diriger les forces de l’État selon la fin de son institution, qui est le bien commun », explique Rousseau dans le Contrat social. Cette volonté générale, saisie dans sa forme abstraite, s’incarne dans l’appareil étatique. L’État, pour sa part, est l’incarnation de cette idée de sécurité, dans le sens de contrôle et de maitrise en vue de l’ordre public. Cet ordre est pour lui la première condition de la conservation de la vie dans la prévention des guerres civiles. La question de sécurité des biens et de la vie des citoyens est centrale en termes de droit humain. S’il est naturel pour l’humain de se protéger par quelque forme que ce soit, alors il en découle nécessairement l’existence et  le rôle l’État en tant que premier garant de ce droit fondamental. Le droit à la propriété, la liberté et le respect de la dignité humaine sont ainsi les manifestations de cet intérêt général de la part de l’État.

B. La séparation de pouvoir conditionne la durabilité de l’État


La séparation de pouvoir est un principe fondamental de la politique démocratique qui consiste à répartir le pouvoir de l’État en trois parties. Il s’agit du pouvoir législatif qui édicte les lois, du pouvoir exécutif qui exécute ces lois et le pouvoir judiciaire qui s’occupe des litiges les invoquant.  En principe, si les membres du gouvernement  suivent objectivement la structure organique de la séparation du pouvoir, il ne pourrait y avoir d’abus en matière de contrôle de l’exercice étatique. Un État précaire qui est gangréné par les corruptions de toute sorte est une source inévitable de conflit, tout d’abord au sein le cadre dirigeant, et dans la révolte populaire par la suite. Ainsi, l’identification des différents axes du pouvoir dans cette triade permet de  décentraliser le jeu politique, pouvant être arbitraire s’il est concentré entre les mains d’un seul souverain. La séparation des pouvoirs est donc un moyen sûr de prévenir le despotisme et la tyrannie, et par la suite l’intérêt général.  Selon Montesquieu, « pour qu’on ne puisse pas abuser du pouvoir, il faut que par la disposition des choses le pouvoir arrête le pouvoir ». 

On peut donc  considérer que la politique en soi ne veut que la bonne organisation de la vie commune. Cependant, s’il s’agit fondamentalement de mener des hommes, cela n’empêche pas les individus d’en tirer des profits personnels.

II. Défendre l’intérêt général c’est aussi défendre son intérêt


A. Le pouvoir politique peut être un moyen au seul fin de son propre intérêt


Il ne faut pas oublier que la politique est aussi le terrain de jeu parfait pour les hommes qui sont mus par le désir d’acquérir toujours plus. Les disciples de Machiavel, ceux qui se nourrissent de l’aspect pragmatique de la philosophie politique connaissent bien l’ « arte dello stato », ou  comment conquérir et conserver le plus longtemps possible sa conquête. Machiavel est un de ces rares penseurs humanistes de son époque à avoir l’audace d’examiner l’aspect dépoli des jeux du pouvoir qu’est en grande partie la vie politique. En effet, il ne se froisse pas les yeux à examiner avec une mesure  rigoureuse  les rouages vicieux des stratégies calculatrices de l’homme de pouvoir. Toujours dans la sphère politique, Hegel a décrit dans Leçons sur la philosophie de l’Histoire cette contradiction entre le particulier et le général, ce qui se dessine à travers la volonté et la liberté de l’individu : « J’entends en effet, ici, d’une manière générale l’activité de l’homme dérivant d’intérêts particuliers, de fins spéciales ou si l’on veut, d’intentions égoïstes, en tant que dans ces fins il met toute l’énergie de son vouloir et de son caractère en leur sacrifiant autre chose qui pourrait aussi être une fin ». L’État n’échappe donc pas à cette nature passionnelle de l’individu, mais cette fois-ci agissant pour la soif du pouvoir. Violence, tromperie, coup-bas, intimidation, tels sont les outils nécessaires pour réaliser les passions de l’homme que sont l’avidité, l’amour de la gloire, l’envie, la colère et la peur, et ce,  pour la pérennité de sa propre souveraineté (la possession du pouvoir) dans les coulisses du théâtre politique.

B. Pour pouvoir défendre l’intérêt de son droit, il faut participer à la vie politique


Enfin, considérons cette fameuse phrase du Comte de Montalembert qui énonce que : « Vous avez beau ne pas vous occuper de la politique, la politique s’occupe de vous tout de même ». En fait, cette phrase pointe l’inéluctabilité de la vie politique dans la vie sociale. Quand la politique politicienne manipule notre conscience collective à nous réduire à l’état de mouton, on ne devient que les moyens de forces aveugles qui nous déterminent, alors que nous devrions être la fin même des affaires politiques. En ce sens, nous devons nous intéresser à la culture politique de notre État et à son évolution, afin de rester en éveil et de pouvoir dénoncer les injustices. Ceci implique entre autres l’idée de droit et de démocratie pour lequel des générations se sont battues sous des pluies de plombs. Ces luttes pour acquérir l’État souverain ne serviraient alors à rien si on manquait à cet intérêt fondamental, car le vœu même derrière l’institutionnalisation des droits de l’homme est le respect de notre dignité humaine. Être conscient, pensant, raisonnable et donc responsable et autonome, voilà l’étoffe de l’homme méritant de participer sur la scène politique et d’être gouverné dans une cité.

Cette question nous a amenés à réfléchir sur le véritable sens que la politique devrait retrouver, et non sur ses sens historiques qui ne sont parfois que des images corrompues par les hommes au pouvoir. Nous sommes alors partis de l’idée qu’elle sert tout d’abord l’intérêt commun dans la garantie de l’ordre social, et que cette garantie nécessite une répartition mesurée du pouvoir pour prévenir le totalitarisme arbitraire. Ensuite, nous avons cependant vu que dans ses coulisses elle n’est pas à l’abri d’un pur jeu de pouvoir entre des hommes avides et sans scrupules, et que finalement si on veut défendre nos intérêts on doit y participer de manière active. En définitive,  nous sommes tous politiquement responsables, il faut que nous, citoyens, nous fassions comprendre à notre gouvernement que nous sommes des acteurs autonomes, et qu’en retour ils doivent épurer l’activité politique de ses corruptions pour que l’on puisse un jour retrouver l’espoir d’un art de vivre ensemble.
 






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