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Dissertation de Philosophie (corrigé) : La connaissance peut-elle nuire au bonheur ?

« L’imbécile heureux », une expression que l’on use souvent pour se moquer des gens que l’on considère comme des incultes. Pourtant, pourquoi devrait-on les juger si leur choix de vie est de vivre confortablement, loin des soucis dont ils ne veulent pas se préoccuper. Pourquoi troubler les derniers jours d’un mourant en lui faisant part de la connaissance qu’un membre de sa famille  est lui aussi mourant ? Dans certaines situations, la connaissance nuit à cet idéal de bonheur qu’est un esprit en paix. Toutefois, notre esprit est en proie à des questionnements nourris par des évènements qui ne nous sont pas familiers, ce qui écourte cette paix. Peut-on radicalement nier les problèmes qui ne cessent de s’imposer à notre existence par notre manque de connaissance ? Mais encore, comment s’assurer de ce qui nous rend vraiment heureux sans en avoir véritablement connaissance ? Afin de répondre à ce problème central, nous allons étudier les perspectives suivantes. Nous allons voir en premier lieu en quoi la connaissance peut être source de douleur ; et en second lieu, nous expliquerons en quoi une vie heureuse ne peut se passer d’elle.

I. La connaissance peut être source de problème


A. La connaissance, qui est une vérité, est un poids pour l’esprit


En premier lieu, quand nous sommes en possession d’une connaissance dont la révélation peut s’avérer être nocive  à autrui ou à nous même, connaitre invoque le sentiment pesant d’une grande responsabilité, celle de l’usage de la connaissance. On est tendu entre  la peur des conséquences de sa révélation et de sa dissimulation. Faire face à la possibilité d’acquérir une certaine connaissance pourrait faire rebuter l’esprit. Imaginons les conséquences possibles de la connaissance parfaite des mécanismes qui déterminent le comportement des gènes, et la connaissance technique suffisante pour les manipuler au niveau de leur structure de base. « Il ne faut que considérer les inquiétudes continuelles es médecins et des anatomistes sur leur vie et sur leur santé, pour savoir si les connaissances servent à nous rassurer sur nos dangers », avertit Rousseau dans une lettre intitulée Dernière réponse à Charles Bordes. L’humanité peut-elle moralement faire face à un tel pouvoir ? Mais encore, considérons un autre problème plus familier. Supposons que je suis à la portée d’une certaine connaissance, dont on m’a prévenu le danger mortel de son information. Dois-je la vérifier au risque de ma vie, pour quelle satisfaction ?

B. L’acharnement utopique pour la connaissance absolue nuit à la tranquillité de l’âme


Ensuite, dans une perspective plus sceptique et non le moins stoïque, on peut se demander si on peut avoir la connaissance absolue d’une chose. L’homme  n’est-il pas voué à l’incertitude ? Selon le sceptique Sextus Empiricus, il y a une certaine plénitude, une tranquillité, une ataraxie  qui est l’« absence de tourment et calme de l’âme », c’est-à-dire le fait de suspendre le jugement. Selon les sceptiques, la quête de la connaissance ne peut mener qu’au doute et cela ne peut que continuellement perturber l’âme. L’attitude dogmatique de celui qui croit posséder une connaissance vraie est fondée sur l’illusion, car toute connaissance sera nécessairement remise en question un jour à l’autre. En effet, on peut ne faire que des débats sur le sens relatifs des choses et non sur ce qui est vraiment propre à leur être. D’un point de vue épistémologique, qui se rapporte à la théorie de la connaissance, nos capacités intellectuelles peuvent être fondamentalement limitées à ce que nous pouvons expérimenter et à notre structure logique même. Qu’est ce qui nous garantit que la réalité est telle que nous la saisissons et non telle que nous pouvons la concevoir ?  D’un autre côté, concernant les valeurs, il suffit de considérer le relativisme moral des différentes sociétés pour se perdre dans ce qui est universellement bien ou mal. L’anthropophagie et le viol sont des comportements admis dans certaines cultures et même encouragés dans l’ordre de certains rituels. A l’encontre de ces éventuelles impasses, ne faut-il pas savoir se reposer dans la quiétude d’un esprit, qui reconnait humblement la complexité de son rapport au monde, et se dire seulement carpe diem ?

Ainsi, la connaissance peut affecter négativement mon esprit, tant que je vois en elle une source d’idées qui ne me laisse pas en paix. Parallèlement, ne peut-on pas en dire autant concernant l’incertitude ?

II. Sans la connaissance il n’y pas de bonheur possible


A. On ne peut être heureux dans l’incertitude


Il faut, d’une part, reconnaitre qu’on ne peut vivre aisément dans un état d’esprit inquiet, car incapable d’avancer avec confiance dans la pratique. L’incertitude est l’inconfort de l’esprit devant l’examen de l’objet de sa pensée, notamment dans la véracité d’une idée ou la moralité d’un acte. Cela s’explique par le fait que la pensée qui fait face à son objet semble rencontrer l’obstacle d’un manque de donnée, qui ne lui permet pas de décider avec assurance dans ses actes. La confiance est pourtant une condition nécessaire au bonheur, car elle est la clef de voute de la stabilité de l’esprit. Elle est ce qui maintient en ordre certaines choses cruciales à la motivation de la vie humaine, telle la solidarité sociale, la déontologie professionnelle, ou encore l’espoir d’une meilleure situation. Un monde sans confiance est impossible à vivre durablement. « La jubilation de celui qui acquiert une connaissance ne serait-elle pas la jubilation même du sentiment de sécurité retrouvé ? » professait Nietzsche dans Le Gai savoir. Ce serait certes un monde où on peut laisser la nature nous fournir le plaisir des choses simples, et nous dire que vivre selon l’instinct est déjà suffisant. Nous nous consolerons peut-être qu’un jour où l’autre, on va tous mourir alors pourquoi se soucier d’un monde absurde qui n’a pas de sens en soi ? Mais c’est vite oublier que l’esprit ne formule pas des problèmes à partir de rien, les faits percutent notre être et ils déstabilisent l’esprit à travers notre manque de perspective à leur égard.

B. La connaissance élargit notre perspective de bonheur.


En effet, connaitre c’est aussi élargir le champ de notre esprit sur la liberté à agir sur le monde en toute autonomie. Se connaitre soi-même nous ouvre à notre état intérieur et nous permet, à condition d’être honnête et franc avec nous-mêmes. L’introspection détermine le pourquoi et le comment de ce qui nous déstabilise, de ce qui nous déprime, mais aussi de ce qui nous apaise et de ce qui nous motive. L’introspection est un outil puissant dans la recherche de notre bonheur, car si on ne peut maitriser avec certitude les choses extérieures qui sont loin de notre emprise, on peut avoir la connaissance de nos réactions et maitriser une ouverture plus compréhensive aux informations du monde extérieur. Mais ce n’est pas tout, car cette disposition d’esprit  va nous permettre d’acquérir plus d’informations sur les multiples sens que l’homme donne aux choses. Cela va à son tour nous permettre de nous conceptualiser l’idée de ce qui nous rendrait heureux. Leibniz appuie cette thèse dans la Théodicée en ces termes : « Nous sommes dans le vrai monde actuel, dit la déesse, et vous y êtes à la source du bonheur ». Nos connaissances seront les fondations des valeurs qui seront  les principes directeurs de nos actions vers un but à atteindre qui anime notre existence. Tout compte fait, le bonheur est bien une affaire d’idéalisme, et les connaissances liées au bonheur ne sont pas une adéquation réelle aux faits, mais plutôt des rapports conceptuels entre soi-même et ses idées. L’homme construit du sens à partir de ces concepts, un sens qui s’intègre dans la sphère culturelle et qui se définit perpétuellement.

Une chose est néanmoins certaine, la culture, au sens de l’ensemble des connaissances accumulées, ne trahit jamais la créativité et qu’est la créativité sinon la meilleure cure à la monotonie qui, elle, est la plus grande source de dépression.

En guise de conclusion, il est difficile de donner un sens universel à l’idée du bonheur, car on risque toujours à son sujet de ne la représenter que subjectivement. Le fait de la mettre en rapport avec la connaissance nous aura pourtant éclairés sur quelque point essentiel à considérer sur sa représentation commune. Premièrement, on a vu que si le bonheur est reçu comme synonyme de plénitude, la connaissance semble s’y opposer. La responsabilité dans l’acquisition d’une connaissance, potentiellement nocive, perturbe l’esprit. Qui plus est, l’espoir d’une connaissance absolument certaine peut n’être qu’utopique et ne fait donc qu’acculer vainement l’esprit. Toutefois, on a pu aussi considérer qu’il n’est pas possible de vivre dans un monde sans connaissance, donc pleine de méfiance. Finalement, la connaissance est la condition même du bonheur, car si ce dernier est un si grand mot pour peu de consistances, c’est qu’il est bien une notion qui attend une conceptualisation continue par son sujet. Une connaissance peut donc menacer l’idée du bonheur, mais pas le bonheur elle-même, car sans elle on ne peut mettre en perspective ce qui nous rendrait vraiment heureux.
 






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