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Dissertation de Philosophie (corrigé) : Suis-je le mieux placé pour me connaitre ?

Quand Socrate entra dans le temple de Delphes, il y retrouva l’inscription suivante : «  Connais-toi toi-même. » Et inutile de rappeler le célèbre adage d’Aristote : « La véritable sagesse commence par la connaissance de soi. » En effet, comment avancer dans notre quête de compréhension de l’univers qui nous entoure si nous ne connaissons même pas qui nous sommes et ce que nous représentons dans cet univers tel une infime particule dans une étendue de poussière. Se connaître soi-même devient donc plus que primordial, dans la mesure où l’homme est appelé à accomplir sa destinée et le pourquoi de son existence, mais cela ne pourra se réaliser que s’il connait véritablement qui il est. Impératif existentiel ou introspection du sujet envers lui-même, cela nous pousse à nous poser la problématique suivante : « Suis-je le mieux placé pour me connaitre ? » Afin de répondre à cette question, nous verrons dans une première partie que l’homme est effectivement le mieux placé pour se connaitre, mais dans une deuxième partie que celui-ci n’est pas le mieux placé pour se connaitre car son identité se construit temporellement avec autrui.

I. Je suis mieux placé pour me connaitre


Comme le supputait René Descartes dans son célébrissime COGITO ERGO SUM, traduit par la certitude du « je pense donc je suis », la conscience est l’essence même de la pensée, et la pensée est le propre même de l’identité d’un individu. Nous pouvons donc confirmer que de par cette maxime, nous sommes principalement les mieux placés pour nous connaitre nous-mêmes car comme le disait le livre des Proverbes dans la Bible « l’homme est comme ses pensées ». En effet, nos pensées ne nous poussent pas uniquement à l’action et donc au mouvement, elles nous définissent complètement, et à l’instar de cette réalité figurative, nous tirons donc la conclusion que si nos pensées propres nous définissent, nous sommes donc les mieux placés pour savoir ce que nous pensons, comment nous pensons et ce que nous pensons qui définissent de manière intrinsèque notre identité. C’est d’ailleurs ce que reprend Descartes avec ce qu’on jugerait d’effet de mémoire, la conscience mémorise les expériences de l’individu de sorte à créer des schèmes et à bâtir son identité. Ces expériences maintenues par la mémoire définissent donc notre être à divers instants différents et nous sommes dont les seuls à avoir accès à notre mémoire et donc inévitablement les seuls à mieux nous connaitre comme le supputait DESCARTES : « Seule l’âme de l’homme détermine son identité. » Nous sommes donc les mieux placés, car la conscience a accès aux données de notre existence et la nature de notre être que nous comprenons par la contemplation de soi.  Notre conscience, notre intimité, nos sentiments, et nos pensées sont comme un voile interne qui ne demande qu’à être visité par l’introspection du sujet envers lui-même, le mouvement devient alors auto-réflexif, il est réflexion de soi-même sur lui-même ou sur le « JE », ce que reprendra bien plus tard Emmanuel KANT «  Le sujet naît lorsqu’il découvre le « Je » , qui fonde l’unité de la personne. »Le sujet peut alors observer et être observé par l’identité de sa propre conscience dont il est le mieux placé pour se connaitre selon LOCKE : « Ce qui fait notre identité c’est notre conscience ».

Il est ainsi normal et voire légitime de dire que nous sommes les mieux placés pour nous connaitre car personne à part le sujet ne peut saisir les prémices mêmes de son essence que sont ses pensées, ses sentiments, ses aspirations mais également son intimité qui ne sont que l’expression de sa conscience.

II. Le moi n’est pas aussi évident


Pourtant, bien qu’il appert que l’individu soit le premier responsable de sa propre connaissance, cela n’est pas aussi évident. L’homme ne se connait pas parfaitement et il n’est donc pas le mieux placé pour cette tâche titanesque, car en réalité différents facteurs interviennent dans la connaissance de soi. Le premier facteur qui bloque la connaissance de soi ou la réflexion du sujet quant à lui-même reste sans nul doute ce qu’on appelle le rapport des consciences. En réalité, le Cogito ergo sum de Descartes est vrai, mais la réciproque ne l’est pas toujours pour autant. Si je pense donc je suis, pourquoi tout ce qui est ne pense-t-il pas comme un sujet pensant ? La question mérite d’être soulevée car en réalité, avoir connaissance de son existence ne signifie pas avoir connaissance parfaite de soi. C’est ce que critique Schopenhauer en supputant «  Le sujet inconnaissable est avec la matière une des conditions du phénomène », car en réalité, nous sommes à la fois sujet et objet de notre propre pensée, d’où la complexité d’avoir un jugement objectif et non subjectif de notre propre conscience. Cette partie inconsciente de notre identité, est selon Freud causée par plusieurs principes contingents comme les actes manqués, les lapsus, ou encore le mouvement de l’inconscient.  Pour Freud « Le moi est soumis à l’inconscient, menacé par des structures psychiques. » C’est ce que confirme le philosophe LACAN « L’inconscient est le véritable sujet que le moi ne connait pas », car en réalité l’homme est aussi doté d’un inconscient actif en lui. « L’homme n’est pas maitre de lui, car des souvenirs cachés le mènent », affirme Descartes.  En dehors du moi, il y a alors d’autres places, d’autres points de vue possibles pour accéder à la connaissance du sujet et ce positionnement s’appelle autrui. L‘illusion de la connaissance de soi selon Jean Paul Sartre ne peut être saisie que par le contact avec autrui «  Autrui me révèle à moi-même un être que je suis et qui m’échappe». En effet, la connaissance de soi passe donc par la connaissance d’autrui car autrui est cet autre moi ou cet alter ego qui m’aide à construire également mon identité et à comprendre véritablement ma nature humaine. Pour conclure, l’homme ne peut parvenir à une parfaite connaissance de soi,  car il est soumis à l’illusion du temps qui est variation de son propre mouvement.  HUSSERL expose d’ailleurs que « La conscience est une transcendance, un mouvement ». Cela signifie que l’identité de l’homme varie en fonction du temps qui s’écoule car il est mouvement de son être à différents instants de sa vie et donc dire que le sujet peut se connaitre lui-même omet l’hypothèse de la temporalité de celui-ci. Il est donc préférable d’opter pour la pluralité des points de vue à la singularité du sujet concernant sa connaissance de soi.

Suis-je le mieux placé pour me connaître ? Une question qui soulève pas mal de réponses et suscite beaucoup d’enjeux. Le sujet est il objet de sa propre introspection ou doit-il se faire objet d’autres sujets similaires ? Il appert que le sujet est principalement le mieux placé pour se connaitre parce qu’il est un sujet pensant et doté de conscience qui elle garde les schèmes de sa pensée, ses sentiments, ses aspirations, domaine uniquement accessible que pour la conscience. Donc, le sujet est bien placé pour se connaitre de prime abord. Cependant, le sujet n’est pas totalement connaissable par le seul procédé d’introspection qu’il se fait envers lui-même : beaucoup de facteurs contingents existent. L’existence de l’inconscient qui complique l’équation empêche le sujet de se connaître parfaitement, il y a aussi la présence d’autrui qui est un canal idoine pour aider le sujet à se comprendre lui-même dans sa quête du « moi ». Enfin, son existence dans le temps ou la temporalité compromet sa tentative de vouloir prétendre à une connaissance parfaite de lui-même car il est soumis à la transcendance de son propre mouvement qui constitue son identité. Hier, n’est à aujourd’hui ce que demain ne sera jamais pour toujours, une chose est sûr c’est que malgré toutes nos tentatives de nous connaitre parfaitement, Pascal aura toujours le dernier mot : « L’homme est voué à la méconnaissance de lui-même. »
 






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