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Dissertation de Philosophie (corrigé) : Suis-je ce que mon passé a fait de moi ?

En effectuant une brève introspection sur mon existence, c’est-à-dire ce à quoi j’ai affaire à travers la ligne temporelle qui m’est donnée à vivre, je suis affecté émotionnellement par les souvenirs les plus saillants. Plus précisément, cette revue de mon passé me sert pour me situer dans le concret, notamment par rapport à mes objectifs. L’homme est un être en perpétuel devenir, et mes objectifs concernent les aspects de ma personne et de mon existence dont je voudrais changer au fil du temps. Au bout de mon analyse, je me demande : suis-je ce que mon passé a fait de moi ? Selon une perspective existentielle, mes réflexions supposent une recherche de mon identité et de sens à mon existence. En l’occurrence, mes pensées voudraient mettre au clair le degré de liberté dont je dispose, et déterminer également les choses qui ne dépendent pas de moi, c’est-à-dire du déterminisme. La présente recherche se traduit alors par cette problématique : le temps peut-il changer mon essence ? En étayant de long en large le fond de ce questionnement, nous verrons que mon existence, qui est se présente à ma conscience maintenant, est une accumulation de mon histoire et de ma mémoire. Mais à y voir de plus près, c’est à travers ma volonté et ma liberté que j’ai pu édifier ces éléments à l’intérieur de mon être, et non pas par pure nécessité.

I. Mon état actuel est le résultat de mon passé


A. Ma mémoire me permet de me repérer dans le temps


Chaque être garde en lui une trace de son passé, or les êtres sans conscience ne peuvent se reconnaître dans le temps. Chez l’être humain, une grande partie de la conscience du temps se forme à travers la mémoire. John Locke dans son Essai sur l’entendement humain, définit la mémoire comme suit : « Lorsque la même idée revient dans l’esprit, sans que l’objet extérieur qui l’a d’abord fait naître, agisse sur nos sens, cet Acte de l’esprit se nomme mémoire ». Pour qu’il y ait mémoire, il faudrait tout d’abord que nous ayons vécu une expérience préalable de l’idée à se souvenir. Et lors de cette expérience, la conscience de soi et de l’objet jouent un rôle important. Si l’évènement s’était déroulé dans un état d’inconscience, il est clair que l’expérience n’a pas affecté notre être et ne sera pas inscrite dans notre mémoire. Ainsi, la conscience passée maintenue dans la mémoire est le témoin de ce même être qui pense et qui agit, même s’il change physiquement et psychologiquement, je sais que j’ai changé, car ma mémoire a clairement accompagné mon changement. La mémoire permet donc de déterminer la continuité du temps, marquée par des changements ponctuels de mon être.

B. Je dispose des résultats déterminés par mon passé


Il importe également de considérer que l’ensemble de mes vécus, de mes différentes expériences, donc mon histoire, a fait de moi l’être actuel que je suis. D’un point de vue biologique, nous n’avons pas grand-chose à dire, car en tant que vivant, nous n’avons pas d’histoire à raconter. C’est pourquoi Sartre a fait cette remarque dans Situations III : « La notion d’histoire naturelle est absurde : l’histoire ne se caractérise ni par le changement ni par l’action pure et simple du passé ; elle est définie par la reprise intentionnelle du passé par le présent ». Autrement dit, le changement de mon corps ne peut pas être défini comme une histoire. Certainement, j’ai baigné dans des champs sociaux et culturels divers et je continue d’être en interaction avec ces milieux. Or, ces situations n’engendrent pas forcément une histoire, mais forment tout simplement ma personnalité. En effet, ce que je considère comme étant mon histoire, c’est l’ensemble des faits que je collectionne pour constituer mon passé. Mon passé n’est pas le temps compris entre ma naissance jusqu’à maintenant : c’est plutôt l’agrégation des évènements que j’ai choisi de me souvenir. Cette histoire continue encore de déterminer actuellement ma conscience et mon être.

Ce que je suis aujourd’hui est le résultat de la continuité de mon histoire et la permanence de ma mémoire. Toutefois, il convient de souligner que je ne suis pas passif dans l’élaboration de mon identité, car je dispose de la volonté et de la liberté.

II. J’ai une emprise sur mon passé et mon existence


A. Je suis toujours et déjà dans mon existence


Mon existence s’aligne dans une trame continue, dont chaque point dans le temps me présente une expérience d’une originalité irréversible. En l’occurrence, les faits que j’ai collectionnés au cours de mon histoire. Néanmoins, il faut faire la remarque selon laquelle mon existence, que ce soit au passé ou au présent, n’est pas soumise à un déterminisme. D’ailleurs, l’histoire n’a jamais été un déterminisme. Voici ce qu’en pense Schopenhauer : « Pour la plupart, la vie n’est qu’un combat perpétuel pour l’existence même, avec la certitude d’être enfin vaincus ». Le philosophe fait ici référence à la fatalité de la mort, mais ce qui nous intéresse c’est le courage de la lutte dont nous sommes capables pour exister. Certes, mon passé fait partie de moi, car il recèle des tragédies, des amertumes, des tristesses inconsolables. Mais ayant conscience de tout cela, j’ai décidé d’agir dans ce sens ou en contre-sens, afin de garder mon essence et rester moi-même aujourd’hui. En effet, c’est mon existence qui détermine mon essence, mais mon existence ne se limite pas à mon passé : c’est surtout une volonté et une liberté.

B. Accuser son passé est de la mauvaise foi


Ainsi, déclarer que mon passé a été une fatalité, et que ce que je suis devenu aujourd’hui ne me satisfait pas, est un acte irresponsable. De tels propos confortent le fait que, d’une part, je me reconnais en moi-même à tout moment de la ligne temporelle ; donc le devenir n’a pas altéré ma conscience de soi. Et d’autre part, nous avons une grande responsabilité sur notre devenir et notre propre personne. Revenons un peu sur l’histoire : chaque fait historique de ma vie contient déjà une part de ma responsabilité, ce qui signifie également que je suis responsable de mon passé. Comme le disait Karl Marx : « L’histoire ne fait rien. C’est l’homme, l’homme réel et vivant qui livre des combats ». Dans un sens, je suis ce que mon passé a fait de moi, mais surtout c’est moi-même qui a construit mon passé. Le temps n’a pas d’effet sur nous, d’ailleurs le temps n’est qu’une abstraction de la pensée qui n’a pas de concrétude matérielle. Si j’ai constaté un changement, j’en suis l’origine. Donc, le passé n’est pas seulement une dimension temporelle, c’est surtout mon histoire et ma mémoire.

L’homme est le seul être qui a conscience du temps et qui est capable de situer son existence dans cette ligne temporelle. Son passé est déterminé par deux notions essentielles, à savoir la mémoire et l’histoire. Elles interviennent à la conscience de l’homme pour conditionner son existence présente. Bien que la mémoire soit sélective, et que l’histoire ne retient que des événements ponctuels, le passé de l’homme ne présente pas de porosité. Dans sa représentation mentale et psychique, il a conscience du fait que son existence est complète. Mais mon passé n’a pourtant pas une autorité incontestable sur moi, puisque je dispose de la volonté et de la liberté pour décider du cours de ma vie, sachant ce qui s’est passé auparavant. Et concernant ce passé, j’en suis responsable, car il s’agit de mon passé, pas celui des autres. Donc, mon état actuel est le résultat des décisions que j’ai prises en toute conscience et liberté, ce qui conditionnera d’autres décisions à prendre plus tard. Toujours dans le cadre de la liberté, puis-je faire abstraction de mon passé ?

 
 






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