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Dissertation de Philosophie (corrigé) : La technique résout-elle tous les problèmes qui se posent au travail ?

Le sens commun du mot de technique renvoie à l’instrument et à la méthode de travail en vue d’une certaine fin. Par contre, si le travail est l’acte de transformation d’une certaine matière en vue de produire un certain besoin, la technique est donc naturellement la seule option légitime à la résolution de ces soucis. Ne suffit-il pas d’améliorer l’instrument et la méthode pour pouvoir produire exponentiellement à son aise ? Cependant, les problèmes humains proviennent d’un état d’esprit perturbé,  c’est-à-dire des problèmes fondamentalement métaphysiques  liés à l’essence du travail. Ce dernier devient en effet de plus en plus immoral et les approches d’un point de vue pratique ne peuvent résoudre ces difficultés. Comment établir un lien basé sur l’éthique entre le travail et la technique ? Pour mieux éclairer le problème, nous allons développer les propositions suivantes : dans une première partie, nous verrons les externalités positives de la technique sur l’efficacité du travail, et parallèlement, dans une seconde partie, nous expliquerons  comment la technique influence négativement le travail humain.

I. La technique résout tous les problèmes techniques du travail


A. Le travail est indissociable à la notion de technique


Selon une approche immédiate, il faut faire remarquer que le travail humain et la technique sont indissociables, car c’est la notion de technique même qui donne un sens humain à cette action de production. D’abord, à la différence des mécanismes naturels des productions animales ou végétales, la production humaine nécessite  le « savoir-faire ». C’est le premier sens du mot de technique, autrement dit un ensemble de connaissances sur la manière de procéder pour atteindre une fin prédéterminée, on parlera aussi de « règles de l’art ». Ensuite, si l’animal utilise instinctivement des objets naturels, tel un bâton,  en guise de prolongement de son organisme, le travailleur, lui,  se crée des moyens par son intelligence. Un outil, pour lui, est un médiateur entre son intelligence et le monde. En fait, l’homme « homo sapiens » peut être  aussi défini  comme un « homo faber ». Bergson  définit ce terme dans la Pensée et le mouvant comme suit : « Nous croyons qu’il est de l’essence de l’homme de créer matériellement et moralement, de fabriquer des choses et de se fabriquer lui-même ». Et c’est surtout par ce processus de créativité technique que le travail humain est unique.  Aussi, il faut reconnaitre que le progrès technique semble donc être la voie naturelle de la résolution des problèmes du travail.

B. La technique résout les problèmes de performance et de confort du travail


Dans un second temps, si travailler est fondamentalement l’action de produire, la technique en tant qu’elle est la manifestation de l’intelligence humaine, ne peut être  que la science des moyens d’action.  Par ailleurs, si les problèmes du travail renvoient généralement aux problèmes de performances, alors il est incontournable de louer l’efficacité du  progrès technique dans la résolution de ces derniers. En effet, l’innovation technique semble montrer qu’elle ne tend qu’à améliorer le confort  et la performance physique et mentale de l’ouvrage humain. « Deux cents grenadiers ont en quelques heures dressé l’obélisque de Louqsor sur sa base ; suppose-t-on qu’un seul homme, en deux cent jours, en serait venu à bout ? », a fait remarquer Pierre Joseph Proudhon. D’abord, la mécanisation des rouages puis la maitrise de la transformation de l’énergie nous ont permis de créer des machines semi-automatiques qui réduisent considérablement la part de l’effort physique venant de l’homme, en termes de productivité matérielle. Ensuite, les technologies de l’information, grâce à la gestion automatique des données des ordinateurs, raccourcissent la résolution d’algorithmes complexes et réduisent presque à néant l’effort mental. Elles permettent aussi d’automatiser complètement les machines grâce à la programmation. Dans sa nature la plus pragmatique, toute technique est donc synonyme d’économie d’énergie. En fait, la puissance de la technique à résoudre le problème de la pénibilité du travail vient de son caractère cumulatif. Chaque perfectionnement d’un outil et l’invention d’un autre vont permettre une ou plusieurs combinaisons, donc de nouvelles utilités,  et celles-ci, à leur tour, vont permettre d’en créer d’autres. Le champ des possibilités ne fait donc qu’élargir dans le cadre du travail et de la technique.

Pour augmenter la productivité, seule la technique peut les résoudre, car elle est au cœur même du travail humain. Cependant, tout ce qui se passe dans le cercle du travail n’est pas toujours d’ordre technique. Le travail totalement absorbé par l’esprit technique ne nous aliène-t-il pas et crée de nouveaux problèmes.

II. La technique affecte négativement l’idée de travail humain


A. La technique conditionne l’homme comme un moyen et non comme une fin


En effet, il y a cependant ce problème rarement posé à l’égard de l’aliénation technique du travail,  qui est  l’instrumentalisation de l’homme. En effet, Heidegger nous met en garde en disant  que l’homme « va vers le point où lui-même ne doit plus être pris que comme fonds disponible ». L’idée de fond est ici à prendre comme matière-matériau, c’est-à-dire que l’histoire technique de l’homme tend vers l’oubli de ce dernier en tant qu’acteur transcendantal de son œuvre. Il ne devient plus qu’un élément instrumental, une pièce, dans la structure mécanique de la société industrielle moderne. Si on peut constater les effets aliénantes de la division sociale du travail, on ne reconnait presque plus un individu qu’à partir de sa fonction et sa valeur fonctionnelle. La plupart des individus d’une société dite moderne (du point de vue du développement technique)  ne sont plus conscients de leur conditionnement utilitariste formé par l’esprit technique. On ne pense plus qu’en terme technique, c’est-à-dire qu’on ne valorise plus nos idées qu’à partir de sens pragmatique : à quoi cela me servirait-il? C’est une idée obsolète, ceci est moins efficace que cela en vue de ceci. Un fait encore plus inquiétant, on projette souvent notre être dans un schéma mécaniste de l’univers : je ne sers à rien, quelle est ma place et ma fonction dans le monde?

B. La dépendance aux améliorations techniques entraine un risque de dépression


Enfin, il faut aussi voir qu’une amélioration croissante des conditions matérielles du travail est nocive pour notre performance sur le long terme, car elle nous affaiblit et nous démotive progressivement. Ceci est dû au fait que la demande de plus en plus croissante de confort dans le milieu professionnel de notre société moderne accentue notre intolérance à l’inconfort. En effet, l’ergonomie est un maitre mot dans le design de nos outils. Le mot ergonomie est en fait une notion assez jeune qui date du XIXème siècle, il signifie entre autres la science du confort technique qui vise à améliorer la performance. En effet, on vit actuellement dans une époque où l’idée de travail demande de moins en moins de friction, que ce soit physiquement ou mentalement. Avec l’avènement de l’Intelligence Artificielle programmable, l’innovation robotique tend à totalement remplacer la manœuvre humaine. Toute innovation de l’ingénierie, tend à nous détacher de plus en plus de notre ouvrage à un tel point qu’il ne nous suffit que de prononcer une simple commande vocale au bout d’un ordinateur pour réaliser avec précision n’importe quel travail. « Autre esclave, mais esclave plus violent que lui, plus passionné, plus rationnel peut-être, mais encore moins raisonnable, et qui ainsi, du moins pour un temps, le libérera du sentiment de son propre vide », dirait Éric Weil dans Philosophie politique. Donc, l’homme n’est plus que l’esclave instrumentale du progrès technique dans sa dépendance, et ceci ne peut qu’accroitre les risques négatifs de la dépression. Cette dernière est un cercle vicieux où l’homme, dans cette dépendance à la technologie, nourrit une grande anticipation du bonheur à l’idée de confort. Ainsi, les performances humaines liées aux prouesses tant physiques que mentales ne peuvent que perdre leur vigueur par leur fusion à la technique de plus en plus envahissante. Au moindre souci ergonomique, il est clair que la motivation à l’effort de travail diminue.

On a alors pu remarquer à travers la question précédemment qu’elle n’est pas évidente à problématiser. Le fait est que la relation intrinsèque entre travail et technique est surtout conditionné psychologiquement et influence sur notre manière moderne de penser. Cependant, par  la mise en perspective de l’humanité du travail même, l’on a pu dégager quelques propositions importantes sur les enjeux du problème. On a d’abord pu voir que les problèmes du travail sont essentiellement vus comme des problèmes techniques, car la technique est elle-même une marque fondamentale de l’humanité. Toutefois, l’esprit technique tend à monopoliser notre psychologie dans une manière de pensée instrumentaliste, et donc peut aliéner le travailleur humain à n’être lui-même qu’un dispositif technique. Enfin, cette situation de dépendance crée un cercle vicieux qui nuit à l’effort du travail et qui, en définitive,  déshumanise celui-ci.
 






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