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Dissertation de Philosophie (corrigé) : Le travail fait-il violence à l’humanité ?

On désigne généralement par le mot de travail, l’action de transformer un matériau en vue d’un but nécessaire qu’est l’assouvissement d’un besoin précis. Mais il peut signifier également l’effort contraignant et monétisé de cette production. Par ailleurs, son évolution au cours de la période de la révolution industrielle semble avoir  accentué  son sens  d’asservissement, mais cette fois du fait de l’aliénation de l’ouvrier en tant que simple instrument de production. C’est dans ce champ de vision que l’on peut se demander s’il ne fait pas violence à notre humanité. Toutefois, cette prétendue violence s’enracine dans le concept de division de travail, une nécessité pour la vie économique d’une société, c’est-à-dire que l’on ne se suffit pas à soi-même pour produire ce dont on a besoin. En ce sens, le travail est donc la marque même de l’humanité de l’homme. On peut dès lors  aussi se demander comment le travail, comme source d’épanouissement, pourrait-il se contredire ? Pour  tenter de résoudre ce problème, nous allons étudier en premier lieu en quoi le travail ternit la véritable essence de l’humanité. Par la suite, nous allons aussi voir dans une seconde partie en quoi le travail est un acte de réalisation de l’homme.

I. Le travail tend à déshumaniser l’homme


A. Travailler péniblement devient une seconde nature pour l’homme


De manière immédiate, il est vrai que la nature contraint l’homme à travailler parce que la nature elle-même, dans son état brut, ne convient pas aux attentes de l’homme pour sa survie. Par contre, la disposition physique de l’homme ne parvient pas à exploiter pleinement la nature comme il le voudrait. Pour l’homme, la relation symbiotique, terme désignant le rapport d’un vivre ensemble, avec le milieu naturel semble ne  pas aller de soi. Si les autres animaux s’abreuvent de la nature en s’harmonisant avec cette dernière, l’homme sera contraint de le transformer pour pouvoir assurer sa vie et celle de ses générations futures. L’intelligence humaine est idéalement déployée pour cette fin, c’est-à-dire pour le travail. Par conséquent, le travail est devenu une fin pour l’homme, mais une fin qui ne lui est pas originelle. Nietzsche se plaint de cette condition dans lequel est plongé l’homme, selon ce passage tiré du Gai savoir : « C’est à la sueur de note front que nous devrions manger notre pain ? Mais dans la sueur il vaut mieux ne rien manger du tout ! »Le travail se présente désormais au-delà de la simple survie, il est la recherche d’un maximum de sécurité à long terme. Ce sont les critères primordiaux du travail qui imposent même le dépassement de l’assouvissement des besoins. En effet, travailler peu insinue le retour en force de la nature qui submergera l’homme avec les incertitudes et les différents dangers pouvant surgir à tout moment.

B. Certaines conditions du travail nous abrutissent


C’est notamment le cas de la rationalisation du travail, le fait de diviser la production en parcelle, dont Karl Marx dénonce l’aliénation. Par-là, un ouvrier ne s’occupe plus que d’une pièce de l’œuvre et se retrouve complètement détaché de l’ensemble de celui-ci, voir qu’il ne sait plus ce qu’il produit. Certainement, l’ouvrier peut être au courant de que ce qu’il manipule comme étant l’élément d’un tel produit fini, mais il lui arrive rarement de comprendre la valeur intrinsèque de son produit et la raison d’être même de son travail. Sa tâche se réduirait alors uniquement à vendre aveuglément sa force de travail. On ne peut plus alors parler du travailleur comme l’acteur de son travail, mais plutôt comme son instrument, « un simple appendice de la machine »  selon Marx, mue passivement par le rouage mécanique de la machine industrielle de production. Et cela va plus loin quand le marché du travail traite, non sans quelques subtilités, la valeur d’un professionnel comme une simple valeur marchande. « Et c’est cette dénégation frauduleuse qui fait l’indigence du travailleur, le luxe de l’oisif et l’inégalité des conditions », avouait Pierre-Joseph Proudhon dans Qu’est-ce que la propriété ?

Le travail donc serait une activité asservissante du fait qu’il s’impose nécessairement et qu’il peut par ailleurs nous instrumentaliser. Mais on peut encore se demander d’où vient alors la passion des travailleurs quand ils se nomment artisans ? N’y-a-t-il pas dans l’acte du travail une certaine libération ?

II. Le travail est une réalisation humaine


A .Travailler c’est donner un sens au travail


Il faut aussi considérer cet angle du travailleur existentialiste qui donne à son travail une part de sa raison d’être. En effet, le travail peut être apprécié de plusieurs manières : pour certains se concentrer dans l’ouvrage est un acte de méditation qui apaise l’esprit, c’est notamment une perspective partagée par certaines philosophies orientales. Pour d’autres, le travail c’est un espace de défi au quotidien, dont la lutte dans la résolution d’un problème ajoute de l’épice à la vie. Mais ce ne sont que des généralités car chaque travail a sa particularité d’animer des passions. Voici ce que disait Freud dans Malaise dans la civilisation : « S’il est librement choisi, tout métier devient sources de joies particulières, en tant qu’il permet de tirer profit, sous leurs formes sublimées, de penchants affectifs et d’énergies instinctives évoluées ou renforcées déjà par le facteur constitutionnel ». Une philosophie japonaise appelée « ikigai » nous prescrit de faire une introspection sur le sens que l’on donne à son travail afin d’être en harmonie avec celui-ci. Il ne faut pas en fait oublier que l’homme est en constante relation existentielle avec son travail, en ce sens qu’il sculpte  avec sa matière une œuvre dotée de valeurs.

B. Travailler c’est vivre


En fait, le fait de travailler même est un travail sur la vie en soi, le travail est en même temps un dévoilement et un épanouissement. Le travail est un dévoilement, car c’est dans l’acte et l’œuvre que notre être se manifeste, c’est une thérapie libératrice, car il permet de se connaitre et de se retrouver. Les gestes frêles peuvent être le signe d’un manque de confiance de soi, l’acharnement agressif peut être celui de la frustration. Ensuite, le travail est aussi un épanouissement, car c’est dans l’acte et l’œuvre que je m’instruis et que je me dépasse. Comme disait Schopenhauer dans Le monde comme volonté et comme représentation, « la connaissance soumise au principe de la raison constitue la connaissance rationnelle ; elle n’a de valeur et d’utilité que dans la vie pratique et dans la science ; la contemplation, qui s’abstrait du principe de la raison, est le propre du génie ; elle n’a de valeur et d’utilité que dans l’art ». Ainsi, la philosophie prône ici la valeur de la connaissance, acquise tout d’abord de manière désintéressée, pour l’orienter par la suite dans les choses utiles et agréables.

Ainsi, nous sommes partis de l’interrogation du rapport travail-liberté pour aboutir à la synthèse montrant en quoi le travail serait en elle-même contradictoire. Par conséquent, nous avons initié avec la réponse que le travail peut rendre l’homme moins humain s’il est observé selon la contrainte et la nécessité naturelle qui l’anime. D’une part, travailler dans la condition où  on est apathiquement séparé de la raison de l’ouvrage peut nous aliéner à l’état de simple dispositif, un élément d’un système dont nous n’avons pas le contrôle. Toutefois, ce constat est vrai selon un point de vue purement objectif, ce qui n’empêche pour autant le travailleur d’être capable de transcendance. Quoi qu’il en soit, en tant qu’œuvre de la liberté humaine, le travail  a implicitement un sens. Travailler n’est jamais une simple activité, c’est l’espace de l’existence humaine. C’est l’espace où la vie s’affirme par excellence, car il demande du dévoilement et de l’épanouissement, c’est-à-dire des dispositions qui permettent à l’homme de manifester la volonté de croitre.
 






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