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Dissertation de Philosophie (corrigé) : Qu'y a-t-il de vrai dans la perception ?

Les recherches en ornithologies montrent que la vision des oiseaux est en quelque sorte supérieure à la nôtre puisqu’elle peut détecter les rayons ultra-violets. Ce qui implique un enjeu considérable sur le rapport de l’homme au monde, puisque la perception par nos sens est considérée comme le commencement de la connaissance sur le réel concret. Cela supposerait que non seulement nos organes de sens peuvent nous limiter naturellement, mais même si nous les appuyons artificiellement par notre technologie, rien ne nous garantit que tout du réel concret corresponde à notre perception. A cet égard nous devons nous poser cette question : qu’y a-t-il de vrai dans la perception ? On définit généralement cette dernière comme l’acte ou le produit d’un jugement qui se base sur l’apparence. Or, la vérité qui est le produit de la synthèse de la raison, dépasse l’apparence, marquée par l’inconstance. Si la première approche au monde commence par la perception, ne faut-il pas examiner son rôle dans l’édifice de la connaissance ? Pour éclaircir au mieux ce sujet, il nous faut voir en premier lieu en quoi la perception ne répond pas positivement aux critères de l’idéal de la vérité. Puis, il nous conviendra aussi d’étudier en quoi il ne faut pas pour autant la négliger.

I. La perception n’est pas purement objective


A. La perception n’est pas universelle


Tout d’abord, il faut comprendre que la perception ne ressemble à une autre perception, qu’il s’agisse du même sujet ou du même objet, et ce, dans l’espace et le temps. Compte tenu de cette particularité, la perception est suivie d’un jugement que je porte aux informations de mes sensations qui, elles, sont toujours conditionnées dans une situation particulière. Par conséquent, il n’est pas sûr que les capacités sensorielles d’une personne à l’autre soit le même, de même que sa disposition mentale, car pouvant être dominé par l’inclination des sentiments. Ensuite, la situation en lieu et en temps de l’observation d’un fait est toujours le produit d’une rencontre unique et complexe entre différents facteurs et qui n’est jamais figée. « On ne dort jamais si profondément qu’on ait quelque sentiment faible et confus ; et on ne serait jamais éveillé par le plus grand bruit du monde, si on n’avait quelque perception de son commencement, qui est petit », explique Leibniz dans ses Nouveaux essais. La vérité, quant à elle, marque les esprits en tout lieu et en tout temps par un accord universel, en évitant le chaos de la relativité. Pour cela, un jugement vrai signifie ce qui n’est pas soumis au changement dans les faits, et seuls les produits de la raison répondent à ce critère.

B. La perception n’assure pas l’adéquation de nos jugements au réel


Étant donné que la perception repose sur les informations véhiculées par les organes de sens, on ne peut s’assurer de sa conformité aux choses. Le problème de la sensation se pose en fait en deux niveaux : d’abord, elle ne propose que des familiarités et non de l’exactitude. Une connaissance par la sensation est le produit d’une circonstance unique entre la capacité de son organe et le milieu où le phénomène se trouve, puis la conservation de ce produit en tant que mémoire. Le problème est en ceci que la mémoire sera le standard de jugement pour nos nouvelles perceptions et que nous considérons comme illusions celles qui sont loin d’y conformer. « La variété des erreurs et des croyances suffit à nous rappeler que l’erreur est notre état naturel, l’erreur, ou plutôt la confusion, l’incohérence, la mobilité des pensées », constate Alain dans ses Éléments de philosophie. Pourtant, au niveau de la sensation elle-même il n’y a ni vérité ni illusion, il n’y a que la circonstance unique des faits reçue par nos sens. Dire que ceci est une table, de par la simple perception, ne dit que la familiarité de notre image sensorielle d’une table au phénomène présent à la situation particulière de sa sensation. Ensuite, il y  la question fondamentale de la pertinence de nos sensations à saisir la totalité concrète d’un phénomène. Les recherches comparatives entre les capacités sensorielles de différents animaux nous montrent que chaque espèce sent le monde d’une manière unique. Certains serpents, par exemple, voient les températures du corps et les oiseaux, les rayons ultra-violets ; choses que nous, humains, ne pouvons concevoir qu’à partir de technologies. Ceci peut impliquer qu’il peut y avoir des aspects du réel qui dépassent notre imagination, car les images sur cette dernière sont limitées par les informations que nos sens nous auront familiarisées.

Nous avons donc vu en quoi la perception semble ne pas correspondre aux critères de la vérité que sont l’universalité et la concordance aux faits. Toutefois, cette perspective peut réduire la notion de la vérité comme le produit d’un être incapable de suivre le réel mouvant. Nous allons, en outre, voir que la perception est un véhicule nécessaire à l’évolution de la connaissance.

II. La perception est une condition de la vérité


A. Percevoir c’est déjà concevoir


Au vu des problèmes que la nature particulière de toute perception pose au vœu de l’édifice d’une connaissance universelle, il arrive à certains penseurs de ne plus croire en la vérité. Pourtant, ce serait vite oublier que si percevoir c’est aussi interpréter, alors c’est donner sens à cet objet que je sens. Sois je lui donne un sens par ce que je suppose être sa cause, ou par ce que je suppose être son but, ou par quelque chose qui lui est familier. Par exemple, je dessine un gribouillis sur un papier blanc et je demande à une personne de me dire ce que c’est, la personne peut me donner trois réponses : d’un, c’est une telle ou telle chose qu’il reconnait par familiarité ; de deux, c’est un je-ne-sais-quoi produit par la spontanéité de mon stylo ; et de trois c’est un n’importe quoi qui veut être sujet à n’importe quelle interprétation. Dans tous les cas, l’objet n’est jamais sa pure sensation brute, mais un sens. Dans L’Imaginaire, Sartre pousse plus loin les perspectives en affirmant : « L’objet imaginaire peut être posé comme inexistant ou comme absent ou comme existant ailleurs ou ne pas être posé comme existant ».  L’enjeu de la signification est en fait dans le rôle de l’imagination à suivre un réel mouvant, qui dans son évolution échappera toujours aux savoirs établis. Il n’y a pas en fait de vérités éternelles, peut-être seulement des réalités de base comme énergies animatrices du changement, mais tout ou tard évolueront dans de nouvelles structures.

B. On ne peut pas connaitre sans l’intuition de la perception


La perception, grâce à l’imagination qui la sous-tend, nous permet d’organiser le réel d’une façon intuitive. C’est une chose qui est très pratique dans l’élaboration de la connaissance pour deux raisons : d’abord, lorsque le temps d’un long examen rationnel nous manque, la spontanéité de l’intuition à nous donner un sens pertinent du phénomène est la bienvenue. En ce sens, l’intuition économise l’effort théorique au profit de l’action. Mais ensuite, c’est dans la seconde raison qu’elle est même vitale pour notre connaissance du monde : la créativité. En effet, si Einstein dit que c’est « la seule chose qui vaille au monde » c’est qu’elle est la fondation de la découverte et donc de l’invention et de l’innovation. D’ailleurs, la raison théorique qui spécule sur la réalité ne peut avancer que par des bonds intuitifs, car elle ne fait que ruminer les idées dont on est habituées. En effet, la raison ne fait qu’analyser, elle est juste une faculté d’éclaircissement et ne donne rien de nouveau ; les idées qui y sont jetées comme évidences sont en fait des perceptions intuitives. Cette dernière est en soi le produit de l’activité inconsciente de notre cerveau, qui mobilise en un mouvement presque instantané toute sa capacité intellectuelle dans la compréhension d’un phénomène. C’est le mode automatique du cerveau qui cogite à l’insu de la raison et qui dynamise cette dernière.

En somme, dans la résolution de notre problématique qui est de savoir quel rôle joue la perception dans l’élaboration de la vérité, nous avons considéré les points suivants. D’abord, la perception ne répond pas aux critères que l’on se fait généralement de l’idée de vérité, à savoir l’universalité, car elle semble être toujours particulière, donc l’adéquation au réel n’est pas certaine, puisque rien ne garantit qu’elle saisisse ce dernier complètement. Toutefois, on a vu qu’elle est déjà porteuse de sens, et elle tente donc d’adapter notre imagination au réel. Mais surtout que la raison n’est finalement rien sans sa forme intuitive. Et c’est là son rôle, elle est le cheminement nécessaire à la connaissance et c’est la raison qui est son auxiliaire dans cette démarche, car celle-ci n’est pas une faculté de cognition, mais d’analyse. En définitive, seule la raison peut dire ce qu’il y a de vrai dans la perception.
 






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