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Dissertation de Philosophie (corrigé) : Y a-t-il des limites à la connaissance scientifique du vivant ?

L’Homme vit en symbiose avec la Nature, et cette relation ne se limite pas dans la reconnaissance des vertus qu’apportent les animaux et les plantes pour son corps, elle prend surtout une dimension anthropologique. Plus tard, la naissance des sciences naturelles bouleverse l’appréhension de la nature, car une relation sujet-objet s’établit et réduit cette dernière en un simple fait scientifique. La classification des hommes dans la même espèce que les animaux, ce qui est tout à fait légitime pour un scientifique, devient une source de polémique pour ceux qui sont habitués à des conceptions moins abruptes. « On conviendra que le plus stupide des hommes suffit pour conduire le plus spirituel des animaux ; il le commande et le fait servir à ses usages, et c’est moins par force et par adresse que par supériorité de nature ». Ces propos de Buffon exposés dans la nature de l’homme ne sont pas encore tombés en désuétude, car nombreux sont ceux qui tombent facilement dans de pareilles évidences communément partagées. La connaissance scientifique du vivant ne se développe pas de manière neutre, c’est-à-dire que l’obstacle rencontré par le biologiste est notamment épistémologique. Si la science du vivant était conforme à toutes les autres sciences expérimentales, cet objet spécifique qui est le vivant se dévoilerait-il ouvertement sous l’œil observateur du scientifique ? Nous allons analyser dans un premier temps la particularité de la biologie, mais aussi son appartenance dans la grande communauté des sciences expérimentales ; nous allons ensuite voir que le vivant se présente comme un objet d’étude qui ne sera jamais neutre et insensible. Et pour finir, nous dirons que les grandes avancées de la biologie ne connaissent de limites qu’à travers une critique de la part de la philosophie.

I. La biologie est une science expérimentale à part entière


La Nature se répartit en diverses formes et catégories, et la classification des êtres vivants a été la première tâche qui incombait aux savants de l’Antiquité, suivie plus tard par la recherche sur l’origine et l’évolution de l’espèce. Ce long parcours de la biologie s’avère nécessaire pour pouvoir par la suite constituer un objet aussi homogène que possible et le soumettre sous les conditions de l’expérimentation. En effet, « l’expérience, c’est-à-dire la contemplation du phénomène plus ou moins modifié par des circonstances artificielles que nous instituons expressément en vue d’une parfaite exploration », tel que nous l’explique Comte dans la Philosophie des sciences, montre la voie qui s’offre au biologiste.Il faudrait tout d’abord revenir au fondement de ce qui bâtit les sciences expérimentales, c’est-à-dire une connaissance fondée sur l’expérimentation. En effet, l’objet de la science est nécessairement soumis à des hypothèses avant de pouvoir ériger une théorie, et cette démarche n’échappe pas à l’étude de l’être vivant. « L’expérience ne donne jamais à ses jugements une véritable et stricte universalité, mais seulement une universalité supposée et relative ». Cette explication de Kant tirée de la Critique de la raison pure montre que l’objet d’étude de la biologie n’échappe pas à la destinée commune à toutes les sciences expérimentales. Autrement dit, l’expérience s’occupe d’un objet particulier pour l’insérer dans une théorie scientifique prétendant à l’universalité, ce qui revient à dire que la diversité et l’imprévisibilité des phénomènes naturels ne sont pas du tout un obstacle en soi pour la biologie. Après tout, « cela ne signifie pas que cette condition soit suffisante, car elle peut être combinée avec d’autres procédés cognitifs tels que la déduction mathématique », souligne Piaget dans la Logique et la connaissance scientifique.

La classification des êtres vivants est une démarche singulière qui a permis à la biologie de se développer, compte tenu de l’hétérogénéité des éléments de la Nature. Et pourtant, la faune et la flore signifient plus que de simples objets scientifiques.

II. L’approche scientifique du vivant dévoile un objet complexe


Il est vrai que la biologie a connu un parcours brillant, avec davantage de pertinence et de précision dans ses théories au fur et à mesure que cette science avance dans ses recherches. Mais les épistémologues interpellent vers un retour sur l’essence de cet objet qui est le vivant, afin de poser un nouveau regard sur la science naturelle. Selon le constat de Jakob von Uexküll dans Mondes animaux et monde humain, l’objet qui sera soumis à l’analyse scientifique n’est pas dicté par l’inertie et la constance des phénomènes : « Le biologiste en revanche se rend compte que cet être vivant est un sujet qui vit dans son monde propre dont il forme le centre. On ne peut donc le comparer à une machine, mais au mécanicien qui dirige la machine ». En guise d’interprétation, nous dirions que l’objet se place au même niveau que le sujet, ce qui complique l’émission des hypothèses, la vérification par les instruments et l’émission d’une théorie, car le sujet va parler à la place de l’objet, mais ce dernier déborde les limites assignées par le langage scientifique, qui ne tiennent compte que les phénomènes ressemblants et répétitifs. Bergson disait dans l’Évolution créatrice que « la vie entière, depuis l’impulsion initiale qui la lança dans le monde, apparaît comme un flot qui monte, et que contrarie le mouvement descendant de la matière ». La complexité de cet objet qu’est la vie se dévoile dans les mystères de la création divine, puisque derrière la matière vivante se meut tout un mécanisme dont seuls les effets pourraient être saisis par les scientifiques, tandis qui le principe demeure inconnu. « Les vivants vivent, il faut voir comment ils vivent et ce « comment », c’est un comportement biologique qui intéresse aussi bien le psychologue que le biologiste, le zoologiste et, aussi, le philosophe. A parler de vivant plutôt que de vie, tout le monde trouve son compte », tels sont les propos de Canguilhem dans un entretien télévisé pour l’« Émission de philosophie pour l’année 1967-68 ».

Bien que la biologie ne connaisse pas ouvertement de détracteurs et de protagonistes, il faudrait tout de même énoncer les limites de cette science vis-à-vis des autres disciplines qui gardent un œil vigilant sur elle.

III. La limite de la biologie est relative aux manquements à l’esprit scientifique


Il est manifeste que les sciences naturelles ont fait preuve de prouesses depuis leurs débuts jusqu’à cette époque contemporaine, étant donné la collaboration étroite avec la médecine et les nouvelles sciences technologiques. Peut-on dire alors que l’étude scientifique des êtres vivants ferait face à des obstacles ? Immédiatement, l’homme du commun répondrait par la négative, car il espère mesurer les difficultés scientifiques à travers l’efficacité dans la pratique. Bachelard pose des critiques à l’égard des scientifiques dans La philosophie du non selon ces termes : « Dites-nous ce que vous pensez, non pas en sortant du laboratoire, mais aux heures où vous quittez la vie commune pour entrer dans la vie scientifique ». Ce qui est sous-entendu dans ce passage est, comme il est courant de le voir dans la sphère de la science, l’interférence des soucis quotidiens lors de la position des questions pertinentes. En d’autres termes, il s’agit des blocages culturels, des considérations éthiques et des barrières sociales qui détournent les vrais questionnements pour connaitre la réalité du vivant. « La théorie que nous considérons comme juste peut disparaître un jour parce qu’ont disparu les intérêts pratiques et scientifiques qui ont joué un rôle lors de la formation des concepts, ainsi que les choses et les états de fait auxquels ils se rapportent ». Si Horkheimer parle d’obsolescence de la théorie dans son ouvrage sur le problème de la vérité, ce sera la limite à laquelle les épistémologues font allusion quant à la connaissance du vivant. Le caractère mystique ou sacré qui provient du pouvoir de signification de l’homme, appuyé par les sentiments humains à l’égard de la vie, est l’obstacle principal qui bouleverse les marges de manœuvre des biologistes. En ce sens, Nietzsche a souligné la perversion de la science actuelle dans La volonté de puissance en disant : « Connaitre, c’est comprendre toute chose au mieux de nos intérêts ».

Pour conclure, l’être vivant en tant qu’objet scientifique présente des particularités que la biologie a su appréhender avec des méthodes propres à cette discipline. Parallèlement, sans pour autant prétendre à une connaissance exacte de son environnement naturel, l’homme pose des étiquettes sur chaque vivant pour le transformer en symbole. Certes, les critiques de la part des penseurs de la vie, privilégiant cette dernière comme si l’être vivant détient le droit de conservation et de souveraineté à sa vie, remettent en question l’audace des scientifiques à les faire subir des tests cliniques. Ainsi, le véritable obstacle au développement de la biologie réside plutôt dans le penchant des recherches vers ce qui procure un confort matériel à la société, oubliant l’esprit scientifique qui est exigé chez tout homme de science. Si l’on parle de limites à la connaissance scientifique du vivant, il semblerait que les circonstances actuelles favorisent plutôt l’épanouissement de la biologie. Mais l’épistémologie rappelle que les exigences pour une véritable science devraient dépasser les barrières constituées par l’opinion, la croyance et l’immédiateté des besoins matériels. En effet, l’homme deviendra un problème pour lui-même, étant donné qu’il est le premier concerné par les questionnements sur la vie et le vivant. Serait-il possible de se placer dans un terrain neutre lorsque l’homme se questionne sur lui-même ?
 






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