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Dissertation de Philosophie (corrigé) : La loi suffit-elle à définir le juste ?

On dit souvent que les règles nous distinguent des animaux. En effet, un des caractères distinctifs de l’homme est sa conduite mesurée à travers l’obéissance à des règles.  Ainsi, on pose ces dernières comme fermes et absolues sous le signe de la loi. La loi est cet ensemble de règles juridiques idéalement objectives  que l’homme accepte comme le souverain  de sa conduite sociale. Ainsi, elle manifeste la volonté générale d’une société en ordre. Cela renvoie inévitablement à la justice qui est un substrat nécessaire à l’application de la loi, car l’égalité des droits nécessite son contrôle impersonnel.  Mais la loi suffit-elle à définir le juste ? La justice est, semble-t-elle, morale, et son sentiment a une portée universelle en tout rapport humain. Or, le lien entre la loi et la morale n’est pas très manifeste, car la loi ne fait que représenter juridiquement et appliquer publiquement la volonté collective. Si la loi prescrit absolument ce qui doit être selon une vision générale, elle n’encadre pas alors forcément ce qui est juste selon certains cas. Le respect de son vœu d’impartialité signifie-t-il nécessairement qu’il y ait justice ? Pour résoudre ce problème, on va d’abord examiner le rapport nécessaire de la justice et de la loi. Ensuite, on verra si la justice peut être effective même en l’absence de la loi, cette dernière peut au moins la respecter sous certaines conditions.

I. La justice nécessite la loi


A. Il n’y a pas de justice sans le respect des droits devant la loi


Tout d’abord, il paraît impossible d’établir la justice sans que la loi ordonne le rapport des hommes en définissant explicitement et en protégeant les droits de chacun. Le droit positif est l’ensemble de ce qui est interdit, permis et obligé. Sans une définition précise de la loi pour servir de guides et de contrôle, les individus se relâchent facilement vers leurs tendances égoïstes. Il est dans la nature de l’individu de penser a priori à ses désirs qui se concentrent sur ses intérêts et ses passions. Or, comme l’homme vit généralement en société, les conflits d’intérêt naissent très vite et peuvent aboutir à des dommages irréparables. « L’état de nature est plutôt l’état de l’injustice, de la violence, de l’instinct naturel déchaîné, des actions et des sentiments inhumains », constate Hegel. On ne peut pas toujours attendre de chacun des actes et des réflexions rationnelles. Et, si chacun s’applique à bien agir, c’est que la crainte de la loi rappelle à l’ordre leur raison. La crainte est une passion puissante car elle conditionne les hommes à freiner les autres passions. Ainsi, l’ego est l’ennemi du respect d’autrui et de ses droits, mais seule la sévérité de la loi poussera l’individu à reconsidérer l’intérêt collectif.

B. La loi s’oppose aux sentiments arbitraires de justice


La justice est un sentiment difficile à cerner individuellement, car nous la représentons facilement à travers nos désirs subjectifs. Par exemple, on dit souvent que la vengeance est la réparation rationnelle des torts, ce qui n’est pas forcément vrai. Il faut cependant comprendre que les torts vécus sentimentalement ne peuvent jamais être mesurés rationnellement. En ce qui concerne les fougues des émotions irrationnelles, Kant a précisé dans Anthropologie du point de vue pragmatique : « Être soumis aux émotions et aux passions est toujours une maladie de l’âme puisque toutes deux excluent la maîtrise de la raison ». Pour remédier à cela, la normalisation légale de sa représentation collective est nécessaire. Ainsi, la justice sera telle qu’elle se doit être, c’est-à-dire impersonnelle. La loi n’est certes pas parfaite, elle peut faire face à des situations inattendues et omettre des cas particuliers. Toutefois, la neutralité de son jugement vis-à-vis des partis individuels est la base nécessaire pour définir des droits équitables.

La loi semble donc effectivement définir le juste, car elle se porte garante du respect des droits et de l’impartialité des considérations. Toutefois, on peut encore se demander si c’est suffisant car n’oublions pas qu’elle représente d’abord une norme et non fondamentalement une rationalité morale. La notion de justice ne s’épuise pas au juridique.

II. La justice est irréductible à ce que la loi définit


A. Il y a une distinction entre ce qui est légal et ce qui est juste


Remarquons tout d’abord que la loi ne représente pas vraiment la vision rationnelle de la justice. Les lois en tant qu’elles représentent la volonté générale peuvent trouver leurs sources dans des droits coutumiers qui sont indignes de l’humanité comme les lois sur la propriété de l’esclave, ou celles qui ne permettent pas des minorités saines d’esprit et de corps de participer pleinement à la politique de la cité. La loi vise essentiellement la neutralité dans une perspective générale, car elle représente, nourrit et renforce culturellement la conscience collective. Comme le disait Jean-Jacques Rousseau : « Les bonnes institutions sociales sont celles qui savent le mieux dénaturer l’homme ; lui ôter son existence absolue pour lui en donner une relative, et transporter le moi dans l’unité commune ». Ce qui est historiquement vérifiable dans les différentes successions des grandes idéologies politiques qui ont toujours eu leurs minorités à neutraliser.

B. La loi doit protéger l’autonomie morale des individus


Enfin, que serait la justice sans une réflexion en situation, selon les cas, les événements et les différents enjeux ? Doit-elle être une simple application aveugle de la norme en vigueur ? Que penser de la justice de la désobéissance civile lorsque les lois ne répondent pas à l’éthique ? En fait, une loi qui ne respecte pas l’autonomie de l’individu ne mérite pas d’être une loi qui veut définir la justice. Par exemple, la sanction de la peine de mort ne mérite pas d’être une loi qui rende justice, car elle ne considère pas la perfectibilité morale du criminel. De même, l’interdiction de l’euthanasie ne considère pas l’autonomie du sujet face à son propre destin. Ce passage tiré de l’ouvrage Des délits et des peines de Cesare Beccaria, un juriste du XVIIIème siècle, frappe l’esprit, selon ces termes : « La peine de mort n’est donc appuyée sur aucun droit. C’est la guerre déclarée à un citoyen par la Nation, qui juge la destruction de ce citoyen nécessaire ou utile ». Les lois qui ne respectent pas l’autonomie de l’individu le réduisent au rang d’objet, dépouillé de toute conscience et de toute capacité de réflexion. Or, c’est là que réside toute l’injustice entre l’homme qui juge l’homme. Nul homme n’a le droit d’enlever à un autre sa capacité de juger sous peine de ne pas considérer ce dernier comme une personne humaine comme lui.

Se questionner à propos de la loi et de la justice est une démarche qui semble évidente et problématique à la fois. En effet, la justice est ce qui fonde la loi, car cette dernière est le respect des droits de chacun, qui est la condition d’une société en ordre. Si la loi représente la volonté et l’intérêt général, elle peut donc offrir un jugement impartial dans les conflits d’intérêts. Mais dans les faits, ce n’est pas vraiment le cas, car la loi s’incline vers la partie qui représente la volonté générale, au détriment d’une minorité qui n’est pas considérée. C’est en ce sens qu’elle est fondamentalement une imposition amorale. Elle n’applique qu’une vision unilatérale de la communauté. Mais si la loi veut quand même définir la justice, elle doit considérer l’autonomie de celui qu’elle gouverne, c’est-à-dire chaque citoyen. Elle doit respecter son droit de jugement et d’autodétermination, car le citoyen est un être humain conscient, capable de rationalité et de donc de réfléchir lui-même sur la justice.
 






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